Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Les Pardaillan - Livre II - L’épopée D’amour
Les Pardaillan - Livre II - L’épopée D’amour - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Pardaillan - Livre II - L’épopée D’amour

Электронная книга - «Les Pardaillan - Livre II - L’épopée D’amour». Краткое содержание книги:

Le 24 août 1572, jour de la Saint Barthélemy, Jean de Pardaillan et son père Honoré vont permettre à Loïse et à sa mère Jeanne de Piennes de retrouver François de Montmorency après 17 ans de séparation. Catherine de Médicis, ayant persuadé son fils Charles IX de déclencher le massacre des huguenots, Paris se retrouve à feu et à sang. Nos héros vont alors tout tenter pour traverser la ville et fuir la vengeance de Henry de Montmorency, maréchal de Damville et frère de François…
1 ... 131 132 133 134 135 136 137 138 139 ... 150
Перейти на страницу:

Des cris d’agonie, des soupirs rauques, des gens qui se battent, des cervelles qui sautent, un remous féroce vers la porte trop étroite, un tourbillon d’êtres délirants, fous de terreur, une tuerie pour aller plus vite!…

Et vingt secondes après la chute du premier bloc, il n’y avait plus dans la cour de l’hôtel que des cadavres et des blessés aux membres fracassés!…

Et là-haut, sur l’infernale muraille, les deux êtres fabuleux, entourés de fumée et de poussière, noirs, étincelants, rouges, déchirés, flamboyants, les deux Pardaillan éclataient d’un rire terrible!…

La muraille sur laquelle se trouvaient le chevalier de Pardaillan et le vieux routier dominait l’hôtel central, c’est-à-dire que les deux épiques travailleurs étaient plus haut placés que le toit qui abritait en ce moment le maréchal de Montmorency, Jeanne de Piennes et Loïse.

Il leur eût été facile de sauter sur ce toit, de gagner la première lucarne et de descendre par le grenier.

C’est ce que le vieux routier avait fait remarquer à son fils sur le premier moment, c’est-à-dire lorsque, s’étant penchés, ils reconnurent qu’ils avaient abouti à l’hôtel Montmorency.

Le chevalier secoua frénétiquement la tête. Il montra le maréchal debout, entre ses deux derniers compagnons, et derrière lui, Loïse. Et il gronda:

– Si elle meurt, c’est la tête la première que je descendrai!…

– Enfer! rugit le vieux, avoir tenu tête à Paris tout entier! Avoir saisi la mort par les cornes et l’avoir terrassée! Avoir échappé au pressoir de fer! Avoir passé à travers des légions de démons! Avoir semé l’épouvante sur ton passage! Et venir te tuer ici!…

Il s’était croisé les bras et frappait furieusement du talon.

Sous ces coups, une pierre à moitié descellée se détacha, tomba dans le vide… d’en bas une clameur de stupéfaction, de rage et de terreur monta jusqu’à eux…

– Tiens! tiens! fit simplement le vieux routier. Mais ça écrase, ça!…

– À l’œuvre, rugit le chevalier.

Ils se baissèrent, tous deux; leurs deux dagues attaquèrent un bloc, firent levier, une poussée précipita le bloc dans le vide, et, en bas, une large trouée se fit dans la foule des reîtres.

Dès lors, ils ne regardèrent plus.

Chacun travailla de son côté; la grêle de pierres se mit à pleuvoir; pièce par pièce, ils démantelaient la muraille; ils commençaient l’un par un bout, l’autre par le bout opposé; et à mesure que chacun d’eux avait lancé un bloc dans l’espace, il avançait. Ils étaient aussi fermes sur l’étroite corniche que sur la terre; un geste de trop, un mouvement à faux, et ils étaient précipités; ils n’y prenaient pas garde… Quand ils se rejoignirent, ils regardèrent en bas et virent qu’il n’y avait plus personne dans la cour!…

– Voilà une manière de descendre, hein, chevalier! fit le vieux.

– C’est plus doux qu’un escalier, monsieur!

– Et commode, donc!

– Encore une douzaine de rangées…

– Et nous nous trouverons portés à terre!

Ils riaient; ils étaient noirs de fumée et de poussière; leurs yeux flamboyaient; leurs mains s’étaient ensanglantées; leurs habits étaient en lambeaux; ils riaient comme des fous; ils riaient, non de la fuite des assaillants, non du sauvetage fabuleux, ils riaient sans savoir, et ils avaient des faces terribles de titans escaladant l’Olympe et jetant le défi suprême au maître des dieux!…

Un coup d’arquebuse retentit; la balle fit tomber le chapeau du chevalier.

– Ce n’est pas moi qui vous salue! hurla-t-il.

Les arquebusades se succédaient; les balles sifflaient autour d’eux; de la rue, deux ou trois cents reîtres les visaient, tandis que la foule poussait ses hurlements de mort…

Alors le vieux longea la muraille et vint surplomber sur la rue…

– Rangez vos crânes! vociféra-t-il.

On vit le titan soulever dans ses bras un moellon qu’il lança à toute volée.

– Place, monsieur! dit le chevalier.

Et à son tour, il s’avança, tandis que le vieux se couchait sur la crête pour le laisser passer.

Le moellon du chevalier traça sa courbe dans l’espace, tomba, rebondit parmi les hurlements d’épouvante.

– Je crois que j’en ai écrasé une douzaine, dit froidement le chevalier.

– Quatre de plus que moi! Il me faut ma revanche! cria le vieux routier.

En effet, pendant que son fils lançait une pierre, lui, avait descellé un autre moellon; ce fut au tour du chevalier de se coucher sur la crête pendant que le vieux s’avançait à l’extrême bord de la muraille…

– Pan! Pif! Paf! Pan! Huit! Douze! Quinze! À toi, chevalier!

Pendant trois minutes, l’effrayante manœuvre se poursuivit; à coups de moellons, les deux titans déblayaient la rue comme ils avaient déblayé la cour; la muraille baissait; ils descendaient à mesure d’un cran; et finalement les arquebuses se turent!… Dans la rue, il n’y avait plus personne! Les assaillants avaient reflué à droite et à gauche de l’hôtel se culbutant, jurant, hurlant… Damville, livide, saisit sa tête à deux mains, et tandis que là-haut retentissait le rire des titans, ceux qui environnaient le maréchal virent qu’il pleurait à chaudes larmes, de rage, de honte et de fureur!…

La muraille avait baissé de sept à huit rangées de moellons…

Les deux titans, voyant la rue libre et l’hôtel entièrement dégagé, dirent ensemble:

– Partons!…

Ils sautèrent sur le toit de la loge du suisse; du toit, ils sautèrent dans la cour; là, ils se regardèrent un instant et ne se reconnurent pas, tant leurs faces noires et sanglantes flamboyaient d’audace et d’orgueil!…

Les Pardaillan, enjambant cadavres et décombres, traversèrent la cour en quelques bonds, escaladèrent le perron et se jetèrent dans la grande salle d’honneur de l’hôtel de Montmorency.

Le chevalier, qui marchait le premier, se sentit saisi par deux bras puissants, enlevé, pressé sur une large poitrine: et le maréchal de Montmorency, l’embrassant sur les deux joues, murmura en frémissant:

– Mon fils! Mon fils!…

Pardaillan, alors, jeta autour de lui un regard égaré: il vit Jeanne de Piennes qui, indifférente, souriait à son rêve; il vit François de Montmorency qui pleurait; il vit Loïse toute droite, toute pâle, qui l’examinait d’un air de suprême gravité, comme elle eût examinée quelque chose de colossal, d’émouvant et de grandiose.

À travers les sanglots qui maintenant soulevaient sa mâle poitrine, François de Montmorency répétait:

– Mon fils! Mon fils!…

Et ce mot disait sa gratitude infinie, son admiration, sa volonté d’exprimer le sentiment le plus haut et le plus humain qui soit dans l’homme…

– Mon fils! Mon fils!…

Le chevalier laissa errer du maréchal à Loïse son regard ébloui. Et le titan se sentit faible comme un enfant…

Il balbutia:

– Votre fils!… oh! prenez garde que je ne me trompe sur le sens de ce mot!… Maréchal! Maréchal de Montmorency! Vous m’appelez votre fils… moi!…

1 ... 131 132 133 134 135 136 137 138 139 ... 150
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)