Le berceau du chat
- Автор: Воннегут Курт
- Год: 1974
- Язык: французский
- Год: J’ai lu
- Переводчик: Jacques B. Hess
- Жанр: Героическая фантастика
Электронная книга - «Le berceau du chat». Краткое содержание книги:
Il y a là « Papa » Manzano, le maître de l'île, qui inflige le supplice du croc pour un oui pour un non, sa fille adoptive, Mona, une somptueuse négresse blonde dont Jonas tombe instantanément amoureux, un prophète hors-la-loi dont chacun révère en secret les préceptes subversifs. Sans oublier les enfants Hoenikker qui pourraient bien détenir entre leurs mains innocentes la dernière invention de leur cher papa : la glace-9 dont la vertu majeure est de transformer en solide tout ce qui est liquide. De quoi déclencher un joli cataclysme…
— Est-ce que nous pouvons descendre, monsieur Knowles ? supplia Miss Faust.
— Je lui ai dit, poursuivit Knowles, ici, c’est un laboratoire de recherche. Re-chercher, ça veut bien dire chercher de nouveau, non ? Ça veut dire qu’ils cherchent de nouveau un truc qu’ils ont perdu, qui a réussi à disparaître et qu’il faut qu’ils retrouvent. Pourquoi ont-ils construit un immeuble comme celui-ci, avec des ascenseurs incassables et tout le bataclan, pourquoi y ont-ils installé tous ces cinglés ? Qu’est-ce qu’on a perdu, et qui est responsable ? Oui, oui !
— C’est très intéressant, soupira Miss Faust. Maintenant, pouvons-nous descendre ?
— C’est la seule direction possible, aboya Knowles. On est au dernier étage. Vous me demanderiez d’aller plus haut que je ne pourrais pas, même pour vous faire plaisir. Oui, oui !
— Donc, descendons, dit Miss Faust.
— Dans un instant. Monsieur est allé rendre hommage au Dr Hoenikker ?
— Oui, fis-je. Vous le connaissiez ?
— Intimement, dit-il. Vous savez ce que j’ai dit quand il est mort ?
— Non.
— J’ai dit : « Le Dr Hoenikker, il est pas mort. »
— Ah oui ?
— Il est entré dans une nouvelle dimension, c’est tout. Oui, oui !
Il appuya sur un bouton et nous descendîmes.
— Avez-vous connu les enfants Hoenikker ? lui demandai-je.
— Des morveux pleins de morve, dit-il. Oui, oui !
Les chers absents
Il y avait une dernière chose que je voulais faire à Ilium : prendre une photo de la tombe du savant. Je retournai donc à l’hôtel. Sandra n’était plus dans ma chambre. Je pris mon appareil de photo et sautai dans un taxi.
Il tombait toujours une neige mouillée, grise et acide. Je songeai qu’avec un temps pareil, la tombe du vieux ferait une bonne photo, qui pourrait peut-être même illustrer la jaquette de mon livre.
À l’entrée du cimetière, le gardien m’expliqua comment trouver la concession Hoenikker.
— Vous ne pouvez pas la rater. C’est le plus grand monument de tout le cimetière.
Il n’avait pas menti. C’était une stèle, un phallus d’albâtre de six mètres de haut sur un mètre de diamètre. Elle était gaufrée de neige fondue.
— Grand Dieu ! m’exclamai-je en riant comme je descendais de taxi avec mon appareil. Voilà qui me semble assez bien choisi pour célébrer la mémoire du père de la bombe atomique !
Je demandai au chauffeur s’il voulait bien poser à côté du monument pour donner une idée de l’échelle. Puis je lui demandai de balayer de la main un peu de neige afin qu’on puisse voir le nom du défunt.
Ce qu’il fit.
Et Dieu m’est témoin que nous vîmes apparaître sur la colonne, en lettres de quinze centimètres, l’inscription suivante :
MÈRE
Tu n’es qu’assoupie
— Mère ? fit le chauffeur, incrédule.
Je dégageai plus de neige et découvris ce poème :