Le roman des châteaux de France. Tome 1
- Автор: Бенцони Жюльетта
- Серия: Любовь и замки #1
- Язык: французский
- Жанр: Исторические любовные романы
Электронная книга - «Le roman des châteaux de France. Tome 1». Краткое содержание книги:
Juliette Benzoni nous conte près de soixante-quinze des plus symboliques d'entre eux ; de Josselin à Saverne en passant par Amboise, Bellême, Blaye, Bonneval, Castries, Chambord, Château-Gaillard, Compiègne, Lunéville, Pau, Polignac, Vaux-le-Vicomte ou Uzès.
Ces hauts lieux sont tous le décor de la vie d'un personnage exceptionnel, d'une aventure incroyable, d'un événement historique de premier plan.
Pour les châteaux ouverts au public, le lecteur trouvera à la fin de chaque texte les périodes et horaires d'ouverture.
Pour ne pas mettre en danger celle qui l’abrite quand la Terreur fait rage, Condorcet quitte la rue Servandoni et erre, du côté de Clamart, à la recherche d’un asile qu’il ne trouvera pas. Arrêté sous un déguisement et emprisonné à Bourg-la-Reine, il finit par s’empoisonner dans sa prison, pour éviter l’horreur de la guillotine. C’est seulement après Thermidor que Sophie, qui a vécu comme elle pouvait en faisant de petits portraits et autres travaux de peinture, apprend la mort d’un époux qu’elle croyait jusqu’alors réfugié en Suisse.
Sa douleur est profonde et ne s’apaise que lentement. C’est à Villette qu’avec sa fille elle viendra chercher, non pas l’oubli, mais une nouvelle sérénité. Là, rien n’a vraiment changé sinon que la vie y est moins large mais la chaleur familiale est juste ce qu’il faut à la jeune femme. L’un après l’autre les anciens amis réapprendront, eux aussi, le chemin du château où vit toujours son père.
Le Directoire est là avec ses folies et son appétit de vivre et d’oublier le cauchemar. Sophie, comme les autres, se laisse emporter par le tourbillon. À nouveau, elle aime. Mais cette fois avec passion, avec folie. Malheureusement, elle aime mal. Ou plutôt, elle est mal tombée.
L’objet de son amour, Mailla-Garat, neveu du conventionnel Joseph Garat et frère du fameux chanteur, est un petit Basque maigre et brun, vif comme l’éclair et roué jusqu’à l’âme mais doué d’une faconde intarissable, d’un toupet de première grandeur et d’une paire d’yeux qui affolent les dames. Vaniteux comme un paon par-dessus le marché, il se croit des dons littéraires et pense faire carrière dans le journalisme.
Conquise dès le premier regard, Sophie s’est prise pour lui d’une passion désordonnée et ne tarde pas à devenir sa maîtresse à l’infinie stupeur de sa sœur Charlotte, de son frère et du cercle d’amis fidèles qui ne comprennent rien. Ils se hasardent alors à quelques remarques en forme de douce mise en garde.
Sophie est trop fine pour ne pas comprendre et, craignant de choquer son vieux père, elle acquiert à Meulan, non loin de Villette, les restes d’un ancien couvent qu’elle rebaptise la Maisonnette. Là elle pourra recevoir en toute liberté son Mailla bien-aimé à qui elle écrit, entre-temps, des lettres enflammées :
« Je vais aller sur cette belle terrasse par un soleil ravissant te regretter, te presser dans mon cœur. » Ou encore : « Si jamais il exista sur terre une femme à laquelle tout au monde ait donné le besoin du lien le plus intime, le plus complet, c’est moi certainement qui suis cette femme. »
Passion dépensée en pure perte. Sophie ignore que son Mailla bien-aimé la trompe abondamment et va jusqu’à amener certaines de ses conquêtes dans l’appartement que Mme de Condorcet a conservé, pour y passer les quelques semaines de l’hiver. Au nombre de celles-là se trouve, en premier plan, Aimée de Coigny, ex-duchesse de Fleury, ex-Jeune Captive du malheureux André Chénier et en passe de devenir ex-comtesse de Montrond1. C’est l’une des créatures les plus incandescentes qui se puissent rencontrer et elle est très belle. La considérant comme une amie, Sophie, en toute innocence, l’invite à la Maisonnette en compagnie de Garat. C’est là qu’un jour cruel elle apprend quel usage ces deux-là font de son hospitalité, de son amour et de son amitié. Avec beaucoup d’élégance et de magnanimité, Mme de Condorcet mettra fin à cet indigne amour.
Heureusement, un autre amour venait, un an plus tard, apaiser une blessure irritée par les procédés inqualifiables de Mailla-Garat qui n’a pas hésité à vendre à un collectionneur les lettres de Sophie. Cette fois, il s’agit du savant botaniste Claude Fauriel auprès de qui la charmante marquise de Condorcet achèvera les quelques années qui lui restent à vivre.
Elle s’éteint à Paris le dimanche 8 septembre 1822 des suites d’une cruelle maladie et repose au cimetière du Père-Lachaise.
Villette, qui avait vu les noces d’Eliza de Condorcet avec le général irlandais O’Connor, cessa d’appartenir à la famille de Grouchy en 1816 pour devenir le bien de la fille de Fouché, la comtesse de La Barthe-Thermes. Ajoutons que le château, bâti au XVIIe siècle pour le comte d’Auffray, avait été remanié plus tard par Jules Hardouin-Mansart à qui l’on doit les cascades et les bassins qui donnent tant de charme à cette belle maison d’autrefois.
Aujourd’hui, le château a été transformé en hôtel.
1- Voir Mareuil-en-Brie.
Vincennes
La mort des rois
Nous n’irons plus aux bois
Les lauriers sont coupés.