D.
- Автор: Харрис Роберт
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Éditions Plon
- ISBN: 978-2259220439
- Переводчик: Natalie Zimmermann
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «D.». Краткое содержание книги:
Paris, janvier 1895. Par un matin glacial, un officier de l’armée, Georges Picquart, assiste devant vingt mille personnes hurlant A mort le juif ! à l’humiliation publique d’un capitaine accusé d’espionnage : Alired Dreyfus.
Picquart est promu : il devient le plus jeune colonel de l’armée française et prend la tête de la section de statistique — le service de renseignements qui a traqué Dreyfus.
Dreyfus, lui, est condamné au bagne à perpétuité sur l’île du Diable, il n’a le droit de parler à personne, pas même à ses gardiens, et son affaire semble classée pour toujours.
Mais, peu à peu, Picquart commence à relever des éléments troublants dans l’enquête, tout en lisant les lettres de Dreyfus à sa femme dans lesquelles celui-ci ne cesse de clamer son innocence. Et quand le colonel découvre un espion allemand opérant sur le sol français, ses supérieurs refusent de l'écouter. En dépit des avertissements officiels, Picquart persiste et va se retrouver lui aussi dans une situation délicate.
— Ce que vous vouliez importe peu, colonel. Le fait est que vous avez agi derrière le dos de vos supérieurs.
— Seulement lorsqu’il est devenu évident que je n’avais pas d’autre solution, que mes supérieurs refuseraient de faire la lumière sur toute cette affaire.
— Vous avez montré à Maître Leblois des lettres qui vous ont été adressées par le général Gonse ?
— Oui.
— Tout comme l’année dernière, vous avez montré à Maître Leblois le dossier secret dont il a ensuite révélé l’existence à L’Éclair ?
— Non.
— Il y a pourtant un témoin qui vous a vu montrer le dossier secret à Maître Leblois.
— Je lui ai montré un dossier un jour, mais il n’avait rien de secret. Il y était question, vous ne devinerez jamais, de pigeons voyageurs. Le commandant Henry l’a vu.
— Le colonel Henry, me corrige Pellieux. Il vient d’être promu. Et je ne vous parle pas de pigeons mais du dossier secret concernant Dreyfus. Vous l’avez montré à votre avocat en septembre dernier, et celui-ci l’a divulgué soit à la famille Dreyfus soit à L’Éclair, dans le but de mettre l’armée dans l’embarras. C’est votre mode opératoire.
— Je le nie absolument.
— Qui est Blanche ?
Une fois encore, ce brusque changement d’angle d’attaque me désarçonne. Je réponds lentement :
— La seule Blanche que je connaisse est Mlle Blanche de Comminges, qui est la sœur du comte de Comminges.
— C’est une amie à vous ?
— Oui.
— Une amie intime ?
— Je la connais depuis longtemps, si c’est ce que vous voulez dire ; elle tient un salon de musique fréquenté par beaucoup d’officiers.
— Elle vous a envoyé ce télégramme en Tunisie : On a des preuves que le bleu a été fabriqué par Georges. Blanche. Qu’est-ce que nous devons en penser ?
— J’ai effectivement reçu un télégramme de cette substance, mais je suis certain qu’il n’était pas d’elle.
— Pourquoi ?
— Parce qu’elle ne sait rien des détails secrets de l’affaire Dreyfus ni de mon implication dans cette affaire.
— Même si elle fait depuis quelques années maintenant le tour de Paris en proclamant ouvertement qu’elle croit à l’innocence de Dreyfus ?
— Elle a ses opinions. Cela n’a rien à voir avec moi.
— Ce salon, qu’elle tient — est-ce qu’il y a des Juifs qui y participent ?
— Quelques-uns, peut-être, parmi les musiciens.
Pellieux prend une nouvelle note, comme si je venais d’avouer quelque chose de capital. Il fouille dans son dossier.
— Voici un autre télégramme codé qui vous a été envoyé en Tunisie. Arrêtez le Demi-Dieu, tout est découvert. Affaire très grave. Speranza. Qui est Speranza ?
— Je n’en ai pas la moindre idée.
— Et pourtant, cette personne vous a déjà écrit il y a un an, peu après que vous avez quitté la section de statistique.
— Non.
— Mais si. J’ai la lettre ici.
Pellieux la donne au capitaine, qui fait de nouveau le tour de la table pour me la porter.
Je sors de la maison. Nos amis sont dans la consternation. Votre malheureux départ a tout dérangé. Hâtez votre retour ici. Hâtez-le vite… vite… le moment des fêtes étant très favorable pour la cause, nous comptons sur vous le 20… Elle est prête, mais elle ne peut ni ne veut agir qu’après vous avoir causé. Le Demi-Dieu ayant parlé, on agira.