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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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La chasse à Lisbeth Salander en était à son sixième jour et l'heure était venue de faire un bilan complet. Le procureur Ekström ne participait pas à la réunion. Etaient présents les inspecteurs Sonja Modig, Hans Faste, Cuit Bolinder et Jerker Holmberg, renforcés par quatre collègues de l'unité d'investigation de la Crim nationale. Bublanski commença par présenter les nouveaux collaborateurs de Milton Security et demanda si l'un d'eux voulait dire quelques mots. Bohman s'éclaircit la gorge.

— Ça fait quelque temps maintenant que j'ai quitté cette maison, mais certains d'entre vous me connaissent et savent que j'ai été des vôtres pendant de nombreuses années avant de partir dans le privé. La raison de notre présence ici est donc que Salander a travaillé pour nous pendant plusieurs années et que nous ressentons une certaine responsabilité. Notre mission est de contribuer par tous nos moyens à l'arrestation de Salander au plus vite. Nous pouvons fournir certaines données sur elle en tant qu'individu. Nous ne sommes donc pas ici pour embrouiller l'enquête, ni pour vous faire des coups en douce.

— Comment était-elle en tant que collègue ? demanda Faste.

— Ce n'était pas exactement quelqu'un qu'on avait envie de serrer sur son cœur, répondit Niklas Eriksson.

Il se tut quand Bublanski leva une main.

— Nous aurons tout loisir d'aborder les détails au cours de cette réunion. Mais prenons les choses dans l'ordre pour avoir une vue cohérente de notre position. Cette réunion terminée, vous irez tous les deux chez le procureur Ekström signer un serment de secret professionnel. Commençons maintenant par Sonja.

— C'est frustrant. Nous avons eu une percée quelques heures seulement après le meurtre, quand nous avons identifié Salander. Nous avons trouvé son domicile — ou ce que nous avons cru être son domicile. Ensuite, pas la moindre piste. Nous avons reçu une trentaine d'appels de gens qui l'ont vue, mais jusqu'à présent, ils se sont tous révélés faux. Elle semble s'être envolée.

— C'est assez incompréhensible, dit Curt Bolinder. Son apparence physique est assez caractéristique, elle a des tatouages, et elle ne devrait pas être difficile à trouver.

— La police d'Uppsala a fait une descente hier avec tambour et trompettes sur la foi d'un tuyau. Tout ça pour alpaguer un gamin de quatorze ans qui ressemblait à Salander, et à qui ils ont foutu une peur bleue. Les parents n'étaient pas très contents, je peux vous dire.

— Je suppose qu'on n'est pas aidé par le fait qu'on chasse un individu qui a l'air d'avoir quatorze ans. Elle peut se fondre dans des bandes de jeunes.

— Mais avec la publicité qui a été faite autour d'elle dans les médias, quelqu'un aurait dû voir quelque chose, objecta Bolinder. Ils vont la passer dans Avis de recherche cette semaine, on verra bien si ça mène quelque part.

— J'ai du mal à le croire, quand on pense qu'elle a été à la une de tous les journaux suédois, dit Hans Faste.

— Ce qui signifie que nous devons peut-être changer de raisonnement, dit Bublanski. Elle a pu réussir à filer à l'étranger, mais il est plus vraisemblable qu'elle se terre quelque part et attend.

Bohman leva une main. Bublanski lui fit un signe de tête.

— L'image que nous avons d'elle n'indique en rien qu'elle soit autodestructrice. Elle est fin stratège et elle prévoit ses actions comme un joueur d'échecs. Elle ne fait rien sans analyser les conséquences. C'est en tout cas l'avis de Dragan Armanskij.

— C'est également l'avis de son ancien psychiatre. Mais laissons l'aspect de son caractère pour le moment, dit Bublanski. Tôt ou tard, elle sera obligée de bouger. Jerker, quelles sont ses ressources ?

— Là, vous allez vous régaler, dit Jerker Holmberg. Elle a un compte à Handelsbanken depuis plusieurs années. C'est cet argent qu'elle déclare. Ou plus exactement l'argent que maître Bjurman déclarait. Il y a un an, ce compte indiquait un solde de 100 000 couronnes. En automne 2003, elle a retiré la totalité de la somme.

— Elle avait besoin d'argent liquide en automne 2003. Selon Armanskij, c'est le moment où elle a arrêté de travailler à Milton Security, dit Bohman.

— Ça se peut. Le compte est resté à zéro pendant deux semaines. Ensuite, elle l'a recrédité de la même somme.

— Elle pensait avoir besoin de cet argent pour je ne sais quoi, mais comme elle ne l'a pas utilisé elle a remis l'argent à la banque ?

— Ça se tient. En décembre 2003, elle a utilisé le compte pour payer certaines factures, entre autres les charges pour un an à venir. Le solde n'était plus que de 70 000 couronnes. Ensuite, aucun mouvement pendant un an à part un versement de 9 000 couronnes et quelques. J'ai vérifié — c'était l'héritage de sa mère.

— OK.

— En mars cette année, elle a retiré l'argent de l'héritage — la somme exacte était de 9 312 couronnes. C'est la seule fois où elle a touché à ce compte.

— Alors de quoi est-ce qu'elle vit, bordel ?

— Ecoutez ça. En janvier cette année, elle a ouvert un nouveau compte. Cette fois-ci à la SEB. Elle a versé la somme de 2 millions de couronnes.

— Quoi ?

— Il sort d'où, cet argent ? demanda Modig.

— L'argent a été transféré sur son compte à partir d'une banque des îles Anglo-Normandes.

Le silence envahit la salle de réunion.

— Je ne comprends rien, finit par dire Sonja Modig.

— C'est donc de l'argent qu'elle n'a pas déclaré, demanda Bublanski.

— Oui, mais techniquement, elle n'a pas besoin de le faire avant l'année prochaine. Il est à remarquer que cette somme n'est pas mentionnée dans le compte rendu mensuel que faisait Bjurman de la situation financière de Salander.

— Tu veux dire, soit il n'était pas au courant, soit ils trafiquaient quelque chose ensemble. Jerker, où en sommes-nous côté technique ?

— J'ai fait un bilan avec le chef de l'enquête préliminaire hier soir. Voici donc ce que nous savons. Un : nous sommes en mesure de lier Salander aux deux lieux des crimes. Nous avons trouvé ses empreintes digitales sur l'arme du crime et sur les éclats d'une tasse à café brisée à Enskede. Nous attendons la réponse des échantillons d'ADN que nous avons pris... mais il n'y a quasiment aucun doute qu'elle s'est trouvée dans l'appartement.

— OK.

— Deux. Nous avons ses empreintes digitales sur le carton de l'arme dans l'appartement de maître Bjurman.

— OK.

— Trois. Nous avons enfin un témoin qui la place sur le lieu du crime à Enskede. Un buraliste s'est manifesté pour dire que Lisbeth Salander est venue acheter un paquet de Marlboro light dans son magasin le soir du meurtre.

— Et il met tout ce temps à se décider à parler.

— Il était parti pendant le week-end comme tout le monde. Toujours est-il que le bureau de tabac est situé au coin, ici, à environ cent quatre-vingt-dix mètres du lieu du crime. Jerker Holmberg montra un plan. Elle est entrée dans le magasin juste quand il allait fermer, à 22 heures. Il a pu donner une description parfaite d'elle.

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