Black-out
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Brangelonne
- ISBN: 978-2-35294-594-9
- Переводчик: Joelle Wintrebert
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Black-out». Краткое содержание книги:
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein cœur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?
— « C’était l’alouette », dit-il d’un ton plein de regrets. Ou pire encore, « le carillon de minuit. »[20]
Et il lâcha ses mains.
— Oh là là ! sir Godfrey, vous étiez si émouvant, s’exclama Mlle Laburnum.
Elle avait été rejointe par Mlle Hibbard et par Mme Wyvern, et toutes se pressaient autour de lui.
— Nous ne sommes que de pauvres acteurs, répondit-il, désignant Polly afin de l’inclure.
Mais elle n’intéressait pas du tout les trois femmes.
— Vous étiez vraiment bon, sir Godfrey, déclara Lila.
— Meilleur que Leslie Howard, ajouta Viv.
— Tout simplement hypnotisant, assura Mme Wyvern.
« Hypnotisant » : c’est le mot juste, se disait Polly tandis qu’elle enfilait son manteau et rassemblait son sac et le livre de cantiques emballé de papier journal. Il m’a complètement fait oublier mon entraînement au paquetage. Elle jeta un coup d’œil à sa montre dans l’espoir que la fin d’alerte aurait sonné tôt, mais il était six heures et demie. Elle se sentit comme Cendrillon. C’est bien l’alouette, et je dois rentrer à la maison laver mon corsage.
— J’espère que vous nous ferez le plaisir d’une autre représentation demain soir, sir Godfrey, suppliait Mlle Laburnum.
— Mademoiselle Sebastian !
Sir Godfrey se dépêtra de sa troupe d’admiratrices et rejoignit Polly.
— Je voulais vous remercier de connaître votre texte… ce qui est rarement le cas pour mes partenaires principales. Dites-moi, avez-vous jamais envisagé l’idée d’une carrière théâtrale ?
— Oh ! non, monsieur. Je ne suis qu’une vendeuse.
— Cela m’étonnerait. « Vous êtes la déesse que suivent ces chants, incomparable, une merveille. »[21]
— « Je ne suis point une merveille, seigneur. Mais pour fille, bien certainement je le suis. »
Il secoua la tête avec regret.
— Une fille, certes, et si j’avais quarante ans de moins, je serais votre premier rôle, dit-il en se penchant sur elle, et vous ne seriez pas en sécurité.
Je n’en doute pas un instant. Il devait être drôlement dangereux quand il avait trente ans !
Elle se remémora soudain Colin, qui assurait : « Je peux viser tous les âges de ton choix. Bon, pas soixante-dix, mais je suis prêt à atteindre trente ans. »
Mlle Laburnum les rejoignit.
— Ah ! sir Godfrey, la prochaine fois, pourriez-vous nous jouer un extrait d’une pièce de sir James Barrie ?
— Barrie ? répéta-t-il d’un ton de pur dégoût. Peter Pan ?
Polly réprima un sourire. Elle ouvrit la porte et s’engagea dans l’escalier.
— Viola, attendez !
Sir Godfrey la rattrapa à mi-chemin. Elle crut qu’il allait de nouveau lui saisir les mains, mais il s’en abstint. Il se contenta de la contempler si longtemps qu’elle sentit son souffle se suspendre.
Trente ans, tu parles ! Il est encore dangereux maintenant.
— Sir Godfrey !
Mlle Laburnum l’appelait d’en bas.
Il regarda derrière lui, puis revint à Polly.
— « Nous nous rencontrons trop tard. Le temps est disloqué. »[22]
Et il redescendit les marches.
Dunkerque, le 29 mai 1940
Vrais avions, vraies bombes. Ce n’est pas un putain d’exercice !