Sans parler du chien
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2003
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-32491-4
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Sans parler du chien». Краткое содержание книги:
— Quel mot commence par CH ? s’interrogea Tossie.
À peine Mme Mering eut-elle le temps d’ouvrir la bouche qu’un claquement se produisit. Je compris que nous n’arriverions jamais au O et encore moins au V.
— C-H-A…
— Chat, prononça Mme Iritosky. Elle veut nous parler du chat de Mlle Mering.
Elle changea brusquement de timbre de voix pour annoncer :
— Je vous apporte des nouvelles de la Princesse Arjumand. Elle est ici, avec nous, dans l’Au-Delà…
— La Princesse Arjumand ? Dans l’Au-Delà ? fit Tossie. C’est impossible ! Elle…
— Il ne faut pas être chagrinée par sa mort, mon enfant. Elle est heureuse, outre-tombe.
La Princesse Arjumand choisit cet instant pour sauter sur la table, effrayant tout le monde et incitant Tossie à crioler.
— Oh, Princesse Arjumand ! Je savais bien que tu n’étais pas morte. Pourquoi l’esprit a-t-il menti, madame Iritosky ?
Je n’attendis pas que le médium eût trouvé une explication plus ou moins plausible.
— Je doute que nous ayons interprété correctement les réponses. Il faut tout reprendre au début. Qu’essaies-tu de nous faire comprendre, ô esprit ?
Et je recommençai, le plus vite possible.
— ABC…
Clac.
— A…
Clac.
Zut !
— ABDEFGHIJKLMNOPQRSTUV…
Cette fois, ce fut Verity qui claqua et Tossie demanda :
— C-A-V… Ça veut dire quoi ? Cav… ? Cave ? Elle désire que nous descendions à la cave ?
— Cav ? Cov ? tentai-je.
— Coventry ! s’exclama Mme Mering, et j’eus envie de l’embrasser. Esprit, veux-tu que nous allions à Coventry ?
Un clac plein de ferveur.
Je pesai de tout mon poids sur la chaussure de Mme Iritosky.
— À quel endroit de Coventry ?
Et je récitai l’alphabet au galop.
Verity décida avec sagesse de ne pas attendre le S du mot « saint ». Elle tapa sur le M, le I et le C. Et, ne sachant trop pendant combien de temps je pourrais encore immobiliser les orteils de ma voisine, je lançai :
— Michael ?
Et obtins un clac de confirmation.
— Veux-tu que nous allions à l’église St. Michael ?
Un autre clac, et je ramenai mon pied.
— L’église St. Michael, répéta Mme Mering. Oh, madame Iritosky, nous partirons dès l’aube…
— Silence ! intima la spirite. Je perçois la présence d’un esprit malin.
Et mon pied se mit à chercher frénétiquement le sien.
— Es-tu un esprit malin ? s’enquit-elle.
Clac.
J’attendais que Verity ajoute un claquement de négation mais n’entendais que des bruissements. La boîte à violettes avait dû glisser le long de sa jambe.
— Es-tu sous l’emprise d’une puissance satanique ?
Clac.
— Baine ! Faites la lumière ! ordonna Mme Iritosky.
Elle gratta une allumette et ralluma la bougie.
Une rafale de vent s’engouffra par les portes à la française et souffla la flamme.
Tossie hurla et Terence hoqueta. Un gémissement spectral s’éleva et une chose luminescente se matérialisa au-delà des rideaux qui s’enflaient.
— Mon Dieu ! fit le révérend Arbitage.
— Un ectoplasme, murmura Mme Mering.
La forme venait vers nous en flottant au ras de la pelouse, légèrement inclinée vers bâbord et nimbée d’un halo verdâtre surnaturel.
Mme Iritosky – ou plus exactement le comte de Vecchio – lâcha ma main et j’en profitai pour remonter les fils de fer dans mes manches. Je sentis Verity soulever ses jupes et se pencher pour fourrer la boîte à violettes dans ma bottine droite.
— Comte, faites la lumière !
— Oun fantasma ! s’exclama de Vecchio, sans doute en se signant.
Verity se redressa et prit ma main.
— Ô, apparition, es-tu l’esprit de Lady Godiva ?
— Comte de Vecchio, je vous somme d’ouvrir le gaz ! insistait Mme Iritosky.
Le spectre atteignit les portes à la française puis parut s’élever, nous révélant un visage voilé aux grands yeux noirs et au nez écrasé, avec des bajoues.
La main de Verity se crispa sur la mienne.
— Ô, esprit, veux-tu que nous allions à Coventry ?
L’apparition recula lentement et disparut soudain, comme si on avait jeté sur elle une toile noire. Les portes se refermèrent en claquant.
— Lady Godiva nous a dit d’aller à Coventry, résumai-je. Nous ne pouvons ignorer les ordres d’un esprit.
— Avez-vous vu ça ? balbutiait le comte. C’était horrible, horrible !
— J’ai vu un séraphin, disait quant à lui le révérend Arbitage, extasié.
Et la lumière fut, nous révélant Baine juché sur une table, à côté de la lampe dont il réglait la flamme.
— Oh, madame Iritosky ! fit Mme Mering en s’effondrant sur le tapis. J’ai reconnu ma défunte mère !
Chapitre dix-huit
Ma longue expérience (…) m’a enseigné que rien n’est jamais un simple détail.