Vingt Mille Lieues Sous Les Mers
- Автор: Верн Жюль Габриэль
- Язык: французский
- Жанр: Путешествия и география
Электронная книга - «Vingt Mille Lieues Sous Les Mers». Краткое содержание книги:
Jules Verne nous propose ici un merveilleux voyage à travers les fonds sous-marins, un monde qui à l'époque était totalement inconnu de l'homme, malgré qu'il occupe plus de 70% de notre planète. Publié en 1869, Vingt mille lieues sous les mers constitue le roman de référence de l’œuvre de Jules Verne, et en particulier des Voyages Extraordinaires. Jules Verne nous décrit une aventure passionante pleine de rebondissements mais aussi d'émerveillements et très riche d'enseignements. On apprend à connaître à connaître le mystérieux et mythique capitaine Nemo et de son sous-marin le Nautilus, noms qui font toujours référence aujourd'hui. Mais Vingt mille lieues sous les mers est aussi une fable écologique, portant une réflexion sur les relations qu'entretient l'homme moderne avec son milieu. Ici l'homme moderne est plongé dans un univers qui lui totalement inconnu et il devra y survivre.
Le capitaine Nemo est un personnage savant, mais sombre et secret qui dit avoir renoncé à la société des hommes, et coupé tout lien avec la terre. On le voit toutefois aider les autonomistes grecs en leur livrant les trésors engloutis qu'il retrouve. Il montre également une haine implacable pour les navires portant un certain pavillon, qu'il coule systématiquement pour venger sa famille. Le Nautilus, son sous-marin se base sur une technologie encore peu connue à l'époque, l'électricité. Jules Verne développe peu l'équipage du Nautilus, ce qui ajoute encore plus de mystère à cet énigmatique vaisseau. On voit notamment le Nautilus passer sous le canal de Suez avant sa percée officielle, ainsi que passer sous l'Antarctique (dont on ignorait à l'époque qu'il s'agissait d'un continent et non de glace flottante comme l'Arctique).
Il est à noter que le capitaine Nemo à bord du Nautilus refera une dernière apparition dans l'oeuvre de Jules Verne dans le roman L'île mystérieuse (1874) où l'on assiste à sa fin.
Vingt mille lieues sous les mers a été souvent porté au cinéma, que ce soit en tant que film ou dessin animé. L'adaptation la plus célèbre est certainement le film 20,000 Leagues Under the Sea réalisée par Richard Fleischer pour les studios Disney avec comme acteurs James Mason, Paul Lukas, Peter Lorre et Kirk Douglas.
«Sommes-nous au pôle? demandai-je au capitaine, le cœur palpitant.
– Je l’ignore, me répondit-il. A midi nous ferons le point.
– Mais le soleil se montrera-t-il à travers ces brumes? dis-je en regardant le ciel grisâtre.
– Si peu qu’il paraisse, il me suffira, répondit le capitaine.»
A dix milles du Nautilus, vers le sud, un îlot solitaire s’élevait à une hauteur de deux cents mètres. Nous marchions vers lui, prudemment, car cette mer pouvait être semée d’écueils.
Une heure après, nous avions atteint l’îlot. Deux heures plus tard, nous achevions d’en faire le tour. Il mesurait quatre à cinq milles de circonférence. Un étroit canal le séparait d’une terre considérable, un continent peut-être, dont nous ne pouvions apercevoir les limites.
L’existence de cette terre semblait donner raison aux hypothèses de Maury. L’ingénieur américain a remarqué, en effet, qu’entre le pôle sud et le soixantième parallèle, la mer est couverte de glaces flottantes, de dimensions énormes, qui ne se rencontrent jamais dans l’Atlantique nord. De ce fait, il a tiré cette conclusion que le cercle antarctique renferme des terres considérables, puisque les icebergs ne peuvent se former en pleine mer, mais seulement sur des côtes. Suivant ses calculs, la masse des glaces qui enveloppent le pôle austral forme une vaste calotte dont la largeur doit atteindre quatre mille kilomètres.
Cependant, le Nautilus, par crainte d’échouer, s’était arrêté à trois encablures d’une grève que dominait un superbe amoncellement de roches. Le canot fut lancé à la mer. Le capitaine, deux de ses hommes portant les instruments, Conseil et moi, nous nous y embarquâmes. Il était dix heures du matin. Je n’avais pas vu Ned Land. Le Canadien, sans doute, ne voulait pas se désavouer en présence du pôle sud.
Quelques coups d’aviron amenèrent le canot sur le sable, où il s’échoua. Au moment où Conseil allait sauter à terre, je le retins.
«Monsieur, dis-je au capitaine Nemo, à vous l’honneur de mettre pied le premier sur cette terre.
– Oui, monsieur, répondit le capitaine, et si je n’hésite pas à fouler ce sol du pôle, c’est que, jusqu’ici, aucun être humain n’y a laissé la trace de ses pas.»
Cela dit, il sauta légèrement sur le sable. Une vive émotion lui faisait battre le cœur. Il gravit un roc qui terminait en surplomb un petit promontoire, et là, les bras croisés, le regard ardent, immobile, muet, il sembla prendre possession de ces régions australes. Après cinq minutes passées dans cette extase, il se retourna vers nous.
«Quand vous voudrez, monsieur», me cria-t-il.
Je débarquai, suivi de Conseil, laissant les deux hommes dans le canot.
Le sol sur un long espace présentait un tuf de couleur rougeâtre, comme s’il eût été de brique pilée. Des scories, des coulées de lave, des pierres ponces le recouvraient. On ne pouvait méconnaître son origine volcanique. En de certains endroits, quelques légères fumerolles, dégageant une odeur sulfureuse, attestaient que les feux intérieurs conservaient encore leur puissance expansive. Cependant, ayant gravi un haut escarpement, je ne vis aucun volcan dans un rayon de plusieurs milles. On sait que dans ces contrées antarctiques, James Ross a trouvé les cratères de l’Érébus et du Terror en pleine activité sur le cent soixante-septième méridien et par 77°32’de latitude.
La végétation de ce continent désolé me parut extrêmement restreinte. Quelques lichens de l’espèce Unsnea melanoxantha s’étalaient sur les roches noires. Certaines plantules microscopiques, des diatomées rudimentaires, sortes de cellules disposées entre deux coquilles quartzeuses, de longs fucus pourpres et cramoisis, supportés sur de petites vessies natatoires et que le ressac jetait à la côte, composaient toute la maigre flore de cette région.
Le rivage était parsemé de mollusques, de petites moules, de patelles, de buccardes lisses, en forme de cœurs, et particulièrement de clios au corps oblong et membraneux, dont la tête est formée de deux lobes arrondis. Je vis aussi des myriades de ces clios boréales, longues de trois centimètres, dont la baleine avale un monde à chaque bouchée. Ces charmants ptéropodes, véritables papillons de la mer, animaient les eaux libres sur la lisière du rivage.
Entre autres zoophytes apparaissaient dans les hauts-fonds quelques arborescences coralligènes, de celles qui suivant James Ross, vivent dans les mers antarctiques jusqu’à mille mètres de profondeur; puis, de petits alcyons appartenant à l’espèce procellaria pelagica, ainsi qu’un grand nombre d’astéries particulières à ces climats, et d’étoiles de mer qui constellaient le sol.
Mais où la vie surabondait, c’était dans les airs. Là volaient et voletaient par milliers des oiseaux d’espèces variées, qui nous assourdissaient de leurs cris. D’autres encombraient les roches, nous regardant passer sans crainte et se pressant familièrement sous nos pas. C’étaient des pingouins aussi agiles et souples dans l’eau, où on les a confondus parfois avec de rapides bonites, qu’ils sont gauches et lourds sur terre. Ils poussaient des cris baroques et formaient des assemblées nombreuses, sobres de gestes, mais prodigues de clameurs.
Parmi les oiseaux, je remarquai des chionis, de la famille des échassiers, gros comme des pigeons, blancs de couleur, le bec court et conique, l’œil encadré d’un cercle rouge. Conseil en fit provision, car ces volatiles, convenablement préparés, forment un mets agréable. Dans les airs passaient des albatros fuligineux d’une envergure de quatre mètres, justement appelés les vautours de l’Océan, des pétrels gigantesques, entre autres des quebrante-huesos, aux ailes arquées, qui sont grands mangeurs de phoques, des damiers, sortes de petits canards dont le dessus du corps est noir et blanc, enfin toute une série de pétrels, les uns blanchâtres, aux ailes bordées de brun, les autres bleus et spéciaux aux mers antarctiques, ceux-là «si huileux, dis-je à Conseil, que les habitants des îles Féroé se contentent d’y adapter une mèche avant de les allumer».
«Un peu plus, répondit Conseil, ce seraient des lampes parfaites! Après ça, on ne peut exiger que la nature les ait préalablement munis d’une mèche!»
Après un demi-mille, le sol se montra tout criblé de nids de manchots, sortes de terriers disposés pour la ponte, et dont s’échappaient de nombreux oiseaux. Le capitaine Nemo en fit chasser plus tard quelques centaines, car leur chair noire est très mangeable. Ils poussaient des braiements d’âne. Ces animaux, de la taille d’une oie, ardoisés sur le corps, blancs en dessous et cravatés d’un liséré citron, se laissaient tuer à coups de pierre sans chercher à s’enfuir.
Cependant, la brume ne se levait pas, et, à onze heures, le soleil n’avait point encore paru. Son absence ne laissait pas de m’inquiéter. Sans lui, pas d’observations possibles. Comment déterminer alors si nous avions atteint le pôle?
Lorsque je rejoignis le capitaine Nemo, je le trouvai silencieusement accoudé sur un morceau de roc et regardant le ciel. Il paraissait impatient, contrarié. Mais qu’y faire? Cet homme audacieux et puissant ne commandait pas au soleil comme à la mer.
Midi arriva sans que l’astre du jour se fût montré un seul instant. On ne pouvait même reconnaître la place qu’il occupait derrière le rideau de brume. Bientôt cette brume vint à se résoudre en neige.
«A demain», me dit simplement le capitaine, et nous regagnâmes le Nautilus au milieu des tourbillons de l’atmosphère.