Le Seigneur des anneaux [tome III - Le Retour du Roi]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois éditeur
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [tome III - Le Retour du Roi]». Краткое содержание книги:
« Pour ça, oui ! dit Pippin en se tournant vers lui. Et on commencera sitôt que ce festin sera fini. En attendant, tu peux t’essayer avec Gandalf. Il n’est plus aussi fermé qu’avant, même s’il rit maintenant plus qu’il ne parle. Pour l’heure, Merry et moi sommes occupés. Nous sommes des chevaliers de la Cité et de la Marche, comme vous l’aurez remarqué, j’espère. »
Enfin, ce jour heureux se termina ; et quand le Soleil fut parti et que la Lune ronde monta lentement au-dessus des brumes de l’Anduin, clignotant parmi les feuilles, Frodo et Sam s’assirent sous les arbres murmurants dans la fragrance du bel Ithilien ; et ils parlèrent jusque tard dans la nuit avec Merry et Pippin et Gandalf, et bientôt Legolas et Gimli les rejoignirent. Frodo et Sam surent alors une bonne partie de ce que la Compagnie était devenue après l’éclatement de leur fraternité, en ce jour funeste à Parth Galen près des chutes du Rauros ; mais il y avait toujours plus de questions à poser et de réponses à apporter.
Des orques, des arbres parlants, des étendues d’herbe et des cavaliers au galop ; des cavernes scintillantes, des tours blanches et des salles dorées ; des batailles et de grands navires sur l’eau : toutes ces choses défilèrent dans l’imagination de Sam et le laissèrent abasourdi. Mais entre toutes ces merveilles, il revenait toujours à la taille de Merry et Pippin, qui n’en finissait plus de le surprendre ; et il les fit mettre dos à dos avec Frodo et lui-même. « À votre âge, c’est à n’y rien comprendre ! dit-il. Une chose est sûre, vous mesurez trois pouces de plus que vous devriez, ou alors je suis un nain. »
« Ah çà ! je vous jure que non, dit Gimli. Mais qu’est-ce que je disais ? Des mortels ne peuvent ingurgiter des breuvages d’Ent en pensant n’y trouver rien de plus que dans un pot de bière. »
« Des breuvages d’Ent ? fit Sam. Voilà que vous recommencez avec vos Ents ; mais j’ai toujours pas idée de ce que c’est. Ma foi, il va falloir des semaines pour vider la question ! »
« Des semaines, oui, dit Pippin. Et puis il faudra enfermer Frodo dans une tour de Minas Tirith pour qu’il puisse tout mettre par écrit. Sinon, il en oubliera la moitié, et le pauvre Bilbo sera terriblement déçu. »
Enfin, Gandalf se leva. « Les mains du Roi sont des mains guérisseuses, chers amis, dit-il. Mais vous étiez au seuil de la mort quand il vous a rappelés, déployant tous ses dons, pour vous donner l’oubli et la douceur du sommeil. Et bien que vous ayez dormi longuement et dans le plus parfait bien-être, il est temps néanmoins de retourner dormir. »
« Et pas seulement pour nos amis Sam et Frodo, dit Gimli, mais pour vous aussi, Pippin. Je tiens à vous, ne serait-ce que pour les peines que vous m’avez causées, et que je n’oublierai jamais. Pas plus que je n’oublierai vous avoir trouvé sur la colline de la dernière bataille. Sans Gimli le Nain, vous y seriez resté. Mais au moins, je puis maintenant reconnaître un pied de hobbit sous un amas de corps, quand bien même ce serait la seule chose qui dépasse. Et quand j’eus soulevé cette grande carcasse qui vous écrasait, j’eus tôt fait de m’assurer que vous étiez bien mort. J’aurais pu m’arracher la barbe. Et il y a à peine un jour que vous êtes sorti du lit et de nouveau sur pied. Retournez-y, et je vais faire de même. »
« Quant à moi, dit Legolas, je vais marcher dans les bois de cette belle contrée, ce qui est un repos suffisant. Dans les jours à venir, si mon Seigneur elfe le permet, quelques-uns de nos gens viendront s’y installer ; et quand nous viendrons, elle sera bénie, pour un temps. Pour un temps : un mois, une vie, ou cent années des Hommes. Mais l’Anduin est proche, et l’Anduin conduit à la mer. À la Mer !
À la Mer ! À la Mer ! Les mouettes blanches crient,
Je sens le vent souffler, blanche vole l’écume.
À l’ouest, au loin à l’ouest, le soleil rond décline.
Navire, ô gris navire, l’entends-tu appeler,
La voix de tous les miens, ceux qui m’ont précédé ?
Je vais quitter les bois, les bois où je suis né ;
Car nos jours prennent fin et nos années s’épuisent.
Je franchirai les eaux, vastes et solitaires.
Au-delà de la Mer, sur le Dernier Rivage,
Doux est le son des voix, longues roulent les vagues,
Dans cette Île Perdue, dans la Patrie des Elfes
Au cœur d’Eressëa où ne vient aucun homme,
Où ne tombent jamais les feuilles des années :
Pays de tous les miens pour toute éternité ! »
Et Legolas s’en fut en chantant ainsi, descendant la colline.
Alors, les autres se séparèrent, et Frodo et Sam regagnèrent leurs lits pour dormir. Et au matin, ils s’éveillèrent de nouveau dans l’espoir et la paix ; et ils passèrent de nombreux jours en Ithilien. Car le Champ de Cormallen, où l’armée était en cantonnement, se trouvait non loin de Henneth Annûn, et le torrent qui coulait de ses chutes bruissait dans la nuit en passant son écluse rocheuse, traversant alors les prés fleuris jusqu’aux flots de l’Anduin près de l’île de Cair Andros. Les hobbits se promenèrent ici et là, visitant de nouveau les endroits où ils étaient déjà passés ; et Sam, sous un ombrage des arbres ou dans une clairière secrète, espérait toujours entrevoir, peut-être, une dernière fois le grand Oliphant. Et quand il sut que le siège du Gondor avait vu bon nombre de ces bêtes, mais que toutes avaient été tuées, il trouva que c’était bien dommage.
« Enfin, on peut pas être partout à la fois, dit-il. Mais j’ai manqué bien des choses, on dirait. »
Entre-temps, l’armée s’apprêtait à rentrer à Minas Tirith. Les plus fatigués se reposaient tandis qu’on guérissait les blessés. Car d’aucuns avaient beaucoup peiné et combattu contre le reste des Orientais et des Sudrons, jusqu’à ce que tous se soumettent. Et pour finir revinrent ceux qui étaient entrés au Mordor afin de détruire les forteresses dans le nord du pays.
Mais un beau jour, alors que le mois de mai approchait, les Capitaines de l’Ouest se remirent en route ; et ils s’embarquèrent à Cair Andros avec tous leurs hommes et descendirent l’Anduin jusqu’à Osgiliath, où ils demeurèrent une journée ; et le lendemain, ils parvinrent aux champs verdoyants du Pelennor et contemplèrent de nouveau les tours blanches sous le haut Mindolluin, la Cité des Hommes du Gondor, dernier souvenir de l’Occidentale ayant traversé le feu et les ténèbres pour voir un nouveau jour.
Et là, au milieu des champs, ils dressèrent leurs pavillons et attendirent jusqu’au matin ; car on était à la veille de mai, et le Roi entendait franchir ses portes au lever du Soleil.
1.
Le mois de mars (ou rethe) comptait trente jours dans le calendrier du Comté.
5L’Intendant et le Roi
Le doute et une grande peur avaient pesé sur la cité du Gondor. Le beau temps et le clair soleil n’avaient paru que moquerie à ces hommes qui ne comptaient plus sur aucun espoir mais qui, chaque matin, appréhendaient de funestes nouvelles. Leur seigneur était mort brûlé, le Roi du Rohan gisait sans vie dans leur citadelle, et le nouveau roi venu à eux dans la nuit était reparti en guerre contre des forces trop noires et trop effroyables pour être vaincues par la bravoure et la puissance des armes, si grandes qu’elles fussent. Et aucune nouvelle ne venait. Depuis le jour où l’armée avait quitté le Val de Morgul et pris la route du Nord à l’ombre des montagnes, aucun message ne leur était parvenu, ni aucune rumeur de ce qui se passait dans l’Est menaçant.