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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]
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Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]

Электронная книга - «Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]». Краткое содержание книги:

Dans la Galaxie, l’étoile MarcheArrêt représente une énigme : elle observe un cycle de deux cent cinquante ans, s’éteint pendant deux cent quinze puis se rallume pour trente-cinq ans. Son unique planète est habitée par des araignées intelligentes qui viennent d’inventer la radio.
Le système de MarcheArrêt n’a jamais été exploré. Et voilà que deux expéditions, attirées par les signaux radio, s’y installent. L’une a été montée par les Qeng Ho, un peuple marchand qui parcourt l’espace en achetant et vendant des informations technologiques. L’autre par une civilisation violente et sadique, dite des Émergents, qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Son chef, Tomas Nau, cherche à se rendre maître de la planète des Araignées pour exploiter ses ressources. Il lui faut d’abord détruire la flotte Qeng Ho ou s’en emparer.
Mais parmi les Qeng Ho se cache une figure mythique, Pham Nuwen, né mille ans plus tôt, qui connaît tous les tours...
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— Un truc sacrément tordu. J’ai mis ma nouvelle antenne sur le faisceau de la Commanderie ce matin même. Au début, l’alignement était parfait, et puis j’ai commencé à avoir ces séquences de quinze secondes où on a l’impression qu’il y deux stations en alignement visuel. Je voulais demander à ton père…

Viki redescendit quelques marches avec lui, commentant de monosyllabes flatteurs son exposé incompréhensible sur les étages d’amplification et les défauts d’alignement transitoires. Nul doute que Jaybert avait été très heureux de capter l’attention de papa, et nul doute que papa avait été enchanté de trouver un prétexte pour se planquer dans le labo des transmissions. Et c’est alors que maman s’est pointée…

Viki laissa Jaybert dans son bureau et remonta l’escalier ; cette fois, elle contourna le laboratoire pour entrer par l’accès fournisseurs. Il y avait un rai de lumière au bout du couloir. Ah ! La porte était entrouverte. Viki entendait la voix de la générale. Elle traversa le couloir en tapinois et arriva devant la porte.

— Je n’y comprends rien, Sherkaner. Tu es un individu brillant. Comment peux-tu te conduire comme un parfait imbécile ?

Victory Junior hésita, faillit repartir dans le couloir assombri. Jamais elle n’avait entendu maman parler avec autant de colère dans la voix. Ça faisait mal. D’un autre côté, Gokna donnerait n’importe quoi pour entendre le compte rendu de Viki. Sans bruit, elle avança, tourna la tête pour regarder par l’étroite embrasure. Le laboratoire était plus ou moins comme elle se le rappelait, plein d’oscilloscopes et d’enregistreurs à grande vitesse. Certains des appareils de Jaybert avaient le capot ouvert, mais maman avait dû arriver avant que Sherkaner et lui aient pu se lancer dans le moindre démontage électronique sérieux. Maman était debout devant papa, empêchant ses meilleurs yeux de voir Viki. Et je parie que je suis près du centre de l’angle mort de maman.

— J’étais vraiment aussi mauvais que ça ? disait papa.

— Oui !

Sherkaner Underhill sembla se flétrir sous le regard foudroyant de la générale.

— Je ne sais pas. L’autre m’a pris au dépourvu. Avec sa remarque sur ce pauvre Brent. Je savais que j’y aurais droit. On en avait parlé tous les deux. J’en avais même parlé avec Brent. N’empêche que ça m’a coupé mes moyens. Je me suis laissé troubler.

Maman agita une main comme pour éloigner la remarque de Pedure.

— Le problème n’était pas là, Sherk. Tu as réagi correctement. Ta douleur de père attentionné a bien passé. Et pourtant, quelques minutes plus tard, l’autre t’a embobiné dans ce…

— Sauf pour l’astronomie, je n’ai évoqué que des sujets que nous avions prévus pour l’émission l’an prochain.

— Oui, mais tu les as dévoilés tous à la fois !

— Je sais… Pedure s’est mise à parler comme une personne brillante et curieuse. Comme Hrunk ou les gens ici sur la Colline. Elle a posé deux ou trois questions intéressantes, et je me suis laissé entraîner. Et tu sais quoi ? Même maintenant… cette Pedure est intelligente et flexible. Avec du temps, je crois que j’aurais réussi à la faire changer d’avis.

Le rire sec de la générale était chargé de tristesse.

— Dieu tout-profond, tu es le dernier des imbéciles, Sherk ! Je…

Maman tendit une main pour toucher papa.

— Excuse-moi. C’est drôle, quand j’engueule mon personnel, je suis moins dure qu’avec toi.

Papa lui susurra des gentillesses, comme lorsqu’il s’adressait à Rhapsa ou à Petit-Hrunk.

— Et tu sais pourquoi, chérie. Tu m’aimes autant que toi-même. Et je sais à quel point tu es dure avec toi-même.

— À l’intérieur. En silence seulement, et à l’intérieur.

Ils ne dirent plus rien pendant un moment, et Victory Junior songea qu’elle aurait préféré perdre son pari avec Gokna. Mais lorsque maman reprit la parole, sa voix était plus normale.

— Nous avons déconné tous les deux, dans cette affaire.

Elle composa le code de sa mallette et en tira quelques documents.

— Au cours de l’année prochaine, « La Science racontée aux enfants » devait présenter l’intérêt et la possibilité d’une vie dans la Ténèbre, en parallèle avec les premiers contrats pour les grands travaux. Nous savions qu’un jour ou l’autre il y aurait des conséquences militaires, mais nous n’en attendions pas à ce stade.

— Des conséquences militaires, maintenant ?

— Des manœuvres dangereuses, en tout cas. Tu sais que cette Pedure vient de Tiefstadt.

— Bien sûr. Impossible de se tromper sur son accent.

— Sa couverture est efficace, en partie parce qu’elle correspond en gros à la réalité. L’Honorée Pedure est le numéro trois de l’Église des Ténèbres. Mais elle est aussi agent de renseignements niveau intermédiaire pour le compte d’Action de Dieu.

— La Parenté.

— Exactement. Nous sommes en relations amicales avec les Tiefs depuis la guerre, mais la Parenté est en train de changer tout cela. Elle a déjà pris le contrôle effectif de plusieurs petits États. C’est une secte officielle de l’Église, seulement…

Tout au fond du couloir, derrière la petite Victory, quelqu’un alluma la lumière dans une salle. Maman leva une main et ne bougea plus. Aïe. Peut-être avait-elle remarqué une silhouette floue, une carapace aux cannelures familières. Sans se retourner, Smith déplia un long bras en direction de l’indiscrète.

— Junior ! Ferme la porte et redescends dans ta chambre.

— Oui, maman, dit Victory d’une petite voix soumise.

Tandis qu’elle refermait la porte de service coulissante, elle entendit un dernier commentaire :

— Zut alors ! Je dépense cinquante millions par an pour la sécurité des transmissions, et ma propre fille intercepte mes conversations…

La clinique au sous-sol d’Hammerfest était pour l’heure bondée. Lors des visites précédentes de Pham, il y avait eu Trud, parfois un autre technicien, et un ou deux « patients ». Aujourd’hui… l’explosion d’une grenade aurait peut-être causé plus de tumulte chez les Focalisés, mais guère plus. Les deux appareils de RMN étaient occupés. L’un des gardiens préparait Xopi Reung pour la RMN ; la jeune femme gémissait et se débattait. Là-bas, dans un coin, Dietr Li – le physicien ? – immobilisé par des sangles, marmonnait tout seul.

Un pied passé dans un hauban de plafond, Reynolt flottait la tête en bas de manière à surveiller de près la RMN sans gêner les mouvements des techs. Elle ne se retourna pas lorsqu’ils entrèrent.

— Parfait. Induction terminée. Ne lui détachez pas les bras.

Le tech sortit son patient de la machine et le tira jusqu’au milieu de la pièce. C’était Trixia Bonsol ; elle regarda autour d’elle, manifestement sans reconnaître personne, puis son visage se décomposa dans un accès de sanglots désespérés.

— Vous l’avez déFocalisée ! cria Vinh en bousculant Trud et Trinli.

Pham s’ancra au sol et l’intercepta ; Vinh repartit en arrière et rebondit légèrement contre le mur.

Reynolt regarda dans la direction de Vinh.

— Taisez-vous ou sortez, dit-elle.

D’une main hargneuse, elle fit signe à Bil Phuong.

— Insérez le Dr Reung. Je veux…

Le reste était du jargon. Un bureaucrate ordinaire les aurait sûrement mis à la porte. Anne Reynolt se fichait pas mal de leur présence ici, tant qu’ils ne la gênaient pas dans son travail.

Silipan vint rejoindre Pham et Vinh, l’air lugubre. Il n’en menait pas large.

— Ouais, c’est ça, Vinh, tu la boucles.

Il jeta un coup d’œil à l’affichage de la RMN.

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