Maupassant
- Автор: Де Мопассан Ги
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Neuchateloises
- ISBN: ASIN: B005HFL90I
- Жанр: Другая драматургия
Электронная книга - «Maupassant». Краткое содержание книги:
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
Paul Bert, pour combattre l’asphyxie due aux grandes hauteurs et appelée mal des montagnes, avait fait de très intéressants travaux. Ayant constaté que les changements dans la pression atmosphérique n’agissent nullement, comme on le croyait jusque-là, par une influence mécanique ou physique, mais parce qu’elles font varier la tension de l’oxygène et ses combinaisons avec le sang, il en conclut qu’il suffirait d’absorber de l’oxygène pour lutter contre la torpeur des hautes régions.
A la suite de nombreuses analyses sur le sang des animaux soumis à diverses dépressions et d’épreuves personnelles subies dans un cylindre de l’appareil inventé par lui, et dans lequel une pompe à vapeur faisait le vide, il arriva à vérifier la constante exactitude de sa théorie.
Pendant ce temps, MM. Gaston et Albert Tissandier faisaient de nombreux voyages aériens et de remarquables observations relatives aux ombres aérostatiques, tandis que Sivel, ancien officier de marine, et Crocé-Spinelli, ancien élève de l’École centrale, entreprenaient une série d’ascensions destinées à expérimenter les découvertes de Paul Bert.
Ce sont MM. Gaston Tissandier, Sivel et Crocé-Spinelli qui montaient le Zénith qui entreprit, après un long et heureux voyage de durée, l’ascension en hauteur où deux des aéronautes trouvèrent la mort.
L’horrible catastrophe est encore trop près de nous pour qu’il soit utile d’en rappeler les détails.
Parti le 15 avril 1875, à 11 h 35 du matin, de l’usine à gaz de la Villette, l’aérostat reprenait terre à 4 heures, avec deux cadavres dans sa nacelle.
Il faut lire le beau récit que M. Gaston Tissandier, le seul survivant, a fait de ce terrible drame.
C’est à 7000 mètres que l’engourdissement semble les avoir saisis. A cette hauteur, M. Tissandier écrivait encore d’une main que le froid faisait trembler :
« J’ai les mains gelées. Je vais bien. Brume à l’horizon avec petits cirrus arrondis. Nous montons. Crocé souffle. Nous respirons oxygène. Sivel ferme les yeux. Crocé ferme aussi les yeux. Je vide aspirateur. Temp. 10° 1 h 2. H. 320. Sivel est assoupi. — 1 h 25. Temp. 11°. H. 300. Sivel jette lest… » (Ces derniers mots sont à peine lisibles.)
Mais Sivel se ranime pour jeter du lest, le ballon bondit à 8 000 mètres, et les trois voyageurs perdent connaissance.
M. Tissandier s’étant réveillé à 2 h 8 m., vit bientôt Crocé-Spinelli se redresser à son tour, et, dans une sorte d’accès de folie, jeter par-dessus bord l’aspirateur, le lest, les couvertures, tout ce qui lui tombe sous la main. Ayant de nouveau perdu connaissance, M. Tissandier ne revint à lui qu’à 3 h 30 environ, l’aérostat se trouvant encore à une altitude de 6000 mètres. Ses compagnons avaient la figure noire, les yeux ternes, la bouche béante et remplie de sang.
A quatre heures, le Zénith, s’éventrant contre un arbre, déposait à terre les deux morts et le survivant.
Dans quelques jours, le Horla, monté par MM. Paul Jovis et Mallet, reprendra la route abandonnée depuis cette catastrophe, et s’élèvera, si aucun accident ne vient entraver la volonté des aéronautes à la hauteur de 8000 mètres.
Le Figaro, suivant en cela l’exemple magnifique du New York Herald qui, après avoir envoyé des expéditions au Pôle Nord, lança Stanley à travers l’Afrique, le Figaro a préparé, avec un soin minutieux, tous les détails de cet intéressant et hardi voyage.
En outre, une commission spéciale va être nommée, avec le concours du Bureau central météorologique et de la Faculté de médecine, pour contrôler et étudier les renseignements que rapporteront les voyageurs.
Quelques savants officiels, qui patronnèrent la malheureuse ascension du Zénith, semblent croire aujourd’hui, malgré les tentatives victorieuses de Robertson, de Gay-Lussac et de Glaisher, que l’homme ne peut vivre au-dessus de 7000 mètres, et que, s’il résiste aux dangers de ces hauteurs, il n’y conserve pas assez de lucidité pour poursuivre d’utiles observations météorologiques.
En tout cas, l’éminent directeur de l’Observatoire de Meudon, M. Janssen, a déclaré que cette expérience aurait le plus grand intérêt si on la pouvait accomplir entièrement, prouver l’altitude atteinte et la durée du séjour aux grandes hauteurs. Mais il doute que ces conditions puissent être tout à fait remplies.
Pour vaincre ces difficultés, M. Jovis a fait construire d’abord un appareil enregistreur semblable à celui dont nous nous sommes servis dans notre premier voyage sur le Horla. Mais cet appareil réglé alors à 3000 mètres va l’être à 9 500. Mû par un mouvement d’horlogerie très délicat, il dessine sur une bandelette de papier roulée autour d’un cylindre, et qui se déroule d’une façon lente et régulière, une petite ligne noire, à l’encre.
Le tracé vertical révèle la hauteur atteinte, tandis que la longueur du trait mesure la durée de chaque période de l’ascension. Ce baromètre précieux, construit par MM. Richard frères, est exposé, dès maintenant, dans la salle des dépêches du Figaro.
En outre, les baromètres à déversement de mercure sont des témoins irrécusables de l’élévation ; car le mercure contenu dans un tube à deux branches monte dans l’un et baisse dans l’autre à mesure que diminue la pression atmosphérique. Cet appareil étant réglé à 7000 mètres, le métal liquide parvient alors à l’orifice du tube libre et se répand. La quantité répandue indiquera, par conséquent, de combien on a passé 7000 mètres.
Tous les autres appareils, électroscope, boussole aérienne, instrument des plus précieux inconnu jusqu’à ce jour, seront construits par l’ingénieur Chevalier.
La question des vêtements pour affronter une différence de température qui peut être de cinquante degrés en une heure a été résolue grâce aux conseils du géographe M. Liénard, que ses nombreuses ascensions ont renseigné sur ces dangers. Ils seront en soie et garnis intérieurement d’une fourrure fine et légère. Les propriétaires de la Belle Jardinière, qui sont eux-mêmes des aéronautes, et dont l’un fut, avec moi, parrain du Horla, se sont chargés de les faire confectionner. Enfin, la nouvelle nacelle du ballon, contenant tout le laboratoire aérien nécessaire pour cette montée, sera exposée la semaine prochaine.
Bonne chance aux voyageurs.
L’architecture se meurt, l’architecture est morte. La disparition de cet art est d’ailleurs facile à constater, mais en y songeant bien, ce n’est pas aux architectes qu’il faut s’en prendre.
Si nous voyons de temps en temps s’élever dans Paris un affreux monument nouveau, songeons que deux ou trois cents projets, sinon plus, ont passé sous les yeux d’une commission présidée par un ministre ou par un membre de l’Institut. C’est donc le membre de l’Institut (à tout seigneur tout honneur), puis le ministre, puis la commission tout entière qu’il faut traiter comme ils le méritent. Si M. Eiffel, marchand de fers, dresse sur Paris l’effroyable corne dont les dessins et les débuts font présager la laideur totale et définitive, il ne, faut assurément pas en vouloir à M. Eiffel qui fait ce qu’il peut avec son fer. Mais quand il nous sera permis de contempler dans toute sa hauteur et toute sa hideur ce monument du mauvais goût contemporain, nous proclamerons bien haut les noms des patrons de cette chaudronnerie, afin qu’on ne songe jamais à eux quand le Ministère des beaux-arts sera vacant.