Job : une comédie de justice [Job: A Comedy of Justice - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1987
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-22135-X
- Переводчик: Мишель Демют
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Job : une comédie de justice [Job: A Comedy of Justice - fr]». Краткое содержание книги:
Qui donc se mêle de bouleverser ainsi la vie du pasteur Alex Hergensheimer alors qu’il regagne son cher Kansas après un long voyage ? Dieu ou Satan ?
Tout commence par un épisode de très païenne magie lors d’une escale en Polynésie…
Et quand il se retrouve à bord, l’honorable pasteur découvre que tout a changé, y compris lui-même : pour ses compagnons, il est Alec Graham, homme d’affaires, et pour Margrethe, la jolie stewardess, un parfait amant ! Plus dangereux encore : il se retrouve à la tête d’un million de dollars fort mal acquis.
Quant au temps historique, là, c’est le total chamboulement. Dans quel passé… ou quel futur est-il ?
Sentant se perdre son identité et son âme, Alex s’affole, craint l’approche de quelque Armaguedon…
A Fort Worth, j’ai demandé au chauffeur de nous laisser dans la rue où se trouvaient les boutiques les plus chics.
— Chérie, ai-je annoncé à Marga, je vais t’offrir une grosse chaîne en or.
— Mais pourquoi, chéri ? Je n’en ai pas besoin.
— Mais si. Marga, la première fois que je me suis retrouvé dans ce monde – avec toi, à bord du Konge Knut – j’ai appris que le dollar était fragile, absolument pas soutenu par l’or, et tous les prix que j’ai vus aujourd’hui ne font que me confirmer dans cette idée. Donc, si un changement se produit une fois encore, on ne sait jamais, tout l’argent que nous pouvons avoir – je parle des pièces – n’aura plus aucune valeur ailleurs puisqu’il ne s’agit même pas de métal vrai. Quant aux billets que j’ai soutirés à Crumpacker, autant les mettre à la corbeille !
« A moins d’échanger tout ça contre autre chose. Nous allons donc commencer avec cette chaîne en or que tu porteras même au lit, même dans ton bain. Sauf si tu me la passes au cou en attendant.
— Je vois. Oui.
— Nous allons aussi faire l’emplette de bijoux en or tous les deux, puis j’essaierai de trouver un négociant en pièces pour lui acheter des dollars en argent, et peut-être même quelques pièces d’or. Mais mon but, avant tout, est de me débarrasser de tout ce papier-monnaie dans l’heure qui suit. Nous ne garderons que le prix de deux tickets de bus pour Wichita, Kansas, qui se trouve à sept cents kilomètres de là. Est-ce que tu supporteras de voyager en bus pendant toute une nuit ? Je tiens absolument à ce que nous fichions le camp du Texas.
— Mais bien sûr ! Oh, chéri, moi aussi je veux partir d’ici ! J’ai tellement peur.
— Tu n’es pas seule.
— Mais…
— Mais quoi, chérie ? Arrête de prendre cet air triste.
— Alec : je n’ai pas pris de bain depuis quatre jours !
Nous avons trouvé la bijouterie, puis le négociant en pièces. J’ai dépensé à peu près la moitié de la somme que j’avais et gardé le reste pour le prix du bus et autres menues dépenses, un dîner, par exemple, peu après que toutes les boutiques eurent commencé à fermer. Le hamburger que nous avions grignoté à Gainesville nous semblait bien loin dans l’espace et le temps. J’ai trouvé ensuite un bus qui allait vers le nord : Oklahoma City, Wichita, Salina, et qui partait à dix heures du soir. J’ai pris les tickets en ajoutant un dollar de plus pour que nous ayons des sièges réservés. Et puis, j’ai gaspillé le reste de notre pécule comme un matelot en goguette : nous avons pris une chambre dans un hôtel, juste en face de la gare des bus, sachant très bien que nous n’avions que deux heures à y passer.
Mais ce furent deux heures qui valaient la peine et le prix. Un bain chaud, chacun à notre tour, l’un conservant tous les vêtements, l’argent et les bijoux pendant que l’autre se dévêtait. Et je ne parle pas de mon rasoir qui était peu à peu devenu une sorte de talisman pour déjouer les mauvais tours de Loki. Plus les sous-vêtements dont nous avions fait l’emplette en passant.
J’avais espéré qu’il nous resterait un peu de temps pour faire l’amour, mais non : dès que je me fus lavé et séché, l’heure était déjà venue de nous mettre en route si nous ne voulions pas rater notre bus. Mais nous aurions d’autres occasions. Nous nous sommes installés dans le bus en basculant les dossiers de nos sièges, et j’ai pris la tête de Marga au creux de mon épaule. Nous nous sommes endormis à l’instant où le bus s’ébranlait en direction du nord.
Je me suis réveillé un peu plus tard parce que la route semblait soudain accidentée. Nous étions juste derrière le chauffeur et je me suis penché en avant pour lui demander :
— C’est une déviation ?
Nous avions emprunté cette même route douze heures auparavant et je ne me rappelais pas que nous ayons rencontré des ornières.
— Non, non. Nous venons d’entrer en Oklahoma, c’est tout. Ce n’est pas beaucoup goudronné, par-là. Un peu du côté d’Oke City, et un peu aussi entre ici et Guthrie.
Margrethe s’était éveillée en nous entendant. Elle s’est redressée :
— Qu’y a-t-il, chéri ?
— Rien. Si ce n’est que Loki continue à s’amuser avec nous. Rendors-toi.
21
Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils et d’où sont-ils venus ? Je lui dis : mon Seigneur, tu le sais. Et il me dit : ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation. Ils ont lavé leurs robes et ils les ont blanchies dans le sang de l’agneau. C’est pour cela qu’ils sont devant le trône de Dieu et qu’ils le servent jour et nuit dans son temple.