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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Ce matin, je ne. sais pourquoi ces trois hommes m’ont tourmentée successivement… Que voulais-tu que je fisse?… J’hésitais cependant, quand j’ai entendu: «Hâte-toi de jouir!» Je ne sais d’où cela venait; mais j’ai pris le hasard au mot.

Un instant après, le marquis est entré; le financier le suivait, et l’italien s’est fait annoncer: me voyant cette cour, je me suis assise sur le trône du plaisir, et je leur ai ordonné à tous de me divertir. Ils ont obéi. Mais si tu avais vu le marquis! quel regard!… Il n’a pu y tenir. Il a rencontré Edmond en sortant: il s’est plaint; et mon frère, instruit de ce qui venait de précéder avec mes maîtres, m’a fait des remontrances, des reproches… Je cherchais à lui répondre que c’était mon plaisir, que je l’avais voulu: mais il avait l’air si bon, tout en me grondant que je n’ai pas osé le mortifier. Je lui ai répondu par un aveu, ajoutant qu’il me fallait bien quelque dédommagement pour mes sacrifices; que je n’avais écouté le marquis que par complaisance; que je pouvais aussi quelquefois suivre mon goût, et accorder des faveurs dont on n’eût obligation qu’à moi seule; qu’au reste, si mes maîtres lui déplaisaient, il pouvait les empêcher de parvenir jusqu’à moi; que de ce côté-là, je n’avais rien à lui refuser. J’ai encore donné quelques autres raisons, qu’il est inutile de rapporter. Edmond avait je ne sais quoi dans les yeux: mes défenses l’ont singulièrement affecté!

Je reçois à l’instant une lettre de Gaudet. Il paraît que mon frère lui a écrit ses sujets de plainte! Il s’adresse bien, n’est-ce pas? Voyons…

Ah! je meurs d’envie de rire! Comment! comment! tu fais de ces aveux-là! et tu les fais à l’homme… Oh! pour le coup, petite cousine, la tête t’a tourné!… Gage que tu m’as craint?… Enfant! je t’aurais trahie! va, jamais pour un homme, quel qu’il soit, je ne trahirais ma plus grande ennemie. Je t’envoie la lettre; mais tu me la rendras. Tout ouvert entre nous, et le cœur sur la main: pour les hommes… c’est bien assez de ce que nous leur donnons: d’ailleurs, c’est tout ce qu’ils demandent. Ah! sont-ils dignes de notre cœur et de notre amitié?

Ainsi, ma chère Laure, nous voilà au pair, et c’est le vrai motif de ma réconciliation, comme je te l’ai dit en commençant.

Lettre 111. Réponse.

[Comme les femmes courent vite dans la carrière du vice,

dès qu’elles y sont entrées!].

12 mai.

Gaudet vient d’arriver. Prépare tes oreilles, ton cœur, et ton corbillon; les premières pour l’entendre, le second pour l’aimer, le troisième pour recevoir je ne sais combien des plus beaux fruits du jardin des (…). Je lui ai fait lire ta lettre. Il paraissait en extase, et en l’achevant, il s’est levé dans une sorte de transport, prononçant des mots que je n’ai pas trop bien entendus. Il brûle de te voir; il n’est pas encore débotté, et il voulait t’écrire; je lui en évite la peine. Marque-nous s’il peut t’aller voir sur-le-champ? Il serait charmé de te parler en particulier, avant de voir ton frère.

Autre nouvelle: la belle dame voulait partir; elle y était décidée. Un je ne sais quel sentiment de componction l’en a empêchée. C’est dommage! elle est charmante! nous l’aurions mise à l’unisson, ainsi que sa petite bégueule de Fanchette, que je hais de tout mon cœur. Parbleu! Edmond qui sait si bien forcer les filles innocentes, est un grand sot, de n’avoir pas encore rangé celle-là! Est-ce que je n’avais pas autant de défense qu’elle? là, voyons? Il est clair qu’Edmond est un imbécile. Je finis par là car je lui en veux horriblement.

Réponse par le porteur.

Réponse.

Oui.

Lettre 112. Ursule, à Laure.

[Écarts effroyables de la pauvre infortunée.].

Un mois après la précédente.

Une jolie vie, ma mignonne!… En vérité, nous sommes de vraies libertines!… Heureusement il est parti! Mais ce pauvre marquis! il ne savait en vérité comment prendre la chose! Je lui rétorquais ses arguments d’autrefois; puis je riais comme une folle: il ne savait si cela était sérieux, ou un simple badinage. Edmond était plus instruit; mais il n’osait parler. Ton conseil a été excellent! je lui ai fermé la bouche. Que j’aurais ici une belle Relation à te faire!… mais il est tant de petits mystères!… Il faut pourtant que je m’y amuse: je suis lasse des réalités, je veux un peu exercer mon imagination… Foin de moi! la jouissance l’éteint; il ne me vient rien du tout! Que ce petit Magot de N’ègrèt était un grand sot, de me dire que ça donne de l’esprit! C’était apparemment pour me tenter par quelque chose! mais je ne le suis pas de me débarrasser de ses importunités à ce prix-là. Je l’ai proposé l’autre jour à Marie. Elle m’a répondu, par une grimace, qui t’aurait fait mourir de rire… Voyons donc si je me mettrai en train par ces misères… Je vais écrire ab hoc et ab hac; si, quand j’aurai fini, je vois que cela soit trop décousu, ou que j’aie été trop sincère, je serrerai ma lettre dans mon secrétaire, et tu ne l’auras pas.

Il faut avouer que Gaudet est arrivé bien à propos! Je commençais à mourir d’ennui avec le marquis l’ami a jeté de la variété dans l’assommante uniformité qui me donnait des vapeurs. J’aurais envie de te peindre son début, lorsqu’il m’aborda le jour de son arrivée. J’étais sous le déshabillé le plus voluptueux: une simple gaze me couvrait, sans presque rien cacher, si ce n’est dans quelques endroits, où elle formait des doubles. Je me suis levée pour le recevoir; ma mule, dont le talon gros comme le petit doigt, était fort élevé, a fait tourner mon pied: l’ami m’a recueillie dans ses bras, et ce qu’il n’aurait osé qu’après me l’avoir demandé, il l’a pris, un baiser à la Colombe. Nous sommes revenus vers mon sofa: il s’est assis, auprès de moi sur une jaseuse. Je lui ai fait signe de se mettre à mes côtés. Il s’est précipité vers moi avec un empressement qui m’a fait deviner son dessein… En vérité j’en étais charmée! aussi n’ai-je pas fait la difficile… J’étais bien aise d’ailleurs, de savoir quelle tournure prendraient ses sermons, après cela. Car il en fait aussi. J’ai observé qu’il les contredisait dans la pratique. Mais voilà les hommes!… Soyez sage, réservée, donnant peu… (aux autres); prodiguant tout, au sermonneur. Il était un peu étonné, après; moi, j’ai conservé la même aisance, il m’en a fait compliment. J’ai voulu rougir, et j’ai rougi. Ensuite je l’ai agacé, avec une coquetterie, qu’il a nommée délicieuse. Il n’a pu y tenir… J’ai voulu mettre les principes de mon mentor à l’épreuve. Ô ma chère amie, quand le mets est assaisonné à leur goût, ces philosophes se gorgent tout comme les plus grossiers des mortels: je n’oserais te dire jusqu’où j’ai mené le nôtre!… Je lui en ai fait honte; et il n’en a point eu; car avant de me quitter, il m’a fait une nouvelle prière. J’ai refusé net: j’ai pris à mon tour l’air pédagogue, et j’ai parodié la prude Parangon d’une manière qui l’a encore plus enflammé, Rien; j’ai été inexorable. Il est parti.

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