Les enfants d'Icare
- Автор: Кларк Артур Чарльз
- Год: 1977
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-11799-4
- Переводчик: Michel Deutsch
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Les enfants d'Icare». Краткое содержание книги:
L’astronef étranger s’était posé sur Terre et nul ne l’avait vu arriver. Maintenant qu’il était là, plus rien ne serait comme avant. Sans se montrer, ses occupants ne tardent pas à imposer leur volonté à l’homme. Ils exigent et obtiennent le désarmement général.
L’action des Suzerains est incontestablement bénéfique et cependant un doute terrible subsiste… Pourquoi aucun humain n’a-t-il pu les apercevoir ? L’existence de l’humanité n’est-elle pas menacée ?
— Vous avez peut-être raison, laissa tomber le vieux Gallois. Il est possible que les intentions des Suzerains soient bonnes en fonction de leurs critères – qui ne sont pas forcément les mêmes que les nôtres. Mais ce sont des intrus. Nous ne les avons pas invités, nous ne leur avons jamais demandé de mettre notre monde sens dessus-dessous, de détruire… oui… nos idéaux et les nations dont des générations d’hommes se sont battus pour assurer la défense.
— Je suis né dans un petit pays qui a combattu pour ses libertés mais cela ne m’empêche pas d’être pour Karellen, riposta Stormgren. Vous pouvez lui créer des difficultés, voire retarder la réalisation de ses projets mais, au bout du compte, cela ne changera rien à rien. Je ne doute pas de votre sincérité. Je comprends que vous redoutiez que l’avènement de l’État mondial ne sonne le glas des traditions et de la culture des petits pays. Mais vous vous trompez. Il ne sert à rien de s’accrocher au passé. Les États souverains étaient moribonds avant même l’arrivée des Suzerains qui n’ont fait que hâter leur mort. Personne ne peut plus sauver désormais cette notion d’État souverain – et personne ne devrait s’y essayer.
Son vis-à-vis ne répondit pas. Il ne bougeait pas. Ses lèvres étaient entrouvertes et ses yeux éteints étaient maintenant sans vie. Les autres, crispés et figés dans des attitudes contraintes, observaient la même immobilité. Stormgren se leva avec un soupir de dégoût et fit mine de se diriger vers la porte à reculons. C’est alors qu’une voix brisa le silence :
— Voilà qui était bien parlé, Rikki. Merci. À présent, je pense que nous pouvons nous en aller.
Le secrétaire général pivota sur ses talons et scruta la pénombre de la galerie. Une petite sphère sans caractéristiques particulières flottait dans les airs à hauteur d’homme. C’était sans aucun doute la source de la force mystérieuse que les Suzerains avaient mise en action. Stormgren ne l’aurait pas juré, mais il avait l’impression qu’elle bruissait faiblement comme une ruche dans la chaleur languissante de l’été.
— Karellen ! Dieu soit loué ! Mais que leur avez-vous fait ?
— Ne vous inquiétez pas, ils sont en excellente santé. Ils sont en quelque sorte paralysés, si vous voulez, encore que ce soit beaucoup plus subtil que cela. Ils vivent tout simplement à un rythme infiniment plus lent que le rythme normal. Quand ils referont surface, ils ne sauront pas ce qui leur est arrivé.
— Vous allez les laisser dans cet état jusqu’à ce que la police vienne les appréhender ?
— Non, j’ai un meilleur plan. Je les laisserai repartir.
Cette réponse procura à Stormgren une singulière sensation de soulagement. Il jeta un dernier regard à la petite salle et à ses occupants pétrifiés. Joe, debout sur un pied, contemplait fixement le vide. Il avait l’air vraiment stupide. Stormgren éclata brusquement de rire et fouilla ses poches.
— Merci pour votre hospitalité, Joe, fit-il. Tenez… Je vais vous laisser un petit souvenir.
Il trouva un morceau de papier d’une propreté acceptable et écrivit en s’appliquant :
BANQUE DE MANHATTAN
Payez à l’ordre de Joe la somme de
Cent trente-cinq dollars et cinquante cents