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Dune [Tome 1 (traduction revue et corrigée)]

Электронная книга - «Dune [Tome 1 (traduction revue et corrigée)]». Краткое содержание книги:

Le chef-d'œuvre absolu de la science-fiction, adapté au cinéma par Denis Villeneuve.
Traduction revue et corrigée.
Il n'y a pas, dans tout l'Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l'épice de longue vie, née du désert, et que tout l'univers convoite.
Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l'histoire.
Cependant, les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique : elles veulent créer un homme qui réunira tous les dons latents de l'espèce. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l'Empire ?
Préfaces de Denis Villeneuve et Pierre Bordage.
Postface de Gérard Klein.
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Paul s’approcha. L’un des Fedaykin s’écarta pour lui laisser le passage. Il se pencha sur l’opérateur, lut ce qui était inscrit sur le bloc :

« Raid… sur Sietch Tabr… prisonniers… Alia… familles des… morts sont… ils… fils de Muad’Dib… »

À nouveau, l’opérateur secoua la tête.

Paul releva les yeux. Gurney le regardait.

« Le message n’est pas complet, dit-il. À cause de la friture… Vous ne pouvez pas savoir… »

« Mon fils est mort, dit Paul. (Et il sut qu’il disait la vérité dans l’instant même où il prononçait ces mots.) Mon fils est mort… et Alia est prisonnière… une otage. » Il se sentait vide, vide comme un coquillage, sans aucune émotion. Tout ce qu’il touchait n’apportait que la mort et le chagrin. C’était comme une maladie, une lèpre qui pouvait se répandre sur tout l’univers.

Il éprouvait la sagesse d’un vieil homme, faite de l’accumulation d’expériences innombrables, dans des vies possibles innombrables. Tout au fond de lui, quelqu’un semblait rire en se frottant les mains.

Et il pensa : L’univers sait bien peu de chose de la véritable cruauté !

Et Muad’Dib se tint devant eux, et il dit :

« Bien que nous pensions la captive morte, elle vit. Car sa graine est la mienne et sa voix est ma voix. Et elle voit au-delà des plus lointaines frontières du possible. Oui, elle voit jusque dans le vallon de l’inconnaissable à cause de moi. »

Extrait de L’Éveil d’Arrakis,

par la Princesse Irulan

Les yeux baissés, le baron Vladimir Harkonnen attendait dans le selamlik, la salle d’audience impériale ovale de l’Empereur Padishah. Furtivement, il avait observé la pièce aux parois de métal et ses occupants : noukkers, pages, gardes, Sardaukars alignés contre les murs dont la seule décoration était constituée par les bannières sanglantes et déchirées prises dans les batailles.

Puis des voix s’élevèrent, venant d’un haut passage qui s’ouvrait sur la droite. « Place ! Place à la Royale Personne ! »

Et l’Empereur Padishah Shaddam IV surgit dans la pièce à la tête de sa suite. Il s’immobilisa et attendit pendant que l’on apportait son trône, ignorant totalement le Baron comme tous ceux qui se trouvaient là.

Le Baron, quant à lui, ne pouvait ignorer la Royale Personne et guettait un quelconque signe de sa part, un quelconque indice qui pût lui permettre de deviner l’objet de cette audience. L’Empereur demeurait parfaitement immobile et calme. Sa silhouette maigre, élancée, était élégamment prise dans l’uniforme gris des Sardaukars, soutaché d’or et d’argent. Ses traits acérés et ses yeux froids, en cet instant, rappelèrent au Baron le Duc Leto depuis longtemps défunt. L’Empereur, lui aussi, évoquait un oiseau rapace. Mais il avait les cheveux roux, et non pas bruns, et il portait le casque noir de Burseg dont la couronne était sommée de la crête impériale d’or.

Des pages surgirent, portant le trône massif taillé dans un bloc de quartz de Hagal. La pierre bleu-vert lançait des étincelles jaunes. Le siège fut placé sous le dais et l’Empereur put y prendre place.

Une vieille femme en robe aba dont le capuchon était rabattu sur son front quitta alors la suite impériale et vint prendre place derrière le trône. Elle posa une main noueuse sur le dossier de quartz. Son visage, dans l’ombre du capuchon, était la caricature de celui d’une sorcière. Ses joues étaient creusées, ses yeux enfoncés dans les orbites, son nez protubérant et sa peau grêlée était marquée de veines saillantes.

Comme il levait les yeux sur elle, le Baron cessa de trembler. La présence de la Révérende Mère Gaius Helen Mohiam, Diseuse de Vérité de l’Empereur, révélait l’importance véritable de cette audience. Il observa la suite. Deux agents de la Guilde étaient présents, un personnage gras et grand et un autre petit et gras. Tous deux avaient des yeux au regard gris et doux. Parmi les laquais apparaissait l’une des filles de l’Empereur, la Princesse Irulan, une femme que l’on disait éduquée selon la plus absolue discipline bene gesserit et destinée à devenir Révérende Mère. Elle était grande, blonde, d’une beauté fragile, avec des yeux verts qui semblaient regarder bien au-delà du Baron.

« Mon cher Baron… »

L’Empereur daignait s’apercevoir de sa présence. Sa voix au timbre de baryton était admirablement contrôlée et il parvenait, par son ton seul, à congédier le Baron tout en l’accueillant.

Le Baron s’inclina profondément et s’avança jusqu’à dix pas du dais, selon l’usage. « Je suis accouru selon votre volonté, Majesté. »

« Votre volonté ! » railla la vieille sorcière.

« Allons, Révérende Mère, dit l’Empereur. (Mais il souriait du trouble du Baron en poursuivant :) Tout d’abord, dites-moi où vous avez envoyé votre mignon, Thufir Hawat. »

Le regard du Baron alla de droite à gauche. Il s’en voulait d’être ainsi venu sans ses gardes personnels. Bien sûr, ceux-ci eussent été de peu d’utilité face aux Sardaukars. Cependant…

« Eh bien ? »

« Il est parti depuis cinq jours, Majesté. (Le Baron jeta un rapide coup d’œil aux agents de la Guilde avant de revenir à l’Empereur.) Il devait se rendre dans une base de contrebandiers et essayer d’infiltrer ses hommes dans le camp du Fremen fanatique, Muad’Dib. »

« Incroyable ! » s’exclama l’Empereur.

La main de rapace de la sorcière se referma sur l’épaule de l’Empereur. Elle se pencha en avant et chuchota à son oreille.

L’Empereur acquiesça et dit : « Depuis cinq jours, Baron… Dites-moi, pourquoi ne vous êtes-vous pas soucié de son absence ? »

« Mais je suis inquiet, Majesté ! »

L’Empereur ne le quitta pas du regard. La Révérende Mère émit un rire caquetant.

« Ce que je veux dire, Majesté, reprit le Baron, c’est que Hawat mourra dans quelques heures. » Et il expliqua alors ce qu’il en était du poison latent et de l’antidote.

« Très habile, Baron, dit l’Empereur. Et où sont donc vos neveux, Rabban et le jeune Feyd-Rautha ? »

« La tempête arrive, Majesté. Je les ai envoyés inspecter notre périmètre, craignant une attaque fremen. »

« Le périmètre… dit l’Empereur. (Il semblait avoir craché le mot.) La tempête n’affectera guère ce bassin, et la racaille fremen n’attaquera pas aussi longtemps que je serai là avec mes cinq légions de Sardaukars. »

« Certainement pas, Majesté, dit le Baron, mais la sécurité doit tenir compte de l’erreur. »

« Ahh, fit l’Empereur. Il faut en tenir compte, oui. Alors, que dire de tout le temps que cette comédie d’Arrakis m’a coûté ? Et je ne parle pas des bénéfices du CHOM qui s’engloutissent dans ce trou à rat. Ni des problèmes d’État et de juridiction que j’ai dû retarder ou annuler à cause de cette stupide histoire… »

Le Baron baissa la tête, effrayé par la colère impériale. Il était seul ici, il ne dépendait plus que de la Convention et du dictum familia des Grandes Maisons, et cela le mettait mal à l’aise.

Est-ce qu’il a l’intention de me tuer ? se demanda-t-il. Non, il ne le peut pas ! Pas avec les Grandes Maisons qui le guettent et qui attendent de tirer un quelconque profit de cette crise.

« Avez-vous capturé des otages ? » demanda l’Empereur.

« C’est inutile, Majesté, dit le Baron. Ces fous de Fremen honorent chaque prisonnier selon le cérémonial funèbre et se comportent comme s’il était déjà mort. »

« Vraiment ? » dit l’Empereur.

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