Black-out
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Brangelonne
- ISBN: 978-2-35294-594-9
- Переводчик: Joelle Wintrebert
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Black-out». Краткое содержание книги:
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein cœur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?
Ce que j’aurais su si j’avais eu le temps de me préparer convenablement pour cette époque.
Cependant, si elle n’était pas bonne sœur, cet établissement n’était pas un couvent, et la théorie qu’il avait échafaudée pour justifier l’absence de l’équipe de récupération s’effondrait. Alors, où étaient-ils ? Ils auraient dû arriver depuis longtemps.
À moins qu’ils n’existent pas. À moins que le filet n’ait pas fonctionné correctement et l’ait envoyé à un endroit où il n’aurait pas dû se rendre et où il avait altéré le cours des événements. Il avait fait bien plus que dégager l’hélice. Il avait piloté le capitaine autour d’un voilier coulé, il avait aidé des marins à monter par-dessus bord, il avait hissé un chien sur le pont. Et dans un système chaotique, toute action, même la plus infime, pouvait affecter…
— Sœur Carmody ! cria-t-il, bataillant pour s’asseoir. Sœur Carmody !
— Qu’y a-t-il ? demanda Fordham, alarmé. Quelque chose ne va pas ?
— Je dois voir un journal ! Sur-le-champ !
— J’ai le Herald d’hier. Ça vous ira ?
— Oui.
— Le problème, c’est de vous le passer. Je ne réussirai pas à tendre le bras assez loin, je suis désolé. Vous croyez pouvoir vous lever ?
Il le faut.
Mais quand Mike essaya de s’asseoir, une vague brûlante puis glacée, suivie de nausées, le submergea, et il dut se rallonger pour ne pas vomir.
— Je peux vous le lire, si vous voulez, proposa Fordham.
— Merci.
Le garçon tapota son lit autour de lui pour trouver le quotidien et le cala contre son bras en élévation.
— Voyons. Un pasteur à Tunbridge Wells a fait sonner les cloches de son église en violation du décret officiel qui interdit de les activer autrement qu’en cas d’invasion…
Voilà pourquoi je ne pouvais pas entendre les cloches pendant ma nuit sur la plage.
— … et il a dû payer une amende d’une livre dix. La collecte pour les Spitfire de lord Beaverbrook a obtenu un succès dépassant toute espérance. Ils ont amassé cinq tonnes rien qu’en casseroles d’aluminium. Sir Godfrey Kingsman répète une nouvelle mise en scène du Roi Lear au…
— Il n’y a rien sur la guerre ?
— La guerre… Voyons…, marmonna Fordham. Un ballon de barrage a cassé ses amarres et dérivé jusqu’à la flèche de l’église de Saint Albans. Il a brisé quelques ardoises.
— Je voulais dire des nouvelles sur le déroulement de la guerre.
— Ça va mal. Comme d’habitude. Les Italiens ont bombardé l’une de nos bases en Égypte…
En Égypte ? La Grande-Bretagne était-elle en Égypte en août ? Il n’avait pas assez étudié la guerre en Afrique du Nord pour en connaître le cheminement.
— Que disent-ils sur… ?
Il hésita. L’appelaient-ils déjà la bataille d’Angleterre ?
— … la guerre de l’air ?
Fordham hocha la tête.
— Les Allemands ont attaqué l’un de nos convois hier, et la RAF a abattu seize de leurs avions. Nous en avons perdu sept.
Il tourna la page dans un bruissement de feuilles.
— Mon Dieu, le Premier ministre !
— Quoi, le Premier ministre ? demanda Mike d’un ton brusque.
Seigneur ! et si quelque chose était arrivé à Churchill ? L’Angleterre n’aurait jamais gagné la guerre sans lui. S’il avait été tué…
— Il a une tête épouvantable sur cette photographie. Il est en train de rejeter la dernière proposition de paix des Allemands, mais il ressemble à un pudding à la graisse de bœuf !
Mike lâcha l’expiration qu’il avait suspendue. L’Angleterre refusait toujours de se rendre, la RAF avait encore le dessus sur la Luftwaffe, et Churchill allait bien.
Fordham avait terminé la lecture des nouvelles et s’attaquait aux petites annonces :
— Cherche à savoir où est soldat Derek Huntsford, pas vu depuis Dunkerque, merci de contacter M. et Mme J. Huntsford, Chifford, Devon.
Fordham secoua la tête.
— Il n’aura pas réussi à rentrer. Il n’a pas eu autant de chance que vous, pauvre type.
De la chance ? Au moins, il n’avait pas modifié le cours des événements. Et la guerre était toujours sur ses rails.
Fordham lisait une autre annonce.
— À louer, maison de campagne dans le Kent. Emplacement calme…
Calme…, sourit Mike, et il s’endormit.
Le hurlement en montagnes russes des sirènes le tira brusquement du sommeil. Ainsi que des vociférations. L’un des patients, en pyjama, pieds nus, agitait une lampe de poche en tous sens à travers la salle obscure.
— Réveillez-vous ! criait-il, braquant le faisceau de lumière droit sur le visage de Mike. Ils sont là !
— Qui est là ? demanda Mike, qui essayait de protéger ses yeux de la lumière aveuglante.
— Les Allemands, ils nous ont envahis ! Je viens de l’entendre à la radio. Ils arrivent par la Tamise !
Warwickshire, août 1940
Je ne panique pas. Je ne bouge pas. Je me dis : Nos gars s’occuperont d’eux. Je ne me dis pas : Je dois partir d’ici.