Coule La Seine
- Автор: Варгас Фред
- Серия: Commissaire Adamsberg (fr.) #5
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: Éditions Viviane Hamy
- ISBN: 978-2878581669
- Жанр: Другие детективы
Электронная книга - «Coule La Seine». Краткое содержание книги:
Les dessins de Baudoin sont inédits et ont été réalisés spécifiquement pour cette édition.
— Elle est nulle, ton histoire, dit-il.
— Elle te plaît pas ?
— Non. Elle n’est pas complète.
— J’ai rien d’autre.
— Je ne te crois pas, Vasco, mais ce n’est pas grave. Quand tu auras vraiment compris ce qui t’arrive, quand tu auras vraiment peur, le reste viendra. Combien de temps dois-tu encore « travailler » sur ce banc ?
— On doit me faire savoir quand ce sera fini. Maintenant, j’y vais, faut que je sois à l’heure.
Vasco se leva, vérifia machinalement s’il n’avait pas laissé un objet sur la table.
— A tout à l’heure, dit Adamsberg.
Adamsberg faisait partie de ces hommes qui redoutent de se lever tard. Passé huit heures, il avait l’impression de courir quelque danger obscur, de tenter le diable. Et ce matin, contre toute attente, il s’était rendormi après le passage de Vasco. Il fit le chemin en courant pour compenser le péril où il s’était mis en s’attardant au lit et arriva mal à l’aise au commissariat vers dix heures et demie. Il arrêta sa course près du banc de Vasco. Le vieux n’était pas là. Troublé, il alla retrouver Danglard.
— Vasco ? Vous l’avez vu ce matin ?
— Pas vu. Il disparaît le jour même où vous vouliez l’interroger. Ce n’est pas de chance.
Adamsberg observa Danglard qui tournait les pages de son rapport.
— Vous ne lui auriez pas dit de foutre le camp, par hasard ? Vous ne l’aimiez pas, ce vieux.
Danglard haussa les épaules.
— Je l’aimais bien. Mais je n’aime pas qu’on me surveille.
— Il ne surveille personne. Il attend qu’on le « contacte ».
Danglard leva la tête.
— Je l’ai questionné à l’aube, dit Adamsberg. C’est tout ce qu’il consent à lâcher : qu’il est payé pour être là, et il ne sait pas par qui.
— Il ment.
— Évidemment.
Danglard abandonna son dossier et réfléchit en faisant rouler son crayon sur sa lèvre supérieure.
— Vous pensez qu’il s’est barré pour ne pas être interrogé à nouveau ?
— Peut-être. À moins que son « employeur » ne l’ait vu avec moi et ne lui fasse des ennuis.
— Possible.
— À moins qu’il n’ait écrit les lettres lui-même. À moins qu’il n’ait peur.
Danglard fronça les sourcils et fit cette fois rouler son crayon depuis la base de son nez jusqu’au menton. Adamsberg le regardait faire. Il avait essayé, mais le crayon était sans cesse tombé.
— Je continue à penser, dit Danglard, que les lettres et lui, ça fait deux. Il n’y aurait qu’un dingue pour venir assister sur place à l’effet produit par son courrier.
— C’est vous qui disiez qu’il déraillait.
Danglard se leva pesamment en trois mouvements successifs, le torse, les fesses, les jambes.
— C’est vrai, dit-il. Mais un auteur de lettres anonymes, c’est toujours un type qui se dissimule, qui fait ses coups de loin, qui progresse en s’abritant. Vasco, lui, s’expose comme un objet de musée depuis des semaines. Comment peut-on concilier cela ? Comment pourrait-il être les deux à la fois ? Etre à la fois derrière et devant ?
Adamsberg hocha la tête, puis regagna son bureau. Debout, il tria son courrier d’un geste lent et s’interrompit brusquement. Il avait en main la sixième lettre. « C’est bien », marmonna-t-il, comme dans un murmure d’encouragement. Le type ne parvenait pas à s’arrêter. Alors, il était foutu. Parce que lui, Adamsberg, serait patient jusqu’à la fin du monde, et pas le type.
31 juillet
Monsieur le Commissaire,
Et la femme de la gare de l’Est ? Vous calez ? Dans le fond, c’est vrai que vous êtes con. Je dois m’absenter pour mes affaires. C’est dommage, je ne vous écrirai pas de sitôt.
Salut et liberté