Pars Vite et Reviens Tard
- Автор: Варгас Фред
- Серия: Commissaire Adamsberg (fr.) #4
- Год: 2001
- Язык: французский
- Год: Éditions Viviane Hamy
- ISBN: 978-2878581522
- Жанр: Другие детективы
Электронная книга - «Pars Vite et Reviens Tard». Краткое содержание книги:
De son côté, Joss Le Guern, le Crieur de la place Edgar-Quinet, se demande qui glisse dans sa boîte à messages d'incompréhensibles annonces. Certains billets sont en latin, d’autres semblent copiés sur des ouvrages vieux de plusieurs siècles. Et tous prédisent le retour d'un fléau venu du fond des âges…
Grand Prix des Lectrices de Elle 2002
Quand il est crevé, avec Antoine, on s’est dit qu’on voyait pas pourquoi on aurait pas droit à une part du fric, déjà qu’on n’avait pas le nom. On y avait droit, on était ses gosses, quand même. D’accord, mais fallait encore le prouver, ça. Automatiquement, on savait que c’était râpé pour la preuve génétique, puisqu’il s’était pulvérisé au-dessus de l’Atlantique. Mais on pouvait la faire avec Damas, qui se ramassait le magot sans partager. Seulement, on pensait bien que le Damas, il accepterait pas de faire le test génétique, puisque ça lui raflerait les deux tiers de son fric, automatiquement. A moins qu’il nous aime bien, j’ai pensé. A moins qu’il s’entiche de moi. Je suis assez calée à ce jeu-là. On a bien imaginé l’éliminer, mais j’ai dit à Antoine, c’est hors de question : quand on serait venus réclamer l’héritage, c’est qui qu’on aurait soupçonnés ? Nous, automatiquement.
Je suis arrivée à Paris avec juste cette idée : lui annoncer que j’étais sa demi-sœur, pleurer misère et me faire accepter. Le Damas, il est tombé comme une poire en deux jours. Il m’a ouvert grand les bras, encore un peu il pleurait, et quand il a appris qu’il avait un demi-frère, pire encore. Il m’aurait mangé dans les mains, une véritable andouille. Ça allait marcher comme sur des roulettes pour notre plan ADN, à Antoine et à moi. Une fois qu’on aurait les deux tiers de la fortune, je l’aurais planté là, le Damas. J’aime pas trop ce genre de gars qui la ramène avec ses muscles et qui chiale pour un oui pour un non. C’est plus tard que je me suis aperçue que Damas était timbré. Comme il m’aurait mangé dans les mains et qu’il avait besoin de soutien, il m’a raconté tout son plan de timbré, sa vengeance, sa peste, ses puces et tout le fatras. J’étais au courant de tous les petits détails, il m’en parlait des heures. Les noms des types qu’il avait retrouvés, les adresses, tout. J’ai pas cru une minute que ses puces débiles allaient tuer qui que ce soit. Automatiquement, j’ai changé de plan, mettez-vous à ma place. Pourquoi on aurait eu les deux tiers alors qu’on pouvait avoir tout ? Damas, il avait le nom, lui, et ça, c’est énorme. Et nous, rien. Le mieux, c’est que Damas voulait surtout pas toucher au fric de son père, il disait que c’était hanté, pourri. Entre parenthèses, j’ai l’impression qu’il s’est pas trop marré non plus quand il était petit.
Je me dépêche. Il suffisait de laisser Damas faire ses salamalecs et nous, on tuait par-derrière. Si on terminait son idée, le Damas partait en taule à perpétuité. Après les huit meurtres, j’aurais mis les flics sur sa piste, l’air de rien. Je suis assez calée là-dessus. Ensuite, comme il me mangeait dans les mains, je gérais toute sa fortune, c’est-à-dire que je la lui piquais, avec Antoine, et adieu Berthe, juste retour des choses. Antoine, il n’avait qu’à m’obéir et à tuer, c’était bien distribué et il aime ça, et obéir, et tuer. Moi je ne suis pas assez costaude et je n’ai pas bien le goût. Je lui ai donné un coup de main, pour attirer deux mecs dehors, Viard et Clerc, quand les flics étaient partout, et Antoine les a dézingués coup sur coup. C’est pour ça que je vous dis que ce n’est pas la faute d’Antoine. Il m’a obéi, il ne sait pas faire autre chose. Je lui demanderais d’aller chercher un seau d’eau sur Mars, il irait sans broncher. Ce n’est pas de sa faute. S’il pouvait être dans une maison de soins, quelque chose d’intensif vous voyez, plutôt qu’en taule, ça serait plus juste parce que automatiquement, il n’est pas responsable. Il n’a rien dans la cervelle.
Le Damas, il a appris que les gens mouraient, et il n’a pas été chercher plus loin que ça. Il était persuadé que c’était sa « force Journot » qui fonctionnait, et il ne voulait pas se renseigner plus que ça. Pauvre andouille. Je l’aurais eu jusqu’au bout, si vous n’aviez pas rappliqué. Il ferait bien de se soigner, lui aussi, quelque chose d’intensif.
Moi, ça va, je ne suis jamais en peine d’idée, je ne me bile pas pour mon avenir, ne vous faites pas de souci. Si Damas pouvait envoyer un peu de son fric pourri à maman, ça ne ferait de mal à personne. Oubliez pas Antoine surtout, je compte sur vous. La bise à Lizbeth et à cette pauvre cloche d’Eva. Je vous embrasse, vous avez tout fait foirer mais j’aime bien votre genre. Sans rancune,