La Nébuleuse d'Andromède
- Автор: Ефремов Иван Антонович
- Язык: французский
- Год: ИЗДАТЕЛЬСТВО ЛИТЕРАТУРЫ НА ИНОСТРАННЫХ ЯЗЫКАХ
- Переводчик: Harold Lusternik
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «La Nébuleuse d'Andromède». Краткое содержание книги:
ИВАН ЕФРЕМОВ
ТУМАННОСТЬ АНДРОМЕДЫ
(НАУЧНО-ФАНТАСТИЧЕСКИЙ РОМАН)
ИЗДАТЕЛЬСТВО ЛИТЕРАТУРЫ НА ИНОСТРАННЫХ ЯЗЫКАХ
МОСКВА
TRADUIT DU RUSSE PAR H. LUSTERNIK
PRESENTATION DE N. GRIСHINE
Le travail de Dar Véter ne lui permettait même pas de vivre jusqu’à l’arrivée du Cygne sur la planète de l’étoile verte. Comme dans ses jours de doutes, il admirait l’audace de pensée de Ren Boz et de Mven Mas. Bien que l’expérience eût échoué et que ce problème fondamental du Cosmos fût encore loin d’être résolu, ces insensés étaient des titans de l’esprit créateur, car même en réfutant leur t/héorie et leur essai, les hommes feraient un bond prodigieux sur le chemin du savoir ...
Dar Véter, perdu dans ses méditations, faillit buter contre de signal de la zone de sécurité, se détourna et aperçut au pied du pylône mobile de télévision la silhouette familière de Ren Boz. Il accourait, ébouriffant ses mèches rousses et clignant ses yeux aigus. Une fine résille de cicatrices prêtait à son visage une expression douloureuse.
— Heureux de vous voir sain et sauf, Ren !
— J’ai grand besoin de vous !
Ren Boz tendit à Dar Véter ses petites mains semées de taches de rousseur.
— Que faites-vous là de si bonne heure ?
— J’ai assisté au départ de L’Aella : il m’importe fort de connaître les données de la gravitation d’une étoile aussi lourde. Quand j’ai su que vous viendriez, je suis resté.
Dar Véter se taisait, attendant l’explication.
— Vous retournez à l’observatoire des stations externes, sur la demande de Junius Ante ?
Dar Véter fit un signe affirmatif.
— Ante a noté dernièrement plusieurs messages reçus par l’Anneau et qui n’ont pas pu être déchiffrés ...
— La réception de messages en dehors de l’horaire se fait tous les mois. Le temps de l’écoute est déplacé à chaque fois de deux heures terrestres. En une année, la vérification embrasse vingt-quatre heures ; en huit ans — un cent millième de seconde galactique. C’est ainsi que se comblent les
lacunes de la réception du Cosmos. Au cours des six derniers mois du cycle de huit années, on capte des messages incompréhensibles et certainement très lointains.
— Je m’y intéresse beaucoup et je vous prie de me prendre pour adjoint !
— Il vaudrait mieux que je vous aide. Nous examinerions ensemble les enregistrements des machines mnémotechniques.
— Avec Mven Mas ?
— Bien sûr !
— C’est épatant, Véter ! Je me sens si mal à l’aise depuis cette malheureuse expérience : je suis si coupable envers le Conseil ! Mais avec vous je me sens à l’aise, quoique vous soyez membre du Conseil, ex-directeur, et que vous ayez déconseillé de tenter l’expérience ...
— Mven Mas aussi est membre du Conseil.
Le physicien s’absorba un instant dans ses souvenirs, puis il eut un rire silencieux :
— Mven Mas, lui ... il sent mes pensées et tâche de les concrétiser.
— N’est-ce pas là votre erreur ?
Ren Boz fronça les sourcils et changea de sujet.
— Véda Kong va venir, elle aussi ?
— Je l’attends. Vous savez qu’elle a failli périr en explorant une caverne pleine de choses anciennes et munie d’une porte d’acier hermétique ?
— Je l’ignorais.
— Et moi, j’oubliais que vous ne partagiez pas la passion de Mven Mas pour l’histoire. Toute la planète discute sur le mystère de cette porte. Des millions de volontaires offrent leurs services pour les fouilles. Véda a décidé de soumettre la question à l’Académie des Prédictions.
— Verrons-nous Evda Nal au cosmoport ?
— Non, elle est empêchée !
— Il y en a qui le regretteront ! Véda l’aime beaucoup et Tchara en raffole. Vous vous souvenez de Tchara ?
— Une femme exotique ... du type panthère ... d’origine tsigane ou hindoue ?
Dar Véter leva les bras au ciel, dans une attitude d’horreur plaisante.
— Qu’est-ce que je dis là ! D’ailleurs, je répète constamment la faute des anciens qui n’entendaient rien aux lois de la psychophysiologie et de l’hérédité. Je voudrais toujours voir chez les autres ma mentalité et mes sentiments.
— Evda, fit Ren Boz sans approuver le repentir de son interlocuteur, suivra l’envol comme tous les habitants de la planète.
Le physicien montra les trépieds des caméras de réception blanche, infrarouge et ultraviolette, disposés en demi-cercle autour de l’astronef. Les différents groupes de rayons du spectre animaient d’une vie réelle l’image en couleurs de l’écran, de même que les diaphragmes harmoniques supprimaient la résonance métallique dans la transmission de la voix.
Dar Véter regarda en direction du nord, d’où venaient des électrobus automatiques lourdement chargés de voyageurs. Véda Kong sauta de la première voiture et courut en s’empê-trant dans l’herbe haute. Elle se jeta contre la robuste poitrine de Dar Véter, d’un élarj, si impétueux que ses longues tresses volèrent par-dessus les épaules de l’homme.
Il l’écarta doucement pour contempler le cher visage rénové par Ja coiffure inusitée.
— J’ai joué dans un film pour enfants une reine nordique des Siècles Sombres, et je n’ai eu que le temps de me changer, expliqua-t-elle, un peu essoufflée. Il était trop tard pour me recoiffer.
Dar Véter se la représenta en longue robe de brocart, la tête ceinte d’une couronne d’or à pierres bleues, avec ses nattes blondes descendant au-dessous des genoux, et ses yeux gris au regard téméraire ... Il s’épanouit dans un sourire.
— Vous aviez une couronne ?
— Oui, elle est comme ceci.
De son doigt, Véda traça dans J’air le contour d’un large bandeau à fleurons trèfles.
— Je la verrai ?
— Aujourd’hui même. Je demanderai qu’ils te montrent le film.
Comme Dar Véter allait la questionner sur ces mystérieux « ils », Véda salua le grave physicien, qui répondit par un sourire naïf et cordial.
— Où sont donc les héros d’Achernard ?
Ren Boz parcourut des yeux le terrain toujours désert autour de l’astronef.
— Là-bas ! Véda indiqua une pyramide en plaques de verre laiteux, couleur pistache, à châssis argentés : la grande salle du cosmoport.
— Allons-y.
— Nous serions de trop, dit Véda d’une voix ferme. Ils regardent le salut d’adieu de la Terre. Allons vers le Cygne.
Les hommes obéirent.
Véda qui marchait à côté de Dar Véter lui demanda tout bas :
— Elle ne me ridiculise pas trop, cette coiffure à l’antique ? Je pourrais ...