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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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J’abrège ce récit. Je le trompai au bout d’un an, une seule fois, que je le croyais en campagne. Il le sut, et le même soir, je fus conduite à Saint-Martin. C’était un jeudi. Le lendemain, je subis la honte d’être jugée en public avec les autres malheureuses, et je fus conduite à la Salpêtrière. J ’y restai trois mois. En en sortant, je retournai chez la M ***, qui me fit guérir d’une maladie de la peau, et on me coupa les cheveux. Je n’avais absolument pas le sou: lorsque je fus guérie, elle ne me trouva plus digne de sa maison; elle me renvoya. J’allai dans un endroit où je trouvai Ursule, avec laquelle je retournai chez la M ***, qui nous reçut à cause de la réputation de ta sœur, et qui nous garda six mois.

Tu sais le reste, Edmond: voilà ma vie, en y ajoutant, que je… aujourd’hui les passants et que j’ai peut-être l’incommodité de ta sœur. Puis-je paraître devant l’ami? Parle? Ta réponse sera ma loi; je m’interdirai le raisonnement.

Lettre 136. Gaudet, à Laure.

[Le séducteur profanait la sainte amitié, en la ressentant comme il ne méritait pas de le ressentir. Il donne trop tard des maximes de retenue.].

7 juin.

C’est moi qui vous réponds. J’ai lu votre lettre. Vous avez eu tort de me fuir, Laure; et si ce tort n’était pas l’origine de tout ce que vous avez souffert, de tout le dommage que vous vous êtes causé à vous-même, je vous le pardonnerais aisément! mais comment voulez-vous que je vous pardonne le mal que vous avez fait à mon amie, à ma compagne, à celle que je regardais comme une autre moi-même? Insensée! Comment veux-tu que je te pardonne!… à moins que je n’espère réparer tout le mal que tu t’es fait!… Va, ce n’est ni ta beauté, ni ta vertu, ni tes mœurs que j’ai aimées, c’est toi; et tu me restes!… viens, non dans les bras d’un amant… jamais! jamais!… viens renaître dans le sein d’un ami! connais-moi, toi qui m’a quitté, qui m’a redouté, compare-moi aux autres hommes, et donne-moi un nom, si tu peux le trouver!

P.-S. – Lisez le papier ci inclus, Laure, et montrez-le à votre cousine.

(On voit que Gaudet ne sait comment s’y prendre, pour réparer le mal qu’a fait sa fausse doctrine; et ceci est beaucoup plus en faveur des mœurs, que le plus beau traité de morale.).

Ce qu’on ne peut faire.

I. Il n’est pas d’actions défendues absolument; celles qui paraissent les plus criminelles, sont quelquefois permises, d’après les circonstances: l’assassinat, le meurtre, le viol, l’incendie, le poison, le vol, la fraude, le pillage. Si vous ne distinguez pas, et que vous assassiniez, que vous tuiez, que vous forciez la pudicité, que vous mettiez le feu, que vous empoisonniez, que vous voliez, que vous fraudiez, que vous pilliez, vous serez puni par les lois, et en horreur au genre humain.

II. Chacun est maître de son corps: mais en abuser, au point de se perdre soi-même moralement et physiquement, est un crime contre la nature et contre la société. La nature nous punit par les maux physiques, tels que les maladies. La société, à laquelle nous nous sommes rendus inutiles, nous flétrit, nous rejette de son sein; nous couvre d’opprobres, d’infamies. Je ne vois pas du tout qu’elle ait tort; et c’est une très fausse philosophie, que de prétendre se mettre au-dessus du déshonneur social; il est un mal réel, un mal qui a les conséquences les plus sérieuses: vous dites, dans une lettre que j’ai vue, que je vous ai ôté tout frein: je ne vous ai pas ôté celui-là; tout au contraire; je vous ai toujours dit, qu’Épicure ne violait pas les lois de son pays. J’ai pensé, en vous parlant, que je parlais à des êtres raisonnables, auxquels il suffisait de dire, la raison, la réciprocité ne veulent pas cela. La raison, c’est Dieu; la réciprocité, c’est la société: tous les deux punissent l’un pour l’autre.

III. On n’est pas obligé de croire telle ou telle religion; mais si on brave impudemment toute espèce de religion devant le monde, il en résulte de grands maux: 1. On scandalise, on blesse cruellement ceux qui croient une religion quelconque; on les anime contre soi; on leur inspire le désir de nous faire du mal. 2. Comme les gens non instruits, qui ont besoin du frein de la religion, sont en très grand nombre, il arrive de là qu’on contribue à les rendre nuisibles à la société: d’où il suit qu’on est réellement coupable, par cela seul. On ne peut donc, à cause du scandale et du danger, manquer à s’acquitter des devoirs publics de la religion.

IV. Rien ne nous force à faire du bien aux autres: la nature, à la vérité, nous a donné la compassion; mais l’intérêt personnel que nous tenons d’elle, est beaucoup plus fort, et il nous est impossible de ne pas en suivre l’impulsion. Mais ne leur faisons jamais de mal, quoiqu’il se présente un grand bien personnel à notre égard, par une raison dictée par le bon sens et par l’équité – le bon sens nous enseigne que tout ce que nous faisons, peut nous être fait: l’équité nous dit qu’un mal fait à autrui blesse l’ordre éternel, qui est Dieu; et cette voix, qui se fait entendre au fond de notre cœur, et qu’on nomme conscience, est celle de l’ordre éternel, dont elle atteste l’existence contre tous les beaux raisonnements des prétendus athées, qui ne le sont pas plus que moi en ce moment. Il faut écouter cette voix; sans quoi la peine de la violation sera prompte, fut-on revêtu de la puissance souveraine.

Préjugés à respecter.

I. Les diables. Il est certain, quoi qu’on en dise, que c’est une fausseté que leur existence; que leur croyance peut produire du mal; qu’elle cause des frayeurs très douloureuses aux âmes honnêtes et timorées; qu’elle a empoisonné les derniers moments d’une foule de malheureux moribonds.

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