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Электронная книга - «Le diamant de Bourgogne». Краткое содержание книги:

Après Les Trois Frères , les aventures d'Aldo Morosini se poursuivent à la recherche de Marie-Angéline, des rubis et du Diamant de Bourgogne du Téméraire.
De disparitions en découvertes, de mensonges en révélations, de Paris à la Franche-Comté en passant par la Suisse, le trésor de Charles le Téméraire ne cesse d'entraîner Aldo Morosini et son gang dans une folle aventure.
Après avoir réussi à localiser les trois rubis dits Les Trois Frères , c'est à la poursuite d'un gros diamant bleuté Le Diamant de Bourgogne que se lance notre héros.
Mais Aldo Morosini doit avant tout retrouver Marie-Angéline qui s'est enfui en lui subtilisant le rubis qu'il gardait précieusement...
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— Si c’est le cas, je n’en sais rien… mais j’admets que ce soit parfaitement possible. Bien qu’il s’en cache, je sais que Dauphin est loin d’être heureux en ménage. Sa femme, plus âgée que lui, est de celles que l’on ne souhaiterait pas à son pire ennemi ! Elle était assez belle quand il l’a épousée et plutôt fortunée, ce qu’il n’était pas, et elle ne cesse de le lui rappeler. Inutile d’ajouter qu’elle est d’une jalousie que je n’hésiterai pas à qualifier de maladive. S’il a des relations avec la meurtrière – et je reconnais qu’il y a de fortes chances que ce soit le cas ! –, elle est très capable de le tuer !

Adalbert, qui ne s’était pas mêlé à l’escarmouche, éteignit la cigarette qu’il fumait nerveusement :

— Et vous ? La connaissez-vous ?

— De qui parlez-vous ? De la Vouivre dont cette femme se veut la résurgence ? La réponse est oui. Toute la Comté connaît la légende. En revanche, je ne connais, dans nos montagnes, aucune femme assez belle pour oser la réincarner ! Et de cela je vous donne ma parole !

— Acceptée ! topa Adalbert avec bonne humeur. Pourtant, je continue à penser qu’un entretien avec cet homme pourrait nous être des plus utiles pour retrouver Marie-Angéline ! Je suis sûr qu’il a des contacts avec ses ravisseurs. Le seul fait qu’il fasse partie de ceux qui ont violé leur serment sur la croix le rend suspect. Là-dessus il accuse un innocent ! Non, Professeur ! Il nous faut un entretien avec lui ! Et le plus tôt sera le mieux ! Autrement dit : donnez-moi son adresse !

— Je ne vous laisserai pas vous y rendre sans moi…

Ils étaient à peine rentrés au manoir que Gatien, après avoir frappé à la porte du salon, fit son apparition, portant une lettre sur un petit plateau d’argent :

— Le jardinier vient de trouver ça près de la volière, dit-il. On a dû le lancer par-dessus le mur.

— Voyons ce que c’est !

Tapé à la machine, le texte en était court :

« Si vous voulez que la fille aux cheveux jaunes garde une chance de vivre encore un peu, tenez-vous tranquille bien qu’il soit peut-être déjà trop tard ! Là où elle est, personne ne peut l’atteindre, et depuis deux jours elle n’a ni mangé ni bu ! Si un jour quelconque on parvenait à la revoir, elle ne serait sans doute plus qu’un squelette desséché, mais si vous voulez lui éviter une trop longue agonie, exécutez point par point les ordres que vous recevrez sous peu, mais aucune collusion avec les juges, la police ou la gendarmerie ! Signé : X… »

L’écho de la voix de Tante Amélie se faisant entendre dans le vestibule, Adalbert précipita la lettre dans la poche d’Aldo juste avant qu’elle n’entre.

— Ah, je vois que vous êtes au complet  ! constata-t-elle avec satisfaction. Le petit juge aurait-il vu la lumière ?

— Le terme est faible ! Je dirais plutôt qu’il a percuté un volcan ! fit Adalbert. Vous avez manqué un beau spectacle : la gendarmerie envahie par Lady Ribblesdale, ses chiens, sa Rolls, ses deux chauffeurs, sa femme de chambre et son abattage de « prima donna ». Vous auriez beaucoup aimé ! Mme Verdeaux, elle, a adoré. Quant au juge, il n’est pas près de s’en remettre !

— Parfait ! Alors, dites-moi donc ce qu’il y a dans cette lettre que Gatien vient d’apporter et qui doit être quelque part dans une de vos poches ?

12

Une vieille inscription…

Inquiets, tous s’attendaient à la voir s’écrouler en larmes : il n’en fut rien. Mme de Sommières tendit la lettre à Aldo et se dirigea vers la porte du salon qu’elle ouvrit d’un geste décidé. Aussitôt il se précipita devant elle pour lui barrer le passage :

— Où allez-vous ?

— Faire ce que l’on aurait dû faire depuis longtemps !

— Mais encore ?

— Laisse-moi passer ! Tu n’auras qu’à me suivre, tu verras bien !

Courant presque, ce dont on l’aurait crue incapable, elle traversa le grand vestibule, s’élança dans l’escalier qu’elle grimpa en s’aidant de sa canne, suivie des autres. À l’étage et sans respirer, elle fonça droit sur la chambre d’où Marie de Regille ne sortait guère et entra sans frapper. À demi étendue sur son lit, celle-ci lisait paisiblement mais n’eut pas le temps de se poser des questions au sujet d’une intrusion qui, de toute évidence, n’avait rien d’amical.

— Levez-vous ! ordonna la marquise. Et prenez une petite laine : la soirée est fraîche !

— Je vais sortir la voiture, proposa Lothaire. Vous auriez dû dire que vous vouliez faire un tour !

— Pas vous, Adalbert ! Mon cher ami, je m’apprête à violer les lois de l’hospitalité. C’est donc un étranger à la maison qui doit m’assister ! Adalbert !

— J’y vais !

En face de cette grande femme si visiblement déterminée, Marie sentit la peur la gagner :

— Que me voulez-vous ? Où allez-vous m’emmener ?

— En aucun lieu qui vous soit étranger. Je vous conduis chez des amis !

— Je n’ai pas d’amis ! répliqua Marie, théâtrale. Je suis une victime qui se cache !

— Tellement bien que vous échangez des messages téléphoniques à la suite desquels une bande de truands masqués a envahi cette demeure pour en arracher une fille qui vaut mille fois plus cher que vous, mais sans oublier de blesser plusieurs personnes sur son passage – dont moi et Mademoiselle Clothilde…

— Qui a tué un homme !

— Et que vouliez-vous qu’elle fît ? Lui dire merci ? Assez tergiversé ! Venez de bon gré si vous ne voulez pas que l’on vous porte !

— Où voulez-vous aller ? Chez mon père ?

— Pas d’illusions ! À qui avez-vous téléphoné pour livrer Mlle du Plan-Crépin ? Je veux savoir ce qu’elle est devenue. Je sais qu’à cette heure il est peut-être déjà trop tard, mais si elle est morte c’est moi qui vous tuerai !

— Vous ?

— Non, pas tant que je serai là, intervint Aldo, bien que vous ne m’inspiriez aucune pitié !

Elle changea alors son fusil d’épaule et choisit le charme :

— Vous ne feriez pas cela ! Vous êtes si beau que vous ne pouvez pas être cruel ?

— Vous pourriez avoir des surprises !

— Bon, en voilà assez, s’impatienta Adalbert. On l’embarque sans lui demander son avis sinon on en sera encore là demain matin, et le temps presse.

En dépit de ses cris, Marie, emballée, par Clothilde, dans une couverture – il s’était avéré à peu près impossible de lui faire enfiler les manches d’un manteau ! –, descendait l’escalier sur le dos d’Adalbert et fut déposée dans l’imposante limousine où l’on s’entassa à l’exception de Clothilde, cependant que Lothaire s’installait au volant.

— Ne m’emmenez pas à Granlieu, gémit Marie. Ils vont me tuer !

— Je ne vois pas pourquoi ! fit Clothilde paisiblement. Vous ne leur avez rendu que des services ! C’est nous, au contraire, qui avons été de tristes idiots en ne vous chassant pas quand nous avons appris que vous leur aviez ouvert notre porte. C’est mal reconnaître l’hospitalité reçue !

— Et maintenant, vous me livrez ?

— Arrangez-vous pour que nous sachions où Plan-Crépin est emprisonnée et on vous ramène chez vous !

— Chez mon père ?

— Ne me dites pas que vous y êtes si malheureuse ! Depuis le temps, cela se saurait…

Petit à petit, Marie se calmait, cherchant sans doute quelque ruse pour échapper. Elle crut avoir trouvé :

— Si je parviens à savoir où elle est cachée, m’épouserez-vous, Adalbert ?

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