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Maupassant

Электронная книга - «Maupassant». Краткое содержание книги:

Ce livre des œuvres complètes de Guy de Maupassant est exhaustif. Il réunit ses huit romans (dont deux inachevés), ses quelques 350 nouvelles réunies en 24 recueils, ses sept pièces de théâtre (dont deux inachevées), toutes ses poésies (réunies en deux volumes), ses carnets de voyages ainsi que les centaines d’articles qu’il écrivit pour la presse entre 1876 et 1891 (classées par dates de publication et par recueils annuels). Une introduction de l’éditeur explique le parcours et l’œuvre de Guy de Maupassant. Ce livre est le fruit d'une somme de travail considérable. Les quelques milliers de pages de « Maupassant : Œuvres complètes » sont réparties en 57 volumes, ayant chacun un sommaire interactif propre. Aussi, un sommaire général permet d’accéder instantanément à n'importe lequel de ses volumes, ou, au choix, à un de ses chapitres, nouvelles, contes fantastiques, poésies, articles de presse, etc. Toutes ces œuvres ont été relues, corrigées lorsque cela était nécessaire, et mises en page avec soin pour en rendre leur lecture aussi agréable que possible.
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
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JEANNE DE BLOIS

Nous n’avons jamais peur, madame, car nous sommes Bien gardée au milieu de tous ces gentilshommes.

Les désignant :

Messieurs de Saint-Venant et de Montmorency, Les maréchaux de France. Et monsieur de Coucy, Qui tua vingt Anglais en un seul jour. Le sire De Sully. Si grande est la terreur qu’il inspire Que l’ennemi se cache en entendant son nom. Le comte de Ponthieu, le sire de Craon, Nobles autant que preux. Puis, sous cette cuirasse, Est un jeune écuyer de bonne et vieille race Qui s’appelle Bertrand Duguesclin. Devant lui, Tout homme qui veut vivre un jour de plus s’enfuit. Tout à l’heure, il a fait si féroce tuerie D’ennemis, qu’il semblait quelque diable en furie. Il était au milieu d’une,plaine de morts Quand le chef des Anglais l’attaqua corps à corps. C’est un certain Romas, de gentille figure, Auquel sied mieux habit brodé que lourde armure. Or, messire Bertrand, l’ayant pris par le bras, L’enleva de cheval et puis le jeta bas. Même, si les Anglais n’étaient venus en nombre, Il l’envoyait du coup dans le royaume sombre. Ah ! messire Bertrand, l’on parlera de vous Sur terre et je plains ceux qui recevront vos coups.

LA COMTESSE, avec émotion.

Ce… Romas… n’est point mort, cependant ?

JEANNE DE BLOIS

Pas encore, Mais n’en vaut guère mieux, car demain, dès l’aurore, Il doit se battre avec notre ami Duguesclin. Celui-ci, qui n’est guère à la clémence enclin, Jure de ne manger pain de froment ou d’orge Avant de lui passer son épée en la gorge.

LA COMTESSE, avec un accent particulier.

Ah !.. nous verrons cela.

JEANNE DE BLOIS

Certes, nous le verrons, Comtesse, et comme il sied que tous les nobles fronts Soient payés de baisers venus de nobles bouches, A nous de lui donner…

La comtesse fait un mouvement brusque.

Quoi ? ses grâces farouches Vous font peur ? J’aime mieux un visage un peu noir Qu’un autre qui, trop blanc, s’admire en un miroir. Je préfère, en un mot, le fond à la surface, Et la beauté du cœur à celle de la face. S’il ne vaut point en grâce un frêle adolescent, En courage, du moins, comtesse, il en vaut cent. Vous le verrez demain, du reste, dans l’arène. Mais je me sens ce soir un appétit de reine Qui passe tout le jour à courir le chemin, Conquérant son royaume, une épée à la main. Avez-vous faim, messieurs ? Eh bien ! suivez Penthièvre Avec l’espoir au cœur et la joie à la lèvre, Car tout bon chevalier a droit d’être content Quand il sait qu’à la porte un ennemi l’attend.

Tous sortent, seul Valderose qui s’avance sur le devant de la scène, et Suzanne d’Églou qui, restée la dernière, s’arrête au moment de sortir et regarde Valderose qui ne la voit pas.

SCENE XI

VALDEROSE ; SUZANNE D’ÉGLOU.

JACQUES DE VALDEROSE

Voilà donc ce qui reste après tant d’espérances ! Le bonheur le plus court est suivi de souffrances Où tout ce qu’on rêvait s’abîme et disparaît. Oh ! que faire ? que faire ?… Un crime… je suis prêt. J’ai des rages de bête et des forces d’Hercule. Oui, je suis prêt à tout… n’aime pas qui recule.

Étreignant sa poitrine de ses des mains.

A-t-on jamais souffert comme je souffre ici, Aimé comme je l’aime ?

SUZANNE D’ÉGLOU, sans changer de place.

Oui, c’est toujours ainsi. Une meule est égale à tout grain qu’elle broie, Et ce que notre cœur peut enfermer de joie N’est rien près de ce qu’il peut tenir de douleurs.

JACQUES DE VALDEROSE, courant à elle et lui pressant les mains malgré elle.

Ô vous, secourez-moi, plaignez-moi ! les malheurs, Près de vous, font couler des larmes moins amères, Femmes ! vous consolez, vous êtes les chimères Qui soutenez nos cœurs. Secourez-moi. Vos mains Sont des caresses d’ange aux désespoirs humains. Vos regards endormeurs apaisent sans secousses La chair qui crie ; et vos paroles sont si douces Qu’on voudrait se coucher dessus. Oh ! c’est un coup Terrible, car je l’aime, allez, ainsi qu’un fou. Je l’aime à me tuer, même à tuer un homme S’il le faut.

SUZANNE D’ÉGLOU, très émue et très pâle.

Taisez-vous.

JACQUES DE VALDEROSE

Certes, je l’aime comme On n’a jamais aimé.

SUZANNE D’ÉGLOU, lui mettant une main sur la bouche et cherchant à se dégager et à s’enfuir.

Taisez-vous donc !

JACQUES DE VALDEROSE

Je sens Ce vide que me font tous mes espoirs absents.

SUZANNE D’ÉGLOU, suffoquant de douleur.

Moi, moi, j’entends cela, mais taisez-vous !

JACQUES DE VALDEROSE

Qu’importe ! Ayez pitié : je suis si faible et vous si forte.

SUZANNE D’ÉGLOU, éperdue et se débattant pendant que Valderose à genoux lui serre les mains.

Mais il ne comprend pas !

JACQUES DE VALDEROSE

Si vous m’abandonnez, Je n’ai plus qu’à mourir ; secourez-moi ; tenez, Je sens que j’ai touché votre cœur doux et tendre. Oh ! grâce !

SUZANNE D’ÉGLOU, se dégageant désespérément.

Laissez-moi. Je ne puis vous entendre.
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