Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le soleil des rebelles - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le soleil des rebelles

Электронная книга - «Le soleil des rebelles». Краткое содержание книги:

Le nouveau Luca di Fulvio !
Le jeune prince Marcus est encore un enfant lorsqu'il assiste impuissant au massacre de toute sa famille.
Seul rescapé de cette boucherie ennemi héréditaire de la famille de Marcus qui va s'asseoir sur le trône, Marcus ne doit son salut qu'à la jeune Héloïse, fille d'Agnès, la lavandière du village qui l'accueillera sous son toit pour l'élever comme s'il était son fils.
1 ... 9 10 11 12 13 14 15 16 17 ... 157
Перейти на страницу:

La main d’Agnete resta en l’air, vibrant comme une corde tendue. Elle la baissa pour saisir Mikael par l’oreille et l’obliger à se lever. « Prie ! », cria-t-elle. Elle le traîna jusqu’au lit d’Eloisa. Le jeta au sol. « Agenouille-toi et prie ! », dit-elle, la voix pleine de rancune.

Mikael était terrorisé. Maintenant qu’il était près d’elle, il voyait que le visage d’Eloisa était plus pâle que jamais et tout perlé de sueur. Ses beaux yeux bleus semblaient voilés.

« Prie pour que ma fille ne meure pas ! » La voix d’Agnete se brisa en un cri guttural, de colère et de peur. Elle lui montra le poing, l’agita devant son visage. « Fais-moi sortir cette voix, ou le Bon Dieu m’est témoin que j’irai te la sortir moi-même ! » Elle se baissa et siffla : « Prie ! »

Mikael déglutit. Mais il n’arrivait pas à parler.

« Prie ! »

Il commença à pleurer, doucement. Sa voix se coinçait dans sa gorge pendant qu’Eloisa, couverte de sueur glacée, continuait de tousser.

« Si elle meurt… » Agnete ne put finir sa phrase.

Mikael ouvrit la bouche. Mais il resta muet, fixant les yeux d’Eloisa qui se voilaient de plus en plus.

« Mon Dieu, ne la faites pas mourir par ma faute. Dis-le ! », s’écria Agnete en le secouant par le bras.

Il ouvrait et fermait les lèvres, comme un poisson hors de l’eau, sans émettre aucun son.

« Prends-moi plutôt ! Dis-le ! », fit Agnete.

Mikael ouvrit de grands yeux.

Agnete le bouscula. « Lève-toi ! » Son regard était bouleversé d’inquiétude. « Ma fille n’est peut-être pas une princesse, mais elle vaut cent fois mieux que toi… » Elle s’écroula, secouée de sanglots, le front posé sur la couche de sa fille.

Eloisa délirait, brûlante de fièvre.

Ils restèrent ainsi jusqu’à l’aube.

« Descends, ordonna Agnete à Mikael. Et tâche de pas causer d’autres malheurs. »

Le cœur battant, il se glissa dans la cave par la trappe.

Toute la journée il entendit un va-et-vient de gens. Des femmes se lamentaient, des hommes tentaient maladroitement de consoler Agnete. Une vieille apporta une décoction de gentiane. Une autre une infusion de saule. Une troisième dit qu’il fallait recouvrir la petite de neige, soit elle mourrait vite, soit la fièvre tomberait.

Mikael entendait Agnete pleurer et répéter : « Seigneur tout-puissant, me la prenez pas elle aussi… me la prenez pas elle aussi… »

Eloisa délirait.

Vers le soir, Mikael entendit arriver le curé de Notre-Dame des Neiges.

« Non… mon père… non, dit Agnete d’une voix désespérée.

— Il faut te préparer, femme, dit le curé. Il est bon qu’elle soit confiée à notre Seigneur pendant qu’elle est encore en vie. »

Mikael entendit les planches grincer. Le curé s’était agenouillé.

Agnete, à bout de forces, répétait en pleurant : « Non… non… non… ».

D’une voix monotone qui avait prononcé tant de fois l’extrême-onction, le curé commença : « In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti, extinguatur in te omnis virtus diaboli per impositionem manuum nostrarum, et per invocationem gloriosæ et sanctæ Dei Genitricis Virginis Mariæ, ejusque inclyti Sponsi Joseph, et omnium sanctorum Angelorum, Archangelorum, Martyrum, Confessorum, Virginum, atque omnium simul Sanctorum. Amen.

— Non… non… non… », gémissait Agnete.

Les planches grincèrent à nouveau. « Courage », dit le curé. Puis il partit.

Ils étaient de nouveau seuls.

Mikael ouvrit la trappe et alla se mettre à genoux à côté d’Agnete.

Elle ne parut pas s’apercevoir de sa présence.

Le front d’Eloisa, ses paupières, sa bouche et ses oreilles étaient ointes d’huile bénite. Elle respirait difficilement.

Mikael ouvrit la bouche. La referma. L’ouvrit de nouveau, serra les poings avec force. « Dieu…, réussit-il à dire tout bas, prends-moi… Prends-moi, ne fais pas mourir Eloisa. »

Agnete se tourna pour le regarder, un instant, les yeux pleins de stupeur, puis laissa éclater sa douleur, et elle se plia en deux comme si elle se cassait, secouée de sanglots.

Mikael n’avait pas le courage de la toucher. Il avait peur d’être frappé. Mais il s’accrocha à un pan de sa jupe. « Assez de morts, mon Dieu…, dit-il. Assez de morts… » Il fixa Eloisa, secouée par la fièvre. Enleva les gants qui avaient sauvé ses mains et les lui mit. « Assez de morts, mon Dieu… »

Ni Mikael ni Agnete ne bougèrent de toute la nuit.

À l’aube, Eloisa ouvrit les yeux. Elle était consciente. Et sauvée. La fièvre n’avait pas eu raison d’elle.

Agnete éclata en violents sanglots, et serra Eloisa dans ses bras. « Jamais plus, ma fille ! Jamais plus, promets-le-moi !

— Je promets… dit Eloisa d’une petite voix.

— Jure ! Jure ou je te tue de mes propres mains !

— Je jure, mère… » Eloisa s’aperçut alors qu’elle portait les gants. Elle se tourna vers Mikael, qui la fixait avec inquiétude. Elle sourit à peine et dit : « Gros bêta… »

8

À partir de ce matin-là, Mikael sortit de son mutisme et commença à leur parler.

Un soir, pendant qu’il mâchait sa tranche de pain, dont il mettait discrètement un peu de côté pour Hubertus, il prit son courage à deux mains et demanda à Agnete : « Madame… est-ce que je pourrais avoir…

— Tu veux plus à manger ? dit Agnete d’un ton brusque. C’est non.

— Je voulais dire… je pourrais avoir la permission de garder avec moi… un… un ami ?

— Un ami ? dit Eloisa, surprise.

— Quel ami ? », demanda Agnete, soupçonneuse.

Mikael rougit. Son cœur battait fort sans sa poitrine, il avait peur. « Un… un rat, en fait. »

Agnete le fixa en silence. Longtemps.

Eloisa regardait sa mère.

« Je vous en supplie, madame… dit Mikael.

— Un rat. » Agnete fronça les sourcils. « Tu es ami avec un rat ? »

Eloisa éclata de rire.

Agnete aussi rit, à sa manière bourrue. Elle secoua la tête. « Gamin…

— Je vous en supplie, madame, ne dites pas non ! »

Agnete regarda sa fille.

« Je vous l’avais dit qu’il était un peu idiot, mère, dit Eloisa avec un sourire béat.

— Et c’est quoi, une crétine qui se lave en hiver juste parce qu’un idiot lui a dit qu’elle était sale ? », dit Agnete.

Eloisa prit une expression offensée. Elle vit Mikael esquisser un sourire. « Crétin ! lui dit-elle.

— Arrêtez, vous deux, intervint Agnete. Et il serait où, cet ami ? »

Mikael mit la main dans sa casaque, attrapa le petit rat et le montra, en le tenant sur la paume de sa main.

Eloisa s’approcha. Le rat, épouvanté, se glissa dans la manche de Mikael. Puis il mit le museau dehors et regarda Eloisa en ouvrant de grands yeux.

« Il s’appelle Hubertus », dit Mikael.

Agnete ne disait rien.

« Je vous en supplie, madame…

— On va faire un pacte, gamin, se décida Agnete. Si tu arrêtes de m’appeler “madame”, je ne vais pas l’écrabouiller tout de suite.

— Comment je dois vous appeler ?

— Tout le monde m’appelle Agnete.

— D’accord. Alors, je peux le garder ? »

Agnete acquiesça imperceptiblement.

« Et vous ne tuerez pas non plus ceux de sa famille, mad… Agnete ?

— J’ai pas compris. T’es en train de me demander de pas tuer les rats qui mangent mon seigle, mon fromage et…

1 ... 9 10 11 12 13 14 15 16 17 ... 157
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)