La Puce à l'oreille [Anthologie des expressions populaires avec leur origine]
- Автор: Duneton Claude
- Год: 2010
- Язык: французский
- Год: Éditions Livre de Poche
- ISBN: 978-2253027041
- Жанр: Лингвистика
Электронная книга - «La Puce à l'oreille [Anthologie des expressions populaires avec leur origine]». Краткое содержание книги:
Pourquoi dit-on lorsqu'on ne sent pas bien, qu'on n'est pas dans son assiette, ou au contraire qu'on reprend du poil de la bête si l'on va mieux ? Pourquoi passer l'arme à gauche veut-il dire « mourir » et mettre à gauche « faire des économies » ?…
Ce livre a pour objet de répondre à toutes ces questions. Ce n'est pas un dictionnaire mais un récit, écrit à la première personne par un écrivain fouineur, sensible à l'originalité du langage.
Un récit alerte, souvent drôle, qui mêle l'érudition au calembour, mené à la manière d'une enquête policière et qui aiguillonne à vif la curiosité du lecteur.
Claude Duneton
La Puce à l'oreille
Anthologie des expressions populaires avec leur origine
Je dédie ce livre à l’inconnu qui, un soir de juillet 1917, à la cafétéria d’un supermarché de la banlieue Sud, alors que, les yeux un peu vagues, je rêvassais à la composition de ces pages, m’a pris pour un paumé, et, avec beaucoup de délicatesse, m’a donné dix francs.
Je ne lui avais pas parlé ; j’avais simplement expliqué à son petit garçon que les corbeaux qui évoluaient au bord de la piste de l’aéroport étaient les petits du Boeing 707 qui venait d’atterrir.
Il faut toujours dire de jolies choses aux petits garçons.
Préface
de la nouvelle édition
La première édition de La Puce à l’oreille parut il y a sept ans. Les lecteurs firent au livre un accueil chaleureux, parfois enthousiaste, témoignant leur goût profond pour les saveurs du langage dans ce qu’il a de plus vivant et imagé, les expressions figurées et populaires. Je les en remercie.
Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. J’ai continué mes enquêtes et mes déambulations dans les dédales de la langue ancienne, au point d’être souvent submergé ; mais, toujours au prix d’une grande vigilance, j’ai réussi à ne pas m’embourber entièrement dans ce que je nommais un marécage. J’ai dépouillé des centaines de textes, j’ai consulté des dizaines d’ouvrages que je n’avais pas à ma disposition il y a sept ans. J’ai accumulé une documentation, donc, infiniment plus riche et plus solide que celle où je puisais alors. Chemin faisant, je me suis forgé aussi une méthode, je dois le dire, plus rigoureuse que celle que j’avais conçue à mes débuts dans l’ardeur et l’excitation de la chasse aux mots. Je me suis endurci.
J’ai été aidé ; en tout premier lieu par les lecteurs eux-mêmes. Un abondant courrier m’a permis de glaner ici et là des informations souvent précieuses, parfois décisives quant à la datation et l’origine de certaines expressions modernes, dont je fais état dans cette nouvelle version. D’autre part, plusieurs livres récents m’ont fourni matière à collecte et à réflexion, en particulier je me dois de citer l’important Dictionnaire des Expressions et Locutions figurées, d’Alain Rey et Sophie Chantreau, paru en 1979, et surtout le remarquable Dictionnaire du Français Non Conventionnel (D.F.N.C.) de Jacques Cellard et Alain Rey, en 1982, fort bien documenté, et précieux pour l’étude de tout ce qui concerne le langage populaire contemporain.
J’ai donc profité de cette nouvelle édition pour revoir et augmenter La Puce à l’oreille. Je me suis appliqué à corriger quelques inexactitudes, modifier des hypothèses trop hâtives, ou au contraire approfondir celles qui m’apparaissent les plus solides à la lumière de mes connaissances actuelles. Je ne suis pas mécontent d’avoir pu étayer certaines de mes intuitions d’il y a sept ans, en particulier d’avoir élucidé, je crois bien, le mystère du séculaire et primesautier Coq-à-l’âne. J’ai aussi entièrement refondu certains chapitres, ajoutant une centaine d’expressions qui m’ont paru amusantes à fouiller — je ne pouvais, pour l’heure, faire davantage.
Enfin, j’ai peut-être commis derechef quelques bévues dans le remaniement de ce livre ; c’est le risque ! Et qui craint les feuilles, n’aille pas au bois… J’espère au moins qu’on trouvera plaisir à cette nouvelle mouture, et que mon livre, encore, n’est pas piqué des vers.