L'Automne a Pekin
- Автор: Виан Борис
- Год: 1947
- Язык: французский
- Год: Éditions 10/18
- Жанр: Современная русская и зарубежная проза
Электронная книга - «L'Automne a Pekin». Краткое содержание книги:
— Je vous remercie, dit Amadis. Je ne saurais qu’en faire. Vous trouverez sûrement quelqu’un à qui ça fera plaisir.
— Oh, bon ! dit Atha. Il était un peu vexé.
La dune descendait maintenant en pente raide, et une autre, aussi haute, masquait l’horizon ocre. Des dunes adventives, plus petites, formaient des replis, dessinant des cols et des passes à travers lequel Amadis se dirigeait sans la moindre hésitation.
— C’est assez loin de ma tente, dit Atha.
– Ça ne fait rien, dit Amadis. Vous suivrez nos empreintes pour revenir.
— Mais si on se trompe de chemin en y allant ?
— Eh bien, vous vous perdrez en revenant, voilà tout.
— C’est embêtant, dit Atha.
— N’ayez pas peur. Je sais sûrement où c’est. Tenez, regardez.
Derrière la grosse dune, Athanagore aperçut le restaurant italien : Joseph Barrizone, propriétaire. On l’appelait Pippo. Les stores de toile rouge se détachaient gaiement sur la peinture laquée des murs de bois. Laquée blanche. Pour préciser. Devant le soubassement de briques claires, des hépatrols sauvages fleurissaient sans répit dans des pots de terre vernissée. Il en poussait aussi aux fenêtres.
— On sera très bien là, dit Amadis. Ils doivent avoir des chambres. Je vais y faire transporter mon bureau.
— Vous allez rester là ? dit Atha.
— On va construire un chemin de fer, dit Amadis. J’ai écrit à ma maison pour ça. J’ai eu l’idée ce matin.
— Mais il n’y a pas de voyageurs, dit Athanagore.
— Vous trouvez que ça arrange les chemins de fer, vous, les voyageurs ?
— Non, dit Athanagore. Évidemment non.
— Donc, il ne s’usera pas, dit Amadis. Ainsi, dans le calcul des frais d’exploitation, on n’aura jamais à tenir compte de l’amortissement du matériel. Vous vous rendez compte ?
— Mais ce n’est qu’un poste du bilan, observa Athanagore.
— Qu’est-ce que vous y connaissez, en affaires, hein ? répliqua brutalement Amadis.
— Rien, dit Athanagore. Je suis juste archéologue.
— Alors venez déjeuner.
— J’ai déjà déjeuné.
– À votre âge, dit Amadis, vous devez pouvoir déjeuner deux fois.
Ils arrivaient à la porte vitrée. Tout le rez-de-chaussée était vitré sur la façade, et l’on voyait les rangées de petites tables propres et les chaises de cuir blanc.
Amadis poussa le battant et une sonnette s’agita fiévreusement. Derrière le grand comptoir à droite, Joseph Barrizone que l’on appelait Pippo, lisait du langage majuscule dans un journal. Il avait une belle veste blanche toute neuve et un pantalon noir, et un col ouvert, parce qu’il faisait tout de même relativement chaud.
— Faccé la barba à sept houres c’to matteigno ? demanda-t-il à Amadis.
— Si, répondit Amadis.
S’il en ignorait l’orthographe, il comprenait le patois de Nice.
— Bien ! répondit Pippo. C’est pour déjeuner ?
— Oui. Qu’est-ce qu’il y a ?
— Tout ce qu’on peut trouver dans ce restaurant terrestre et diplomatique, répondit Pippo avec un fameux accent italien.
— Du minestrone ?
— Aussi du minestrone et des spaghettis à la Bolognese.
— Avanti ! dit Athanagore pour rester dans le ton.
Pippo disparut vers la cuisine. Amadis choisit une table près de la fenêtre et s’assit.
— Je voudrais voir votre factotum, dit-il. Ou votre cuisinier. Comme vous voudrez.
— Vous avez le temps.
— Ce n’est pas sûr, dit Amadis. J’ai pas mal de travail. Vous savez, bientôt, il y aura beaucoup de monde par ici.
— Charmant, dit Athanagore. Ça va être la bonne vie. On fera des raouts ?
— Qu’est-ce que vous appelez un raout ?
— C’est une réunion mondaine, expliqua l’archéologue.
— Vous parlez ! dit Amadis. Comme on aura le temps de faire des raouts !
— Oh, zut ! dit Athanagore.
Tout d’un coup, il se sentait déçu. Il retira ses lunettes et cracha dessus pour en nettoyer les vitres.
II. RÉUNION
À cette liste on peut également ajouter le sulfate d’ammoniaque, le sang desséché et les gadoues.