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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Vaurainin, et que nous fûmes rencontrées par ce bon vieillard de cent ans, qui avait connu votre bon père tout petit garçon? Il ne nous connaissait pas! Et pourtant il s’arrêta pour nous regarder toutes, et il dit: «je ne sais pas! mais il semble que ces traits-là de visage ne me sont pas étrangers, et si pourtant je ne les ai jamais vus? mais je m’en rappelle de pareils, qui florissaient il y a soixante ans, dans Magdelon R**, la plus séante et la meilleure, comme la plus jolie des filles de Nitry (et c’était votre bonne tante, aînée de votre père): je gagerais que voilà sa nièce? (Vous montrant.) Oh! que vous avez de gentillesse, aimable et revenante fille! Et je crois bien que vous avez l’âme de celle que vous représentez qui était si bonne, si douce, si pieuse, si parfaite en modestie et retenue, que le pasteur l’en a citée, à l’honneur et gloire de Dieu et de ses parents; oui, voilà sa modestie, et son regard gracieusement baissé. Dieu vous bénisse, belle et modeste fille, dont la vue réjouit et enlève l’âme vers le bon Dieu; soignez bien cette belle et gracieuse image, qu’il a mise dans votre agréable tête, pour la faire servir à sa gloire, et au bonheur d’un de ses enfants, qu’il vous garde en sa toute bonté: car il se complaît dans si joli chef-d’œuvre de ses divines mains. Et il vous donna sa bénédiction, que Dieu veuille ratifier. Vous étiez un peu brune pourtant, et si vous voyez que vous n’en étiez pas moins agréable. Quant à vos sœurs, il les loua toutes, et les reconnut, mais il les loua moins que vous; et il voulut bien faire à moi quelque attention, dont je conserverai toute ma vie le souvenir: car il avait aussi connu mon père tout enfant. Quant à ce qui est de votre parure, encore que mon mari ait froncé le sourcil à cet endroit, si est-ce que je pense qu’il faut que vous soyez comme on est à la ville, et je crois que mon mari, votre frère, n’a repris, par son air, que le ton avec lequel vous en parlez. Pardon, chère sœur, si je vous parle moi-même avec tant de liberté! mais voilà des choses qui sont moins de moi que de votre digne frère, et même de votre bonne mère qui, toute indulgente qu’elle est, a pourtant quelques craintes pour vous. Mais à tout prendre, dans ce que vous m’écrivez, nos chers parents sont heureux de n’avoir que de si petits sujets de remontrances; et moi, à part, j’en félicite leurs bons et tendres cœurs. Quant à ce qui est des partis, c’est là le point important, et mon mari a encore froncé là le sourcil; mais votre bonne mère en a tressauté d’aise; et elle m’a dit: «Fanchon, ma chère fille et bru, je n’ai aucune inquiétude, quoique votre mari en ait; car d’abord, je connais Ursule, comme elle est bien craignant Dieu; et ensuite je sais en quelles mains qu’elle est, et que c’est dans celles de la sagesse même; et quant à ce qui est de sa nouvelle belle-sœur, tout un chacun en dit du bien à c’t’heure: par ainsi, ma chère fille, Dieu lui pardonnera, et elle fera une bonne femme, incapable de mauvais exemple; et puis Ursule est prévenue: que je serais joyeuse, de voir quelqu’un de mes pauvres enfants, filles et garçons, bien établis à la ville, pour, en cas d’affaires ici, avoir quelqu’un à nous, et à tous vous autres, qui nous serve et nous recommande! car les pauvres villageois sans connaissances sont bien malmenés!» Vous voyez, chère sœur, comme elle pense, et c’est d’après ces vues, bien d’une bonne mère, qu’il faut envisager tout établissement et toute inclination. En voilà bien, ma chère aimée sœur! et je ne veux pas finir en vous avec toi, ma très chère Ursule, que j’aime si tendrement. Je t’embrasse, et te souhaite, outre mille et mille biens, le souvenir de ton attachée à jamais sans diminution.

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