Les aéronautes [Wings - fr]
- Автор: Пратчетт Теренс Дэвид Джон
- Год: 1997
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-24180-6
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Les aéronautes [Wings - fr]». Краткое содержание книги:
L’espace, c’est froid, ça manque d’air et c’est loin, surtout quand on est tout petit. Par chance, il y a en Floride un machin qui peut conduire les gnomes à bon port. Un satellite, ça s’appelle. Il suffit donc d’aller là-bas et de grimper discrètement dans ledit satellite.
Oui, mais c’est où, la Floride ? On y va comment ?
Bah ! Quand on a volé un camion… pourquoi ne pas emprunter ce drôle de camion doté d’un nez pointu et de deux ailes ? Le Concorde ça s’appelle.
Bon, allez, c’est reparti mon riquiqui, attachez vos ceintures !
— Je pense pouvoir grimper là-haut, fit-il savoir.
— Oui, oui, l’encouragea Gurder.
— Mais avons-nous le droit de manger le sandwich de Richard Quadragénaire ? ajouta Masklinn.
Gurder écarquilla les yeux, puis les cligna.
— C’est un grave problème théologique, marmonna-t-il. Mais j’ai trop faim pour y réfléchir. Alors commençons donc par manger et s’il s’avère que nous avons eu tort de le faire, je promets d’être sincèrement contrit.
… Boumboumbaboum wap, Boumboumbaboum wap…
— L’humain est en train de dire que l’heure de la sortie, c’est le meilleur moment de la journée, traduisit le Truc. J’en déduis qu’il a l’intention de quitter sa douche sous peu.
Masklinn se hissa le long du fil électrique et se retrouva sur la table, avec l’impression d’être exposé à tous les regards.
De toute évidence, les Floridiens avaient des conceptions toutes personnelles sur les sandwiches. Des sandwiches, le Grand Magasin en vendait. Le mot qualifiait une lamelle de quelque chose glissée entre deux tranches de pain humide. Pour leur part, les sandwiches floridiens occupaient un plateau entier et le pain éventuel – son existence restait à démontrer – nichait dans d’épaisses jungles de cresson et de laitue.
Il regarda en bas.
— Dépêche-toi, siffla Angalo. L’eau vient de nouveau de s’arrêter !
… Boum boumboum boumboum Houm…
Masklinn écarta une frondaison de verdure mystérieuse, s’empara du sandwich, le hala jusqu’en bordure de plateau et le précipita sur le sol.
… Boum Badoum Badoum Badoum bawam badoum badaaaaaam.
La porte de la pièce de douche s’ouvrit.
Le Petit-Fils Richard apparut. Il fit quelques pas et s’arrêta net.
Il regardait Masklinn.
Et Masklinn le regardait.
Il y a des instants où le Temps semble suspendre son vol.
Masklinn comprit qu’il vivait un de ces moments où l’Histoire reprend son souffle, le temps de décider ce qu’elle va faire ensuite.
Je peux rester sur place, se dit-il. Demander au Truc de traduire, et essayer de tout expliquer à l’humain. Je peux lui dire quelle importance revêtirait pour nous un endroit où on serait vraiment chez nous. Je peux lui demander s’il a la possibilité de faire quelque chose pour aider les gnomes dans la carrière. Je peux lui raconter que les gnomes du Grand Magasin croyaient que son grand-père avait créé le monde. Ça lui plaira sûrement d’entendre dire ça. Il a l’air sympa, pour un humain.
Qui sait ? Il pourrait peut-être bien nous aider.
Ou bien il nous capturera, et il appellera d’autres humains qui vont nous encercler et se mettre à mugir, et on nous enfermera dans une cage, ou je ne sais où, et ils nous houspilleront. Il se passera la même chose qu’avec les chauffeurs du Concorde. Ils ne voulaient probablement pas nous faire de mal. Simplement, ils ne comprenaient pas ce que nous étions. Et nous n’avons pas le temps d’attendre qu’ils y parviennent.
Ce monde est à eux, pas à nous.
C’est trop risqué. Non. Je n’avais encore jamais compris qu’il allait faire ça par nos propres moyens. C’est l’heure de la sortie…
Le Petit-Fils Richard tendit lentement la main en disant :
— Whoump ?
Masklinn prit son élan et sauta.
Les gnomes peuvent tomber de très haut sans se faire de mal ; de toute façon, il y avait un sandwich bacon laitue tomate pour amortir la chute.
Avec une telle rapidité que tout devint flou, le sandwich se dressa sur trois paires de pattes. Il traversa la pièce au triple galop, bavant de la mayonnaise.
Richard Quadragénaire jeta sa serviette après lui. Elle manqua sa cible.
Le sandwich franchit le pas de porte d’un bond et disparut dans la nuit veloutée bruissante de périls.
Tomber de la branche n’était pas le seul danger. Une grenouille se fit gober par un lézard. Plusieurs autres rebroussèrent chemin dès qu’elles se retrouvèrent hors de l’ombre de la fleur sous prétexte que.-.-.mipmip.-.-.mipmip.-.-.
La grenouille de tête se retourna et inspecta ses effectifs en diminution. Il y en avait une… plus une… plus une… plus une… et encore une, ce qui faisait un total de… (son front se plissa sous l’effort de ses calculs)… c’est bien ça : une.
Quelques-unes commençaient à avoir peur. La grenouille de tête comprit que si elles voulaient atteindre l’autre fleur et survivre, il faudrait qu’elles soient beaucoup plus d’une. Qu’elles soient au moins une, et peut-être même une. Elle leur adressa un coassement d’encouragement.
— Mipmip, dit-elle.
5
Floride (ou Floridie) : Un endroit où l’on trouve des alligators, des tortues à long cou et des navettes spatiales. C’est un endroit très intéressant, il fait chaud et humide et il y a des oies. On peut également y trouver des sandwiches bacon, laitue et tomate. C’est un endroit bien plus intéressant que d’autres que je pourrais citer. Vu du ciel, il a la forme d’un morceau de truc attaché à un autre morceau de truc.