L'Automne a Pekin
- Автор: Виан Борис
- Год: 1947
- Язык: французский
- Год: Éditions 10/18
- Жанр: Современная русская и зарубежная проза
Электронная книга - «L'Automne a Pekin». Краткое содержание книги:
— Mais il voulait simplement vous offrir une situation en Exopotamie. Médecin-chef du camp.
— Quel camp ? quand ?
— Le camp du chemin de fer qu’on va construire là-bas. Dans un mois. On devait partir demain, Anne et moi, et Rochelle.
— Qui est Rochelle ?
— Une amie.
— Jolie ?
Mangemanche se redressa. Il était ragaillardi.
— Oui, dit Angel. Du moins je trouve.
— Vous êtes amoureux, affirma le professeur.
— Oh, non ! dit Angel. C’est Anne qu’elle aime.
— Mais vous l’aimez ?
— Oui, dit Angel. C’est pour ça qu’il faut qu’Anne l’aime aussi, puisqu’elle l’aime ; elle sera contente.
Mangemanche se frotta le nez.
– Ça vous regarde, hein, dit-il. Mais méfiez-vous de ce raisonnement. Alors, vous croyez qu’il y a de la place pour faire marcher un Ping 903 ?
— Tout ce que vous voulez.
— Comment le savez-vous ?
— Je suis ingénieur, dit Angel.
— Merveilleux !
Le professeur appuya sur la sonnette au chevet de Cornélius.
— Attendez, dit-il à Angel. On va les faire réveiller.
— Comment ça ?
— Oh… assura Mangemanche, avec une piqûre, c’est très facile.
Il se tut et réfléchit.
– À quoi pensez-vous ? lui demanda Angel.
— Je vais faire venir mon interne avec moi, dit Mangemanche. C’est un garçon honnête…
Il se sentit mal à l’aise sur la chaise, mais continua.
— J’espère qu’ils auront aussi une place pour Cruc. C’est un très bon mécanicien.
— Sûrement, dit Angel.
Et puis l’infirmière entra avec tout ce qu’il fallait pour les piqûres.
PASSAGE
Il y a lieu de s’arrêter une minute, maintenant, car cela va devenir noué et en chapitres ordinaires. On peut savoir pourquoi : il y a déjà une fille, une jolie fille. Il en viendra d’autres, et rien ne peut durer dans ces conditions.
Sinon, ce serait sans doute plus souvent gai ; mais avec les filles, il faut du triste ; ce n’est pas qu’elles aiment le triste — elles le disent, du moins — mais il vient avec elles. Avec les jolies. Les laides, on ne saurait en parler : c’est assez qu’il y en ait. D’ailleurs elles sont toutes jolies.
Une s’appellera Cuivre, et l’autre Lavande, et les noms de certaines viendront après ; mais ni dans ce livre, ni dans la même histoire.
Il y aura beaucoup de gens, en Exopotamie, parce que c’est le désert. Les gens aiment à se rassembler dans le désert, car il y a de la place. Ils essayent d’y refaire les choses qu’ils faisaient partout ailleurs, et qui, là, leur paraissent neuves ; car le désert constitue un décor sur lequel tout ressort bien, surtout si le soleil est doué, par hypothèse, de propriétés spéciales.
Le désert est souvent employé. Arthur Eddington a donné le moyen de récupérer tous les lions qu’il contient ; il suffit de tamiser le sable, et les lions restent sur la toile. Ceci comporte une phase — la plus intéressante — la phase d’agitation. À la fin, on a bien tous les lions sur la toile du tamis. Mais Eddington a oublié qu’il reste aussi les cailloux. Je crois que je parlerai des cailloux, de temps en temps.
PREMIER MOUVEMENT
C’est là un procédé fort avantageux, et son économie, jointe à la qualité des fibres rend cette méthode particulièrement intéressante !