Maupassant
- Автор: Де Мопассан Ги
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Neuchateloises
- ISBN: ASIN: B005HFL90I
- Жанр: Другая драматургия
Электронная книга - «Maupassant». Краткое содержание книги:
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
Derrière nous, le tonnerre gronde et aucun oiseau ne suivrait notre course folle.
« Tirez ! » cria Jovis.
Nous passions sur un canal. La nacelle frémit deux fois et s’inclina. Le guide-rope a touché les grands arbres des deux rives.
Mais notre vitesse est telle que la longue corde qui traîne maintenant ne semble pas la ralentir, et nous arrivons, avec une rapidité de boulet sur une grande ferme, dont les poules, les pigeons, les canards effarés s’envolent dans tous les sens, tandis que les veaux, les chats et les chiens fuient, éperdus, vers la maison.
Il nous reste juste un demi-sac de lest. Jovis le jette ; et Le Horla légèrement s’envole par-dessus le toit.
« La soupape ! » crie de nouveau le capitaine.
M. Mallet se suspend à la corde et nous descendons comme une flèche.
D’un coup de couteau, l’amarre qui retient l’ancre est coupée, nous la traînons derrière nous dans un grand champ de betteraves.
Voici des arbres.
« Attention ! Cramponnez-vous ! Gare aux têtes ! »
Nous passons encore dessus ; puis une forte secousse nous bouscule. L’ancre a mordu.
« Attention ! Tenez-vous bien ! Soulevez-vous à la force des poignets. Nous allons toucher. »
La nacelle touche en effet. Et puis s’envole de nouveau. Elle retombe encore, rebondit et, enfin, se pose à terre, tandis que le ballon se débat follement, avec des efforts d’agonisant.
Des paysans accouraient, mais n’osaient point approcher. Ils furent longtemps à se décider avant de venir nous délivrer, car on ne peut mettre pied à terre sans que l’aérostat soit presque complètement dégonflé.
Puis, en même temps que les hommes effarés, dont quelques-uns sautaient d’étonnement avec des gestes de sauvages, toutes les vaches qui paissaient sur les dunes venaient à nous, entourant notre ballon d’un cercle étrange et comique de cornes, de gros yeux et de naseaux soufflants.
Avec l’aide des paysans belges, complaisants et hospitaliers, nous avons pu, en peu de temps, empaqueter tout notre matériel et le porter à la gare de Heyst où nous reprenions à huit heures vingt le train pour Paris.
La descente avait eu lieu à trois heures quinze minutes du matin, ne précédant que de quelques secondes la pluie torrentielle et les éclairs aveuglants de l’orage qui nous chassait devant lui.
Nous avons donc pu, grâce au capitaine Jovis, dont mon confrère Paul Ginisty m’avait depuis longtemps raconté la hardiesse, car ils sont tombés ensemble et volontairement en pleine mer, en face de Menton, nous avons donc pu, en une seule nuit, voir, du haut du ciel, le coucher du soleil, le lever de la lune et le retour du jour et aller de Paris aux bouches de l’Escaut à travers les airs.
Je ne me doutais guère, en racontant tout dernièrement dans ce journal une longue et heureuse traversée aérienne, que j’aurais à m’y occuper de nouveau des ballons quelques jours plus tard.
J’ai accepté avec plaisir la mission d’exposer la dangereuse ascension que va tenter dans quelques jours M. Jovis avec le concours et le patronage du Figaro.
Pour qu’on en comprenne bien la valeur et l’utilité, je dirai d’abord en quelques lignes les tentatives semblables qui ont eu lieu jusqu’ici, ainsi que leurs résultats heureux ou néfastes. Jusqu’ici le ballon a donné lieu à des expériences de deux sortes, expériences relatives à la direction et expériences scientifiques. Je ne parle point des simples promenades d’agrément comme celle que nous venons d’accomplir.
Les expériences relatives à la raréfaction de l’air aux plus grandes hauteurs que l’homme puisse atteindre, et à l’électricité atmosphérique, ont été réellement inaugurées par le Flamand Robertson, ami de Volta.
Le premier, il parvint dans les hautes régions de l’atmosphère, ayant atteint une hauteur de 7400, le 18 juillet 1803. Son ballon sphérique, de 30 pieds 6 pouces de largeur, avait été construit à Meudon pour le service des armées françaises.
Parti de Hambourg à neuf heures du matin, avec un Français, M. Lhoest, le baromètre marquant 28 pouces et le thermomètre Réaumur 16°, Robertson monta si vite et si haut que, dans toutes les rues, chacun croyait l’avoir à son zénith.
A dix heures quinze, le baromètre était à 19 pouces, et le thermomètre à 3 degrés au-dessus de zéro. Se sentant envahi par tous les malaises dus à la raréfaction de l’air, l’aéronaute se hâta de commencer ses expériences et constata « que l’électricité des nuages obtenue trois fois était toujours vitrée ».
Cependant, bien que fort incommodés, ils continuaient à monter, le froid augmentait, leurs oreilles bourdonnaient, leur anxiété devenait intolérable. La douleur qu’ils éprouvaient « avait quelque chose de semblable à celle qu’on ressent lorsqu’on plonge la tête dans l’eau. Nos poitrines paraissaient dilatées et manquaient de ressort, mon pouls était précipité. Celui de M. Lhoest l’était moins. Il avait, ainsi que moi, les lèvres grosses, les yeux saignants, toutes les veines étaient arrondies et se dessinaient en relief sur mes mains. Le froid se portait tellement à la tête qu’il me fit remarquer que son chapeau lui paraissait trop étroit…
« … Le thermomètre descendit à 5 degrés et demi au-dessous de glace, tandis que le baromètre était à 12 pouces 4/100. A peine me trouvai-je dans cette atmosphère que le malaise augmenta ; j’étais dans une apathie morale et physique. Nous pouvions à peine nous défendre d’un assoupissement que nous redoutions comme la mort…
« … C’est dans cet état, peu propre à des expériences délicates, qu’il fallut commencer les observations que je me proposais… »
Les opinions scientifiques émises par Robertson rencontrèrent une vive opposition parmi les savants du monde entier. Or, pour démontrer l’exactitude de ses observations, l’aéronaute, accompagné d’un savant russe représentant l’Académie de Saint-Pétersbourg, M. Zuccharoff, firent à Moscou une nouvelle ascension et renouvelèrent pendant plusieurs heures les expériences de Robertson.
M. Zuccharoff confirma plusieurs des assertions du Flamand, surtout celles relatives à l’affaiblissement graduel de l’action magnétique de la terre.
Mais après cette épreuve nouvelle, la lutte recommença plus violente et plus acharnée parmi les hommes de science. A Paris, les membres de l’Institut se divisèrent en deux camps, qui auraient bien longtemps discuté si Laplace n’avait proposé, au cours d’une séance, de faire de nouvelles expériences.
Biot et Gay-Lussac, professeurs de physique, furent choisis pour cette épreuve.
L’ascension, une des plus célèbres qui aient jamais été faites, eut lieu le 20 août 1804.
« Notre but principal, écrivait quelques jours plus tard Biot dans un rapport à l’Académie des sciences, était d’examiner si la propriété magnétique éprouve quelque diminution appréciable quand on s’éloigne de la terre. Saussure, d’après des expériences faites sur le col du Géant, à 3 435 mètres de hauteur, avait cru y reconnaître un affaiblissement très sensible qu’il évaluait à 1/5. Quelques physiciens avaient même annoncé que cette propriété se perd entièrement quand on s’éloigne de la terre dans un aérostat. […]
Outre cet objet principal dans ce premier voyage, nous nous proposions aussi d’observer l’électricité de l’air, ou plutôt la différence d’électricité des différentes couches atmosphériques. […]