L’indice de la peur
- Автор: Харрис Роберт
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Éditions Plon
- ISBN: 978-2259214827
- Переводчик: Natalie Zimmermann
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «L’indice de la peur». Краткое содержание книги:
La folie le guette et pendant ce temps l'indice de la peur s’emballe, le système devient incontrôlable, est sur le point de provoquer un krach boursier sans précédent. La panique s’empare des marchés et l'étau se referme : Alexander ne pourra peut-être plus détruire le monstre qu’il a créé, un monstre numérique et immortel.
— Comment déverrouiller les portes ?
— Un code à quatre chiffres, ici. Reconnaissance faciale à l’intérieur.
— Une autre entrée sur la propriété, à part celle-ci ?
— Non.
— Et l’électricité ? On peut la couper ?
Genoud secoua la tête.
— Il y a des générateurs diesel au rez-de chaussée, à l’arrière du bâtiment, avec assez de carburant pour tenir quarante-huit heures.
— Sécurité ?
— Un système d’alarme. Tout est automatisé. Pas de personnel sur les lieux.
— Comment on ouvre les grilles ?
— Le même code que les portes.
— Parfait. Ouvre-les, s’il te plaît.
Il regarda Genoud taper le code. Les grilles ne bougèrent pas. Genoud, la mine sombre, réessaya plusieurs fois, avec le même résultat. Il paraissait incrédule.
— C’est le bon code, je te jure.
Leclerc saisit les barreaux. La grille était d’une solidité à toute épreuve. Elle ne frémit pas. Un camion pourrait sans doute foncer dedans sans la faire céder.
— Alex n’a peut-être pas pu entrer non plus, commenta Quarry. Auquel cas il n’est pas ici.
— Peut-être. Mais il est plus probable qu’il a modifié le code.
Un homme qui fantasmait sur la mort, enfermé dans un bâtiment avec cent litres d’essence ! Leclerc lança à son chauffeur :
— Dites aux pompiers d’apporter de quoi couper le métal. Et mieux vaudrait faire venir une ambulance, pour parer à toute éventualité. Madame Hoffmann, vous voulez bien essayer de parler à votre mari pour lui demander de ne pas faire de bêtise ?
— Je vais essayer. (Elle pressa le bouton de l’interphone.) Alex ? appela-t-elle doucement. Alex ?
Elle garda le doigt sur la touche, priant pour qu’il réponde, appuyant encore et encore.
Hoffmann venait de terminer d’arroser d’essence la salle des unités centrales, les bandothèques et la tranchée de la fibre optique quand il entendit sonner l’interphone sur le pupitre de contrôle. Il tenait un jerricane dans chaque main, et le poids lui faisait mal aux bras. Il s’était renversé de l’essence sur ses boots et sur son jean. L’atmosphère se réchauffait sensiblement — il avait dû quand même réussir à couper l’alimentation électrique du système de ventilation — et il transpirait. Sur CNBC, on annonçait à présent : « LE DOW PERD PLUS DE 300 POINTS. » Il posa les bidons près du pupitre et inspecta les moniteurs du système de sécurité. En déplaçant la souris pour cliquer sur les plans individuels, il finit par obtenir l’ensemble de la scène devant les grilles — les gendarmes, Quarry, Leclerc, Genoud et Gabrielle. Elle paraissait effondrée. Il se dit qu’elle avait dû apprendre le pire. Il laissa un instant son doigt en suspens au-dessus de la touche.
— Gaby…
C’était étrange de voir la réaction de sa femme sur l’écran au son de sa voix, de voir son expression de soulagement.
— Dieu merci, Alex. Nous sommes tous tellement inquiets à ton sujet. Qu’est-ce qui se passe, là-dedans ?
Il regarda autour de lui. Il aurait voulu trouver les mots pour tout décrire.
— C’est… incroyable.
— C’est vrai, Alex ? J’imagine. (Elle se tut, puis jeta un coup d’œil de côté avant de se rapprocher tout près de la caméra. Elle se mit à parler à voix basse, comme s’ils n’étaient que tous les deux et qu’elle lui chuchotait une confidence.) Écoute, j’aimerais bien entrer pour parler avec toi. J’aimerais voir, moi aussi, si tu veux bien.
— Moi aussi, j’aimerais bien. Mais, franchement, je ne crois pas que ce soit possible.
— Je viendrais toute seule. Je te le promets. Les autres resteraient ici.
— Tu dis ça, Gaby, mais ça m’étonnerait. Je crois qu’il y a eu beaucoup de malentendus.
— Attends une seconde, Alex.
Puis Gabrielle disparut de l’écran, et Hoffmann ne vit plus que le flanc d’une voiture de police. Il entendit une discussion s’engager, mais Gaby avait posé la main sur la grille du micro et ses mots étaient trop étouffés pour qu’il puisse saisir l’échange. Il coula un regard vers les écrans de télé. Le titre de CBNC était à présent : « LE DOW PERD MAINTENANT 400 POINTS. »
— Je regrette, Gaby, mais je vais devoir y aller.
— Attends ! cria-t-elle.
Le visage de Leclerc apparut soudain à l’écran.
— Docteur Hoffmann, c’est moi — Leclerc. Ouvrez les grilles et laissez entrer votre épouse. Il faut que vous lui parliez. Mes hommes ne bougeront pas, je vous l’assure.
Hoffmann hésita. Il s’aperçut que, curieusement, le policier avait raison. Il avait besoin de parler à sa femme. Ou, s’il ne pouvait pas lui parler, au moins de lui montrer — qu’elle voie tout avant que ce ne soit détruit. Ça expliquerait les choses bien mieux qu’il ne pourrait le faire.
Sur l’écran de la Bourse, il y eut un nouveau message d’alerte :
Le Nasdaq a déclenché le self-help contre la NYSE/ARCA à 14 : 30 : 59, HNE.
Il appuya sur le bouton de l’interphone pour la laisser entrer.
18
« La masse de fuite est produite par la menace. Elle implique que tout le monde fuit ; tout le monde est entraîné. Le danger qui menace est le même pour tous. […] On prend la fuite ensemble parce qu’on fuit mieux ainsi. L’émotion est la même : l’énergie des uns accroît celle des autres ; les gens se poussent mutuellement dans la même direction. Tant que l’on est groupé, on sent le danger divisé. »