Le roman des châteaux de France. Tome 1
- Автор: Бенцони Жюльетта
- Серия: Любовь и замки #1
- Язык: французский
- Жанр: Исторические любовные романы
Электронная книга - «Le roman des châteaux de France. Tome 1». Краткое содержание книги:
Juliette Benzoni nous conte près de soixante-quinze des plus symboliques d'entre eux ; de Josselin à Saverne en passant par Amboise, Bellême, Blaye, Bonneval, Castries, Chambord, Château-Gaillard, Compiègne, Lunéville, Pau, Polignac, Vaux-le-Vicomte ou Uzès.
Ces hauts lieux sont tous le décor de la vie d'un personnage exceptionnel, d'une aventure incroyable, d'un événement historique de premier plan.
Pour les châteaux ouverts au public, le lecteur trouvera à la fin de chaque texte les périodes et horaires d'ouverture.
Mais, revenu chez lui, le luxe de sa maison lui fait soudain horreur. Il y reste quelques jours puis va se réfugier à Tours chez une vieille et chère amie, la mère Louise de la Visitation. C’est elle qui va recueillir les premiers cris de cette âme à la torture, apaiser les premiers spasmes du remords. Le remords, car la pensée de Marie, morte sans Dieu, poursuit Rancé comme un lancinant reproche. Il l’aimait, il était son amant, même si c’est l’un de ses amants qu’il faudrait dire ! Il aurait dû être là, auprès d’elle, à l’instant suprême, guider vers ses lèvres l’hostie du pardon. Mais surtout, il n’aurait jamais dû l’encourager dans les folies de sa vie, l’y suivre et, pis encore, y prendre part. Eût-il été plus attentif, plus sévère qu’il aurait pu la sauver. Mais comment se montrer sévère avec celle que l’on aime quand on est soi-même un libertin ?
Tardivement, il se souvient qu’il est homme de Dieu même s’il a tout fait pour l’oublier. Dans les cauchemars de ses nuits, il entend les cris de Marie aux prises avec l’enfer, il la voit brûler éternellement dans le feu qui ne s’éteint jamais. Alors, il comprend que le temps de la pénitence est arrivé. Revenu à Véretz, il vend ses biens, ses terres, son beau château, tout ce qui a contribué de près ou de loin à le perdre et il distribue aux pauvres l’or qu’il en tire. Il se défait aussi de ses riches bénéfices ecclésiastiques, n’en conservant qu’un seul, le moins rentable, le plus misérable : une petite abbaye aux trois quarts ruinée perdue au fond de l’humide vallon de Soligny, en Normandie : la Trappe.
C’est une sorte de désert, un bas-fond malsain d’où s’élèvent des vapeurs nocives. Là se dressent quelques bâtiments délabrés où sept religieux vivent, dans la plus totale liberté d’ailleurs, de dons, de charités. Mais assez bien au demeurant. On ne prie guère Dieu – comment le pourrait-on, l’église est croulante et la plupart des toits prennent l’eau ? Toutefois, on joue aux boules quand il fait beau et on reçoit quelques luronnes grâce auxquelles le temps passe assez agréablement.
Quand arrive l’abbé qui leur tombe dessus comme la foudre, les étranges moines doivent choisir : ou la porte avec quelques sous en poche, ou le retour au saint devoir, l’acceptation de la règle que l’abbé de Rancé apporte avec lui ! Tous choisissent le départ… après avoir tenté d’assassiner l’empêcheur de danser en rond. Alors Rancé demeure seul, tragiquement seul, jusqu’à ce qu’enfin deux religieux attirés par l’austère solitude viennent à lui.
Et l’abbaye peu à peu se relève de ses ruines, des hommes viennent, d’avance soumis à la nouvelle règle qui, en fait, est fort ancienne : c’est la plus haute, la plus dure, celle de saint Benoît, celle qui exige le silence, le travail. L’abbé de Rancé l’applique sans faiblir et, de son désert humide, de ces étangs glauques, de ces brouillards, il fait surgir un refuge pour les âmes blessées et pour celles qui, avides de Dieu, choisissent le renoncement.
« Je ne vois point d’autre porte à laquelle frapper que celle du cloître », avait-il écrit au roi en lui demandant de le confirmer comme abbé régulier de la Trappe. Peu à peu, d’ailleurs, il retrouve la paix de l’âme dans le jeûne et l’abstinence, dans l’humble travail de ses mains, dans le face-à-face perpétuel avec la tombe et son néant, dans la recherche incessante de Dieu. Des cendres de cette âme brûlée va s’allumer un phare dont les rayons s’étendront jusqu’aux confins de la chrétienté.
« Fermons les yeux, ô mon âme ! Tenons-nous si éloignés de toutes les choses de la vie que nous ne puissions ni les voir ni en être vus… » Telle était sa prière.
L’abbé de Rancé, qui avait eu pour parrain le cardinal de Richelieu, devait mourir à la Trappe le 27 octobre 1700. Le château de Véretz passait, lui, à la famille d’Aiguillon…
De nos jours, le château est devenu un très bel hôtel.
La Verrerie
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Seul le ruban qui entourait la taille de Mlle de Kéroualle reliait alors la France à l’Angleterre.