Colonie 1 [Colony - fr]
- Автор: Бова Бен
- Серия: Chet Kinsman (fr) #3
- Год: 1980
- Язык: французский
- Год: J'AI LU
- ISBN: 2-277-21028-5
- Переводчик: Michel Deutsch
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Colonie 1 [Colony - fr]». Краткое содержание книги:
Loin de la Terre, Île◦Un — riche et heureuse colonie spatiale, d’une technologie si avancée qu’un homme y a été « créé » en laboratoire : David Adams. Beauté d’archange, intelligence souveraine.
Pourtant cet être « invulnérable » s’est épris d’une journaliste de passage, la belle Evelyn Hall... et veut la retrouver.
Tout comme il veut, parce qu’il se sent solidaire des hommes, sauver la Terre qu’une guerre bactériologique menace et dont le Gouvernement mondial vacille…
Bravant l’interdiction de quitter Île◦Un, David se lance dans le plus fantastique des voyages, passager clandestin d’astronefs en fusées, traqué de satellites en planètes…
N’arrivera-t-il pas trop tard sur une Terre où déjà règnent la violence et l’anarchie ? Londres brûle, on se bat dans New York…
Le chauffeur réussit à ouvrir la portière arrière sans le lâcher et il le poussa au fond du véhicule. Chaque mouvement était une torture mais le martyre de Denny s’atténua quelque peu quand il se courba pour entrer.
Il y avait quelqu’un à l’intérieur qui l’aida à s’allonger sur la banquette. Denny, vidé de ses forces, ne bougeait plus. Il sentit que le chauffeur lui repliait les jambes. La portière claqua. Il faisait noir. Trop noir pour distinguer quoi que ce soit. Une voix de femme lui parvint. Elle parlait en arabe. Il était question d’un médecin. Il y eut une légère secousse quand la voiture démarra. Denny perdit conscience.
Quand il rouvrit les yeux, il était toujours couché sur la banquette de la limousine et la femme, son visage invisible dans l’ombre, était agenouillée à côté de lui. On devait avoir baissé les vitres car le vent de la nuit agitait son épaisse chevelure et sa caresse fraîche effleurait la joue de Denny.
À moins que ce soit elle qui me caresse ?
— Je délire, ce n’est pas possible, balbutia-t-il.
— Chut ! Ne bougez pas. Un médecin va bientôt vous examiner.
Elle parlait bas, d’une voix presque rauque.
La limousine filait dans la nuit. De l’autre côté des fenêtres glissaient les façades de hauts bâtiments modernes. Rue Rachid ? En tout cas, le souk était loin.
— Je vais… mettre du sang… partout, dit-il faiblement.
— Cela n’a pas d’importance.
Quand ils traversèrent une place dégagée, la lune éclaira la femme. Jamais Denny n’avait vu visage aussi exquis. Des yeux noirs fendus en amande, des pommettes hautes, un menton à la fois énergique et délicat, un nez dont le dessin avait toute la noblesse de l’Arabie.
Un ange arabe sorti tout droit du paradis coranique.
Peut-être que je suis mort et qu’on m’a dirigé par erreur chez Mahomet, songea Denny.
Il n’avait aucune intention de demander le registre des réclamations.
3
Ils s’intitulaient le Gouvernement mondial mais c’était un titre exagérément ambitieux et il y avait certainement des endroits de la Terre où ils ne gouvernaient rien du tout. Les conseils d’administration des grandes multinationales, par exemple.
De Paolo était un homme admirable à sa façon. Il avait fait en sorte que tout le crédit de l’arrêt de la course aux armements et de la destruction des arsenaux nucléaires allât au Gouvernement mondial mais, si vous voulez mon opinion, ce sont les gros consortiums — comme ceux qui ont construit Île Un — qui se sont finalement rendu compte que la guerre nuisait à leurs profits. Quand ils commencèrent à mettre l’embargo sur les fournitures stratégiques, le Gouvernement mondial put « persuader » les nations de renoncer à leur panoplie atomique.
Une phase nouvelle s’ouvrit alors dans laquelle les grandes nations (entendez les consortiums) utilisèrent leur puissance économique contre les petites tandis que le Gouvernement mondial, impuissant, comptait les coups. C’était une guerre planétaire, ni plus ni moins, une guerre économique et écologique où l’on faisait secrètement appel aux manipulations météorologiques et à diverses autres armes d’environnement. Pas toujours secrètement, d’ailleurs.
Nous, sur Île Un, nous étions évidemment sous la coupe des consortiums. Que cela nous plût ou non…