Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
Il semblait aussi y avoir un certain nombre de chauve-souris volant autour de la pièce.
C'était là, noteraient les futurs historiens - si tout ce projet devait un jour produire quelque chose de valeur - que l'étude scientifique de la magie avait commencé, avec deux jeunes élèves de Poudlard en première année.
Harry James Potter-Evans-Verres, théoricien.
Et Hermione Jean Granger, expérimentatrice et cobaye.
Harry se débrouillait maintenant mieux en classe, du moins dans les cours qu'il considérait être intéressants. Il avait lu plus de livres, et pas seulement des livres pour enfants de onze ans. Il avait pratiqué la métamorphose encore et encore tous les jours pendant l'une de ses heures supplémentaires, utilisant l'autre heure pour commencer l'Occlumancie. Il prenait les classes qui le méritaient au sérieux, ne se contentant pas de rendre ses devoirs tous les jours, mais utilisant son temps libre pour apprendre plus qu'il n'était requis, pour lire d'autres livres en plus des manuels fournis, pas seulement avec l'espoir de mémoriser quelques réponses de contrôles, mais avec celui de maîtriser le sujet et d'exceller. On ne voyait pas beaucoup ça en dehors de Serdaigle. Et même à Serdaigle, ses seuls véritables concurrents étaient Padma Patil (dont les parents venaient d'une culture non anglophone et qui avait par conséquent été élevée dans une véritable éthique du travail), Anthony Goldstein (venu d'un groupe ethnique particulier qui gagnait 25% des prix Nobel), et bien sûr, marchant à grandes enjambées au-dessus de tout le monde, telle un Titan qui flânerait à travers une meute de bébés chiens, Hermione Granger.
Pour réaliser cette expérience particulière, il fallait que le sujet apprenne seize nouveaux sorts, seul, sans aide ni correction. Ce qui voulait dire que le sujet était Hermione. Point.
Il faudrait maintenant mentionner que les chauve-souris volant autour de la pièce ne luisaient pas.
Harry avait du mal à accepter les implications de ce fait.
"Oogely boogely !" dit à nouveau Hermione.
À nouveau, au bout de la baguette de Hermione, il y eut l'apparition abrupte et sans transition d'une chauve-souris. Un instant, air. L'instant suivant, chauve-souris. Ses ailes semblaient déjà bouger au moment où elle apparut.
Et elle ne luisait toujours pas.
"Je peux m'arrêter maintenant ?" dit Hermione.
"Es-tu certaine," dit Harry à travers ce qui semblait être un pavé coincé dans sa gorge, "que tu ne pourrais pas les faire luire, avec un peu plus de pratique ?" Il violait la procédure expérimentale qu'il avait écrite à l'avance, ce qui était un péché, et il la violait parce qu'il n'aimait pas les résultats qu'il obtenait, ce qui était un péché mortel, vous pouviez aller en Enfer de la Science pour ça, mais de toute façon ça ne semblait pas avoir d'importance.
"Tu as changé quoi cette fois-ci ?" dit Hermione d'un ton un peu las.
"La durée des sons oo, eh et ee. C'est censé être 3 pour 2 pour 2, pas 3 pour 1 pour 1."
"Oogely boogely !" dit Hermione.
La chauve-souris se matérialisa avec une seule aile et tourbillonna de façon pathétique jusqu'au sol, puis s'effondra sur la pierre grise en décrivant un arc de cercle.
"Et en vrai c'est quoi ?" dit Hermione.
"3 pour 2 pour 1."
"Oogely boogely !"
Cette fois la chauve-souris n'avait pas d'ailes du tout et tomba comme une souris morte en faisant un "plop".
"3 pour 1 pour 2."
Et oh la chauve-souris se matérialisa bien, et elle vola immédiatement vers le plafond, en bonne santé et luisant d'un vert vif.
Hermione hocha la tête avec satisfaction. "D'accord, quoi ensuite ?"
Il y eut une longue pause.
"Vraiment ? On doit vraiment dire Oogely boogely, avec les durées des sons oo, eh et ee ayant un rapport de 3 pour 1 pour 2, ou la chauve-souris ne luira pas ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pour l'amour de tout ce qui est sacré, pourquoi ?"
"Pourquoi pas ?"
"AAAAAAAAARRRRRRGHHHH!"
Bam. Bam. Bam.
Harry avait réfléchi à la nature de la magie pendant un moment, puis il avait conçu une série d'expériences basées sur la théorie que quasiment tout ce que les sorciers croyaient au sujet de la magie était faux.
On ne pouvait pas vraiment avoir besoin de dire 'Wingardium Leviosa' exactement comme il le fallait pour pouvoir faire léviter quelque chose, parce que, franchement, 'Wingardium Leviosa' ? L'univers allait vérifier que vous aviez dit 'Wingardium Leviosa' exactement comme il le fallait et sinon il ne ferait pas voler la plume ?
Non. Évidemment que non, une fois que vous y réfléchissiez sérieusement. Quelqu'un, très probablement un enfant en maternelle, mais en tout cas un utilisateur anglophone de la magie qui pensait que 'Wingardium Leviosa' sonnait voletant et flottillant, avait initialement prononcé ces mots en jetant le sort pour la première fois. Puis il ou elle avait dit à tout le monde que c'était nécessaire.
Mais (s'était dit Harry) ça ne devait pas forcément être fait comme ça, ce n'était pas propre à l'univers, c'était propre à nous.
Il y avait une vieille histoire transmise de scientifique à scientifique, un conte moral, l'histoire de Blondlot et des rayons N.
Peu après la découverte des rayons X, un éminent physicien nommé Prosper-René Blondlot - qui avait été le premier à mesurer la vitesse des ondes radio et à montrer qu'elles se propageaient à la vitesse de la lumière - avait annoncé la découverte d'un phénomène nouveau et incroyable, les rayons N, qui provoqueraient le léger éclaircissement d'un écran. Il fallait se concentrer pour le voir, mais c'était là. Les rayons N avaient plein de propriétés intéressantes. Ils étaient courbés par l'aluminium et pouvaient être concentrés par un prisme en aluminium pour venir frapper un fil de sulfure de cadmium, qui luirait alors légèrement dans le noir...
Bientôt, des dizaines de scientifiques avaient confirmé les résultats de Blondlot, en particulier en France.
Mais il y avait encore d'autres scientifiques, en Angleterre et en Allemagne, qui disaient qu'ils n'étaient pas tout à fait certains d'avoir vu cette légère lueur.
Blondlot avait dit qu'ils avaient probablement mal mis en place la machinerie.
Un jour Blondlot avait donné une démonstration des rayons N. Les lumières avaient été éteintes, et son assistant avait annoncé les éclaircissements et les assombrissements tandis que Blondlot faisait ses manipulations.
Ça avait été une démonstration normale, tous les résultats étant ceux attendus.
Même si un scientifique américain nommé Robert Wood avait discrètement volé le prisme en aluminium du centre du mécanisme de Blondlot.
Et ça avait été la fin des rayons N.
La réalité, avait un jour dit Philip K. Dick, c'est ce qui refuse de disparaître quand on cesse d'y croire.
Rétrospectivement, le péché de Blondlot avait été évident. Il n'aurait pas dû dire à son assistant ce qu'il faisait. Avant de lui demander de décrire la clarté de l'écran, Blondlot aurait dû s'assurer que l'assistant ne savait ni ce qu'il essayait ni quand il l'essayait. Ça aurait pu être aussi simple que ça.
De nos jours on appelait ça "en aveugle", et c'était une des choses que les scientifiques modernes considéraient comme acquises. Si vous faisiez une expérience de psychologie pour voir si les gens se mettaient plus en colère quand on les frappait sur la tête avec des matraques rouges qu'avec des matraques vertes, vous n'aviez pas le droit de regarder les sujets vous-même et de décider à quel point ils étaient "en colère". Vous prendriez des photos d'eux après qu'ils aient été frappés par la matraque, et vous enverriez les photos à un panel d'évaluateurs, qui noteraient sur une échelle de 1 à 10 à quel point chaque personne paraissait être en colère, évidemment sans savoir avec quelle couleur de matraque ils s'étaient fait frapper. Il n'y avait en effet absolument aucune bonne raison de dire sur quoi portait l'expérience. Vous ne diriez certainement pas aux sujets de l'expérience que vous pensiez qu'ils devraient être plus en colère s'ils étaient frappés par des matraques rouges. Vous leur offririez juste 20 livres sterling, les attireriez dans une pièce, les frapperiez avec une matraque d'une couleur bien sûr aléatoirement choisie et vous prendriez une photo. En fait, le frappage-par-matraque et la prise de photo seraient faits par un assistant qui n'avait pas entendu parler de l'hypothèse, comme ça, il n'aurait pas l'air de s'attendre à quelque chose, il ne frapperait pas plus fort, et il ne prendrait pas la photo pile au bon moment.