Nuit
- Автор: Миньер Бернар
- Серия: Commandant Martin Servaz #4
- Год: 2017
- Язык: французский
- Год: XO Éditions
- ISBN: 978-2845638273
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Nuit». Краткое содержание книги:
Secoué par des vents violents, l’hélicoptère dépose Kirsten Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L’inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base off-shore.
— Où est-il ?
Labarthe montra une porte.
— Il dort. Ils lui ont administré un calmant et un antivomitif.
Il évita de parler du charbon activé, mais il savait que, tôt ou tard, le Maître apprendrait ce qui s’était passé.
— Que s’est-il passé ? demanda ce dernier, comme en écho à sa pensée. Tu m’as parlé d’une grippe ?
Labarthe lui avait écrit pour lui dire que les choses s’étaient compliquées, qu’il devait se rendre à l’hôpital.
— Son état a empiré tout à coup, intervint Aurore en s’avançant vers eux. Il était très agité, alors je lui ai administré un sédatif léger.
— Tu as quoi… ?
La voix d’Hirtmann s’était emplie d’épines.
— Le médecin a dit que ça n’avait rien à voir, mentit-elle. Et Gustave va bien.
Il eut brusquement envie de la saisir par le cou, de la plaquer contre le mur et de serrer jusqu’à ce que son visage devienne violet. Sa voix se fit dangereusement calme :
— On en reparlera, dit-il. Rentrez chez vous. Je reste ici.
— On peut rester aussi, si vous voulez, dit Labarthe.
Il fixa le petit homme au bouc, puis la grande femme blonde. Les imagina morts, raides, froids.
— Rentrez chez vous. Et déposez cette enveloppe à l’hôtel.
Labarthe y jeta un rapide coup d’œil. Elle était libellée au nom de Martin Servaz. Il connaissait ce nom, bien sûr. Il avait même eu un doute, hier soir, en voyant le type chez lui. Il avait eu l’impression que ce visage lui était vaguement familier. Que se passait-il, bon Dieu ? Il brûlait de curiosité.
Hirtmann les regarda s’éloigner. Puis il entra dans la chambre. Gustav dormait, les traits relâchés. Il resta un long moment debout, au pied du lit, à regarder le garçon — avant de s’asseoir sur la seule chaise présente.
Servaz était planté devant la fenêtre.
Il écoutait et scrutait. Désespérément. Fixait le chalet désert et éteint, la nuit vide. Avec des fourmis dans le ventre.
Où étaient-ils ? De quoi souffrait Gustav ? Cela faisait à présent plusieurs heures qu’ils étaient partis. Il n’en pouvait plus d’attendre. Il commençait à regretter de ne pas les avoir suivis. D’ailleurs, Kirsten lui avait fait observer à deux reprises qu’ils avaient peut-être fait le mauvais choix. Elle aussi rongeait son frein.
À présent, minée par la nervosité et les nausées de la nuit précédente, elle s’était effondrée et ronflait légèrement sur son lit.
Soudain, il perçut un bruit de moteur qui approchait. Il colla son nez à la vitre et la vit : la Volvo des Labarthe qui rentrait ! Il la vit ralentir et s’immobiliser devant l’hôtel. Il n’en voyait que le toit, impossible de dire qui se trouvait à l’intérieur.
Labarthe descendit, grimpa sur la terrasse de l’hôtel et entra. Il ressortit quelques instants plus tard et la voiture repartit en direction du chalet.
Servaz sentit sa poitrine se soulever quand les portières s’ouvrirent. Labarthe et sa femme sortirent, seuls. Gustav n’était pas dans la voiture… Où était passé le gamin ? Qu’en avaient-ils fait ?
Le téléphone sonna à ce moment-là. Pas son cellulaire mais le gros téléphone noir antédiluvien de l’hôtel, sur la petite table faisant office de bureau, et il décrocha avant que Kirsten ne se réveille.
— On a déposé une enveloppe à votre nom, dit l’hôtelier.
Labarthe… Que se passait-il ? Il eut l’impression de sentir à nouveau les fils invisibles tirés par le marionnettiste. Encore une fois, il avait un coup de retard.
— Je descends.
Il fit irruption dans le hall moins d’une minute plus tard. Une enveloppe brune l’attendait, à l’écriture manuscrite :
— C’est l’autre taré qui l’a déposée, lui dit l’hôtelier.
Sa main trembla quelque peu quand il la déchira et en retira la feuille de papier pliée en quatre.
Il sentit que le hall de l’hôtel se mettait à tourner, que l’univers entier se mettait en rotation — planètes, étoiles, espace, vide… Toute la création basculant en une seule fraction de seconde, l’univers dégondé, les repères abolis. Le mot disait :
Gustav est à l’hôpital de Saint-Martin. Je t’attends. Viens seul. Il n’y aura pas de Kindertotenlieder si nous unissons nos forces.