Le roman des châteaux de France. Tome 1
- Автор: Бенцони Жюльетта
- Серия: Любовь и замки #1
- Язык: французский
- Жанр: Исторические любовные романы
Электронная книга - «Le roman des châteaux de France. Tome 1». Краткое содержание книги:
Juliette Benzoni nous conte près de soixante-quinze des plus symboliques d'entre eux ; de Josselin à Saverne en passant par Amboise, Bellême, Blaye, Bonneval, Castries, Chambord, Château-Gaillard, Compiègne, Lunéville, Pau, Polignac, Vaux-le-Vicomte ou Uzès.
Ces hauts lieux sont tous le décor de la vie d'un personnage exceptionnel, d'une aventure incroyable, d'un événement historique de premier plan.
Pour les châteaux ouverts au public, le lecteur trouvera à la fin de chaque texte les périodes et horaires d'ouverture.
Il s’appelle Henri-Éléonore le Cornu de Balivière, aumônier ordinaire du roi Louis XVI et déjà commendataire de l’abbaye de Bonneval. C’est un homme de cour, un homme de goût d’ailleurs, un de ces abbés de cour tout à fait charmants. Ainsi, il est peut-être l’aumônier du roi, mais c’est à Trianon qu’il exerce le plus souvent son ministère et surtout chez les meilleurs amis de Marie-Antoinette, les fameux Polignac pour les péchés desquels il montre une indulgence déplorable.
Tout ce monde, quand reviennent les beaux jours, vient volontiers visiter Royaumont où la vieille abbaye conserve de la noblesse et du charme. Honneur insigne, les souverains en voyage se rendent même chez l’abbé de Balivière qui verra venir ainsi le comte et la comtesse de Nord (le futur Paul Ier de Russie et sa femme) et le comte de Haga (Gustave III de Suède). Des incognitos transparents, bien entendu.
Toutes ces grandeurs montent à la tête de notre abbé qui, du coup, n’imaginant pas un instant que la révolution n’est plus loin, décide de construire une demeure digne de lui-même et de ses illustres visiteurs. C’est un élève de Ledoux, l’architecte Louis Le Masson, en service du comte de Provence, que l’on charge de l’ouvrage. C’est un adepte fervent du style palladien et bientôt dans le parc de Royaumont s’élève un palais-villa à l’italienne qui n’a pas grand-chose à envier aux superbes demeures qui jalonnent le cours de la Brenta.
Malheureusement pour Balivière, les premiers grondements de la Révolution se font entendre. Les Polignac émigrent et l’abbé part avec eux pour Vienne. Il y mourra sans avoir jamais vu son beau palais terminé. Mais, à Royaumont, il restait des moines. Il n’y en avait plus beaucoup, évidemment : ils ne sont plus que dix quand, en 1790, on les expulse. L’abbaye va être vendue au titre de bien national.
Celui qui l’achète en 1791 est un noble décavé, un ancien voisin qui possédait, non loin de là, le château de Viarmes.
Avant la tourmente, le marquis de Travanet, mestre de camp des dragons, possédait une belle fortune et avait épousé une charmante femme en la personne de Mlle de Bombelles. Cette jeune femme faisait partie de la petite cour de Madame Élisabeth, la plus jeune sœur du roi Louis XVI, et en était un peu l’âme. Elle avait un assez joli talent poétique et on lui doit une charmante chanson composée à propos de la tendre aventure d’un jeune jardinier de la princesse :
Pauvre Jacques, quand j’étais près de toi
Je ne sentais pas ma misère,
Mais à présent que tu vis loin de moi,
Je manque de tout sur la terre…
Hélas, Travanet aimait les filles d’opéra et le jeu. Il finit par faire un si grand usage des unes et perdre tant d’argent par l’autre que sa femme le quitta. Mme de Travanet émigra, tandis qu’il restait là.
Ayant acheté Royaumont avec les débris de sa fortune, le marquis entreprit d’installer des ateliers de tissage dans l’abbaye, mais habita le palais. Après lui, ce fut un industriel belge, Van der Mersch. Celui-ci morcela le domaine. L’abbaye retrouva des religieuses, le palais un acquéreur : M. Jules Goüin. C’était un homme généreux et ayant du goût. En 1905, au moment de la loi sur les Congrégations, il racheta l’abbaye, en fort mauvais état cette fois.
Ses descendants l’ont superbement restaurée et organisée pour une vie culturelle intense. Royaumont est actuellement l’un des grands centres de l’art et de l’écriture en France.
Le palais abbatial fut cédé au baron et à la baronne Fould-Springer puis à leur fille, la baronne Élie de Rothschild, qui lui ont rendu un éclat exceptionnel et en ont fait la plus belle demeure des environs de Chantilly.
Malheureusement aujourd’hui, les collections à l’intérieur du palais furent dispersées par une vente chez Christie’s en septembre 2011.
Sauveterre-de-Béarn
Le jugement de Dieu
La trahison s’assied à nos banquets, elle brille dans nos coupes, elle porte la barbe de nos conseillers, elle affecte le sourire de nos courtisans et la gaieté maligne de nos bouffons.