Dune [fr]
- Автор: Херберт Фрэнк
- Серия: Dune (fr) #1
- Год: 1970
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- Переводчик: Мишель Демют
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dune [fr]». Краткое содержание книги:
« C’est une très vieille Bible Catholique Orange à l’usage des voyageurs de l’espace, dit-il. Non pas une bobine mais un vrai livre, imprimé sur du papier filament. Il possède sa propre charge électrostatique et une loupe incorporée. (Il prit le livre.) C’est la charge qui le maintient fermé, en appuyant sur les ressorts qui maintiennent la couverture. En pressant sur le bord, comme cela, les pages que l’on a choisies se repoussent mutuellement et le livre s’ouvre. »
« C’est très petit. »
« Pourtant, il y a dix-huit cents pages. En pressant sur le bord,de cette façon… la charge se déplace au fur et à mesure, page après page, tandis que vous lisez. Mais ne touchez surtout pas les pages avec vos doigts. La feuille de filament est très fragile… (Yueh referma le livre et le tendit à Paul.) Essayez. »
Puis il l’observa tout en songeant : Je sauve ma propre conscience. Je lui offre le secours de la religion avant de la trahir. Ainsi pourrais-je me dire qu’il est allé où moi je ne puis aller.
« Cela doit dater d’avant les bobines », dit Paul.
« C’est très ancien, en effet. Mais il faut que cela reste un secret entre nous, n’est-ce pas ? Vos parents pourraient penser que ce présent a trop de valeur pour quelqu’un d’aussi jeune que vous. »
Sa mère s’interrogerait certainement sur mes motifs, pensa-t-il.
« Eh bien… (Paul referma le livre et tint dans sa main.) Si cela a autant de valeur… »
« Soyez indulgent pour le caprice d’un vieil homme, dit Yueh. On l’a offert cette Bible alors que j’étais très jeune. » Et il pensa : Il me faut séduire son esprit tout comme sa cupidité.
3Ouvrez6le à la Kalima quatre cent soixante-sept. Une légère entaille sur la couverture marque l’emplacement de la page. »
Les doigts de Paul coururent sur la couverture et décelèrent deus entailles. Il appuya sur la moins profonde et le livre s’ouvrit tandis que la loupe de lecture se mettait en place.
« Lisez à haute voix », dit Yueh.
Paul s’humecta les lèvres et lut : « Pense à l’homme sourd qui ne peut entendre. Ne lui sommes-nous point semblables ? Ne nous manque-t-il pas un sens qui nous permette de voir et d’entendre cet autre monde qui est tout autour de nous ? Et qu’y a-t-il donc autour de nous que nous ne pouvons… »
« Assez ! » aboya Yueh.
Paul s’interrompt net et le regarda. Le docteur avait fermé les yeux et il tentait de se recomposer une attitude normale. Par quelle perversion ce livre s’est-il ouvert au passage favori de Wanna ? se demandait-il. Il rouvrit les yeux et rencontra le regard de Paul.
« Quelque chose ne va pas ? »
« Je suis désolé. C’était … c’était le passage favori de mon épouse défunte. Ce n’est pas celui que je voulais vous faire lire. Il m’évoque des souvenirs… douloureux. »
« Il y a deux marques », dit Paul.
Mais bien sûr, se dit Yueh. Wanna avait marqué son passage à elle. Les doigts du garçon sont plus sensibles que les miens et ils ont trouvé l’entaille. Ce n’est qu’un accident, rien de plus.
« Vous devriez trouver ce livre intéressant, reprit-il. Il recèle autant de vérité historique que de bonne philosophie pratique. »
Paul contemplait le livre, si minuscule au creux de sa main. Pourtant, se disait-il, il possédait un mystère. Quelque chose s’était produit tandis qu’il lisait. Quelque chose qui avait éveillée cette idée d’un but terrible.
« Votre père sera là d’un instant à l’autre. Posez le livre. Vous le lirez lorsque vous en aurez envie. »
Paul toucha la couverture comme le docteur lui avait appris à le faire et le livre se referma. Il le glissa dans sa tunique. L’espace d’un instant, quand Yueh avait crié, il avait craint qu’il ne reprenne son cadeau.
« Je vous remercie de ce présent, docteur Yueh, dit-il avec solennité. Ce sera un secret entre nous. S’il est un cadeau ou une faveur qui puisse vous faire plaisir, n’hésitez pas à me le demander. »
« Je… je ne désire rien », dit Yueh. Il pensa : Pourquoi suis-je là à me torturer moi-même ? Et à torturer ce malheureux enfant ?… Bien qu’il n’en ait pas conscience. Oh, maudits soient ces monstres d’Harkonnens ! Pourquoi m’ont-ils choisi moi pour cette abomination ?
Comment aborder l’étude du père de Muad’Dib, le Duc Leto Atréides ? Cet homme qui alliait une insurpassable bonté à une surprenante froideur. De nombreux faits dans son existence, pourtant, nous ouvrent la voie : son amour exclusif pour sa Dame Bene Gesserit, les rêves qu’il fit pour son fils et le dévouement de ses gens. Le Duc y est contenu tout entier ; personnage solitaire en proie au Destin et dont le rayonnement fut estompé par la gloire de son fils. Mais ne dit-on point que le fils n’est jamais que l’extension du père ?