Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville
La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
1 ... 5 6 7 8 9 10 11 12 13 ... 158
Перейти на страницу:

FANCHON BERTHIER.

Lettre 8. Ursule, à Fanchon.

[Elle conte à ma femme différentes choses, où l’on voit comme dès lors elle s’accoutumait à voir en autrui des faiblesses excusables: de plus fortes eussent été moins pervertissantes.].

26 mai.

Ta lettre, que j’ai reçue dans le temps, chère petite sœur, m’a fait un grand plaisir, et parce qu’elle venait de toi, et par les récits que tu m’y faisais. Aussi, tout va de mieux en mieux depuis le retour de ma belle-sœur Manon: et je te vais dire cela par ordre, car voici une lettre qui sera longue, tant j’ai de choses à te marquer.

D’abord, nous avons été de la noce de Mlle Tiennette et de M. Loiseau, qui sont heureusement mariés, et, il faut l’espérer, au bout de leurs peines: Mme Loiseau va me faire ici une nouvelle et bien sincère amie; car elle l’était d’Edmond, ainsi que son mari, et tous ceux qui l’aiment, m’aiment aussi. Mais il faut te parler de la noce, de la mariée et de tout ce qui est arrivé, dusses-tu encore m’écrire vous, et me faire tes aimables remontrances que je respecte, et qui ne m’ennuieront jamais, parce que je voudrais toujours en profiter.

J’étais priée de cette fête, et quoique Mme Canon ne s’en souciât pas, j’y ai été, Mme Parangon ayant fait entendre à sa bonne tante, que je ne pouvais m’en dispenser.»Bon! une noce où il n’y a pas de père, et où la fille est mariée à neuf lieues de son pays et de sa paroisse! cela n’est pas de bon exemple! – Ma chère tante, a repris Mme Parangon, c’est une fille à qui je sers de mère autant que la sienne propre; il faut qu’Ursule lui serve de sœur.» Et tout en bougonnant, la bonne dame m’a dit de m’habiller. Mme Parangon m’a parée; ce qui l’a encore fait murmurer; enfin il a été convenu que Mme Canon me mènerait elle-même, car on la voulait aussi avoir. Après que Mme Parangon a été partie, Mme Canon s’est mise à me donner des avis, tous fort bons, mais assez inutiles; car on m’aurait ordonné de faire le contraire, que je n’aurais pu m’y résoudre: aussi n’ai-je pu me défendre d’un petit mouvement d’impatience, d’entendre tant répéter ce que je sais aussi bien qu’elle. Enfin nous sommes parties, et en arrivant, Mme Parangon a eu la bonté de venir me prendre, et de me mettre sous sa protection contre l’ennui: cette femme-là, chère sœur, a un je ne sais quoi qui charme, et sa compagnie est un plaisir, indépendamment de ce qu’elle vous dit et des caresses qu’elle vous fait; car il n’y a personne qui caresse comme elle; et puis elle a tant de charmes et de grâces dans son rire, qu’en riant avec elle, on y participe, car on l’imite sans y penser: avec cela, ses caresses doivent donner bien du relief à ce qu’on a de beau; car pour être caressée d’une aussi jolie femme, il faut être aimable; outre que son goût donne un prix, et que d’être touchée par elle, c’est acquérir de la valeur. C’est, je crois, ce qui m’est arrivé: car dès que j’ai paru être aimée d’elle, tout le monde a semblé m’admirer, sans doute à cause de mon bonheur, et des gens qui n’eussent pas songé à moi, m’ont donné une obligeante attention. Je me suis même aperçue, pendant que j’étais avec les mariés (mais personne ne s’en doute), qu’un conseiller d’ici a parlé quelque temps à Mme Parangon, en me regardant par intervalles, d’un air qui marquait beaucoup de bonne volonté, et j’ai entendu qu’il disait: «Elle est d’une beauté unique!» Ma charmante amie me regardait aussi, avec une satisfaction, qui m’a fait comprendre, que le conseiller lui disait du bien de moi. Mais je ne veux pas trop arrêter là-dessus ma pensée, de peur de vanité. Mme Parangon est ensuite revenue à côté de moi; car elle m’avait laissée auprès des mariés pendant cette petite conversation avec le conseiller, et elle m’a parlé d’un ton si tendre, si pénétré, que je ne saurais dire combien il l’était. La chère bonne amie! Elle est si obligeante, que plus elle fait de bien, ou plus elle a occasion qu’il en arrive, et plus elle aime: c’est un bien excellent caractère!…

Le conseiller a demandé à Mme Parangon la permission de danser un menuet avec moi. L’aimable dame, qui s’est bien doutée que je ne le savais pas, avait hésité: enfin, elle avait dit, que j’étais à la ville depuis trop peu de temps, pour avoir acquis l’aisance nécessaire, et qu’elle ne croyait pas devoir m’exposer devant une aussi nombreuse assemblée. Il n’a plus insisté que pour une contredanse, à quoi la chère dame a consenti. Elle m’a prévenue, quand elle a été auprès de moi, que M. le conseiller allait me prier. Il est venu, et j’ai accepté un peu honteuse. J’avais bien regardé comme dansaient les autres, et quand on m’a fait l’honneur de me demander mon goût, j’ai nommé la contredanse la plus aisée que je venais de voir, dont je ne me suis pas mal tirée. Dès le lendemain on m’a donné un maître de danse, et je suis guidée par mon aimable amie, par Manon, ou par mon frère, qui danse on ne peut mieux. Cela me forme la marche, la rend plus agréable, et on m’assure que j’ai meilleure grâce, depuis que j’apprends.

1 ... 5 6 7 8 9 10 11 12 13 ... 158
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)