Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Maupassant - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Maupassant

Электронная книга - «Maupassant». Краткое содержание книги:

Ce livre des œuvres complètes de Guy de Maupassant est exhaustif. Il réunit ses huit romans (dont deux inachevés), ses quelques 350 nouvelles réunies en 24 recueils, ses sept pièces de théâtre (dont deux inachevées), toutes ses poésies (réunies en deux volumes), ses carnets de voyages ainsi que les centaines d’articles qu’il écrivit pour la presse entre 1876 et 1891 (classées par dates de publication et par recueils annuels). Une introduction de l’éditeur explique le parcours et l’œuvre de Guy de Maupassant. Ce livre est le fruit d'une somme de travail considérable. Les quelques milliers de pages de « Maupassant : Œuvres complètes » sont réparties en 57 volumes, ayant chacun un sommaire interactif propre. Aussi, un sommaire général permet d’accéder instantanément à n'importe lequel de ses volumes, ou, au choix, à un de ses chapitres, nouvelles, contes fantastiques, poésies, articles de presse, etc. Toutes ces œuvres ont été relues, corrigées lorsque cela était nécessaire, et mises en page avec soin pour en rendre leur lecture aussi agréable que possible.
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
Перейти на страницу:

JACQUES DE RANDOL

Ma chère, en ce moment, vous êtes un dérivatif.

MADAME DE SALLUS

Mais non… mais non…

JACQUES DE RANDOL

Ma chère amie, la dernière maîtresse de votre mari était Mme de Bardane qu’il a lâchée, très cavalièrement, voici deux mois, pour faire la cour à la Santelli.

MADAME DE SALLUS

La chanteuse ?

JACQUES DE RANDOL

Oui. Une capricieuse, très habile, très rusée, très vénale, ce qui n’est pas rare au théâtre… dans le monde non plus, d’ailleurs…

MADAME DE SALLUS

C’est pour cela qu’il va sans cesse à l’Opéra !

JACQUES DE RANDOL, riant

N’en doutez pas.

MADAME DE SALLUS, songeant

Non… non, vous vous trompez.

JACQUES DE RANDOL

La Santelli résiste et l’affole. Alors, ayant le cœur plein de tendresse, sans débouché, il vous en offre une partie.

MADAME DE SALLUS

Mon cher, vous rêvez !.. S’il était amoureux de la Santelli, il ne me dirait pas qu’il m’aime… S’il était éperdument préoccupé de cette cabotine, il ne me ferait pas la cour, à moi. S’il la convoitait violemment, enfin, il ne me désirerait pas, en même temps.

JACQUES DE RANDOL

Ah ! comme vous connaissez peu certains hommes ! Ceux de la race de votre mari, quand une femme a jeté en leur cœur ce poison, l’amour, qui n’est pour eux que du désir brutal, quand cette femme leur échappe, ou leur résiste, ils ressemblent à des chiens devenus enragés. Ils vont devant eux comme des fous, comme des possédés, les bras ouverts, les lèvres tendues. Il faut qu’ils aiment n’importe qui, comme le chien ouvre la gueule et mord n’importe qui, n’importe quoi. La Santelli a déchaîné la bête et vous vous trouvez à portée de sa dent, prenez garde. Ça de l’amour ? non ; si vous voulez c’est de la rage.

MADAME DE SALLUS

Vous devenez injuste pour lui. La jalousie vous rend méchant.

JACQUES DE RANDOL

Je ne me trompe pas, soyez-en sûre.

MADAME DE SALLUS

Si, vous vous trompez. Mon mari, jadis, m’a négligée, abandonnée, me trouvant niaise, sans doute. Maintenant, il me trouve mieux et revient à moi. Rien de plus simple. Tant pis pour lui, d’ailleurs, car il ne tenait qu’à lui que je fusse une honnête femme toute ma vie.

JACQUES DE RANDOL

Madeleine !

MADAME DE SALLUS

Eh bien ! quoi ?

JACQUES DE RANDOL

Cesse-t-on d’être une honnête femme quand, rejetée par l’homme qui a pris charge de votre existence, de votre bonheur, de votre tendresse et de vos rêves, on ne se résigne pas, étant jeune, belle et pleine d’espoir, à l’éternel isolement, à l’éternel abandon ?

MADAME DE SALLUS

Je vous ai déjà dit qu’il y a des choses auxquelles il ne faut point trop penser. Celle-là est du nombre. (On entend deux coups de timbre.) C’est mon mari. Tâchez de lui plaire. Il est fort ombrageux en ce moment.

JACQUES DE RANDOL, se levant

Je préfère m’en aller. Je ne l’aime guère, votre mari, pour beaucoup de raisons. Et puis, il m’est pénible d’être gracieux pour lui, que je méprise un peu, et qui aurait le droit de me mépriser beaucoup, puisque je lui serre la main.

MADAME DE SALLUS

Je vous ai bien dit que tout cela n’est pas très propre.

SCENE II

LES MEMES ; M. DE SALLUS.

M. DE SALLUS entre, l’air maussade. Il regarde un instant sa femme et Jacques de Randol qui prend congé d’elle, puis s’avance.

JACQUES DE RANDOL

Bonjour, Sallus.

M. DE SALLUS

Bonjour, Randol. C’est moi qui vous fais fuir ?

JACQUES DE RANDOL

Non, c’est l’heure. J’ai rendez-vous au cercle, à minuit, et il est onze heures cinquante. (Ils se serrent la main.) Vous verra-t-on à la première de Mahomet ?

M. DE SALLUS

Oui, sans doute.

JACQUES DE RANDOL

On dit que ce sera un grand succès.

M. DE SALLUS

Oui, sans doute.

JACQUES DE RANDOL, lui serrant de nouveau la main

A bientôt.

M. DE SALLUS

A bientôt.

JACQUES DE RANDOL

Adieu, Madame.

MADAME DE SALLUS

Adieu, Monsieur.

SCENE III

MONSIEUE DE SALLUS ; MADAME DE SALLUS

M. DE SALLUS, se jetant dans un fauteuil

Il est ici depuis longtemps, M. Jacques de Randol ?

MADAME DE SALLUS

Mais non… depuis une demi-heure, environ.

M. DE SALLUS

Une demi-heure, plus une heure, cela fait une heure et demie. Le temps vous semble court avec lui.

MADAME DE SALLUS

Comment, une heure et demie ?

M. DE SALLUS

Oui. Comme j’ai vu devant la porte une voiture, j’ai demandé au valet de pied : « Qui est ici ? » il m’a répondu : « M. de Randol. » — « Il y a longtemps qu’il est arrivé ? » — « Il était dix heures, Monsieur. » En admettant que cet homme se soit trompé d’un quart d’heure à votre avantage, cela fait une heure quarante, au minimum.

MADAME DE SALLUS

Ah çà ! qu’est-ce que vous avez ? Je n’ai plus le droit de recevoir qui bon me semble maintenant ?

M. DE SALLUS

Oh ! ma chère, je ne vous opprime en rien, en rien, en rien. Je m’étonne seulement que vous puissiez confondre une demi-heure avec une heure et demie.

MADAME DE SALLUS

Est-ce une scène que vous voulez ? Si vous me cherchez querelle, dites-le. Je saurai quoi vous répondre. Si vous ôtes simplement de mauvaise humeur, allez vous coucher, et dormez, si vous pouvez.

M. DE SALLUS

Je ne vous cherche pas querelle, et je ne suis pas de mauvaise humeur. Je constate seulement que le temps vous semble très court, quand vous le passez avec M. Jacques de Randol.

MADAME DE SALLUS

Oui, très court, beaucoup plus court qu’avec vous.

M. DE SALLUS

C’est un homme charmant et je comprends qu’il vous plaise. Vous semblez d’ailleurs lui plaire aussi beaucoup, puisqu’il vient presque tous les jours.

MADAME DE SALLUS

Ce genre d’hostilité ne me va pas du tout, mon cher, et je vous prie de vous exprimer et de vous expliquer clairement. Donc, vous me faites une scène de jalousie ?

M. DE SALLUS

Dieu m’en garde ! J’ai trop de confiance en vous et trop de respect pour vous, pour vous adresser un reproche quelconque. Et je sais que vous avez assez de tact pour ne jamais donner prise à la calomnie… ou à la médisance.

MADAME DE SALLUS

Ne jouons pas sur les mots. Vous trouvez que M. de Randol vient trop souvent dans cette maison… dans votre maison ?

M. DE SALLUS

Je ne puis rien trouver mauvais de ce que vous faites.

MADAME DE SALLUS

Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)