L'homme de l'ombre
- Автор: Харрис Роберт
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Éditions Pocket
- ISBN: 978-2-266-18353-6
- Переводчик: Natalie Zimmermann
- Жанр: Политические детективы
Электронная книга - «L'homme de l'ombre». Краткое содержание книги:
A peine mis au travail, l'écrivain découvre des secrets que Lang n'a guère l'intention de révéler.
Des secrets explosifs susceptibles de bouleverser la politique mondiale… Des secrets susceptibles de tuer. Danger, oppression, panique : la tension monte.
Je trouvai dans l’exercice en apparence fastidieux de la politique un réconfort à mes souffrances. J’y trouvai de l’activité, de la compagnie, une façon d’assouvir ma passion pour les nouvelles rencontres. J’y trouvai une cause plus importante que moi-même. Et surtout, j’y trouvai Ruth…
Dans ma version de l’histoire, l’engagement politique de Lang ne s’est réellement exprimé que quand Ruth est venue frapper à sa porte, deux ans plus tard.
Cela paraissait plausible. Et qui sait ? C’était peut-être même vrai.
Je me suis mis à rédiger les mémoires (J’Adam Lang le 10 février, et j’ai promis à Maddox que tout serait terminé, les cinq cent cinquante feuillets, pour la fin mars, ce qui impliquait que je devais produire plus de onze feuillets par jour. J’avais fixé un tableau sur le mur, et je pointais chaque matin. J’étais comme le capitaine Scott revenant du pôle Sud : il fallait que je parcoure ces distances quotidiennes si je ne voulais pas être irrévocablement distancé et périr dans le désert immaculé de toutes ces pages blanches. Cela représentait un gros travail, surtout si l’on considère que je n’ai pu conserver pratiquement aucune ligne de McAra sauf, curieusement, la toute dernière du manuscrit, celle qui m’avait fait hurler silencieusement en la lisant à Martha’s Vineyard : « Ruth et moi regardons ensemble vers l’avenir, quoi qu’il nous réserve. » Lisez donc ça, bande de salauds, me suis-je dit, et refermez ce bouquin sans avoir une boule dans la gorge.
J’ai ajouté « FIN », et puis j’imagine que j’ai fait une sorte de dépression nerveuse.
J’ai envoyé un exemplaire du manuscrit à New York, et un autre au bureau de la fondation Adam-Lang à Londres, à l’intention personnelle de Mme Ruth Lang — ou, comme j’aurais dû plus exactement la désigner à présent, de la baronne Lang de Calderthorpe, le gouvernement venant de lui offrir un siège à la Chambre des lords afin de lui manifester tout le respect de la nation.
Je n’avais pas eu de nouvelles de Ruth depuis l’assassinat. Je lui avais écrit pendant que je me trouvais encore hospitalisé : une parmi les cent mille lettres de condoléances qu’elle avait, disait-on, reçues, aussi n’avais-je pas été surpris de n’obtenir en réponse qu’une lettre type imprimée. Mais, une semaine après mon envoi du manuscrit, un message rédigé à la main sur le papier à en-tête en relief rouge de la Chambre des lords m’est parvenu :
Vous avez comblé tous mes espoirs… et plus encore ! Vous avez su magnifiquement capter sa tonalité et le faire revenir à la vie — avec toute son énergie, sa compassion et son humour merveilleux. SVP, venez me voir ici, à la Chambre, dès que vous aurez un moment libre. Ce serait formidable de savoir ce que vous devenez. Martha’s Vineyard semble si loin dans le temps et dans l’espace ! Merci encore pour votre talent. Et c’est un livre à part entière !
Avec toute mon affection,