Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Les Pardaillan - Livre II - L’épopée D’amour
Les Pardaillan - Livre II - L’épopée D’amour - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Pardaillan - Livre II - L’épopée D’amour

Электронная книга - «Les Pardaillan - Livre II - L’épopée D’amour». Краткое содержание книги:

Le 24 août 1572, jour de la Saint Barthélemy, Jean de Pardaillan et son père Honoré vont permettre à Loïse et à sa mère Jeanne de Piennes de retrouver François de Montmorency après 17 ans de séparation. Catherine de Médicis, ayant persuadé son fils Charles IX de déclencher le massacre des huguenots, Paris se retrouve à feu et à sang. Nos héros vont alors tout tenter pour traverser la ville et fuir la vengeance de Henry de Montmorency, maréchal de Damville et frère de François…
1 ... 69 70 71 72 73 74 75 76 77 ... 150
Перейти на страницу:

– Il y a bien là pour trois cent mille livres de bijoux et d’or, murmura la vieille, toute pâle. Avec ce que m’a remis la reine…

Un coup violent retentit au dehors.

Laura, d’un souffle, éteignit le flambeau qui l’éclairait et, dégainant un poignard, elle se posta derrière la porte. Ses yeux, dans l’ombre, luisaient comme des yeux de fauve.

– Qu’elle entre! gronda-t-elle. Tant pis, je la tue! J’en ai assez! La reine m’a dit que tout serait fini cette nuit!

Elle attendit, collée au mur, le poignard solidement emmanché à sa main.

Le même coup violent se renouvela, et un long gémissement traversa la maison.

Laura, alors, respira:

– Suis-je sotte! C’est ce contrevent qui vient de se rabattre… Quel temps il fait!… Eh! eh! beau temps pour un mariage!

Alors, à la hâte, elle empila dans la sacoche les bijoux et les rouleaux d’or qu’elle en avait extraits. Elle courut à sa propre chambre, revint avec un petit sac.

– Quarante mille livres! murmura-t-elle avec une moue de dédain. Voilà ce que me donne la grande Catherine pour tant de bons et loyaux services. C’est maigre. Heureusement, je me rattrape!

Elle engouffra les quarante mille livres dans la sacoche qu’elle referma solidement.

Puis elle jeta un manteau sur ses épaules, sortit, ferma la porte du jardin, et jeta la clef par-dessus le mur et s’éloigna aussi rapidement que le lui permettait le poids de sa sacoche.

Une ombre se détacha d’une encoignure voisine et se mit à la suivre.

Il était alors neuf heures et demie.

Les rues étaient désertes et noires; des nuages bas passaient en courant au-dessus des toits aigus; le couvre-feu avait sonné; les auberges et hôtelleries étaient fermées…

Laura ne s’apercevait pas qu’elle était suivie.

Laura avait peur. Sous son manteau, elle serrait nerveusement la précieuse sacoche. Elle allait au hasard, connaissant assez peu Paris, d’ailleurs: depuis l’époque où elle y était venue, elle n’avait guère quitté la rue de la Hache.

Enfin, elle se trouva complètement égarée; et la principale raison qu’elle eut de ne pas regagner la maison qu’elle venait de quitter fut qu’elle n’eût su retrouver son chemin, et qu’il n’y avait personne dans les rues à qui le demander.

Pourtant, par moments, elle entrevoyait des ombres qui se mouvaient autour d’elle. Elle entendait des chuchotements. Peut-être l’homme qui la suivait parlait-il à ces gens… Peut-être… car, à diverses reprises, les ombres qui avaient paru vouloir l’arrêter, s’écartèrent.

Alors elle frissonnait de terreur et hâtait le pas… Elle se remémorait à elle-même des histoires de passants attaqués et dévalisés la nuit par des truands.

– Insensée que j’ai été! grondait-elle, de quitter la maison avant le jour, puisque Alice ne doit plus y revenir!… Oui, mais si la reine m’avait menti!… Si elle était revenue!… Non, non, j’ai bien fait!

Et ses doigts s’incrustaient sur la sacoche.

À un moment, elle s’arrêta haletante: elle se trouvait dans une rue étroite et venait d’apercevoir un peu de lumière filtrant entre les jointures d’une porte: l’homme qui la suivait s’arrêta à trois pas d’elle.

– Oh! si c’était une auberge! murmura-t-elle, les dents serrées par la terreur et l’angoisse.

Un large éclair déchira l’obscurité, inonda la rue d’une lumière livide. Et à cette lueur, Laura entrevit une enseigne qui se balançait au-dessus de la porte en grinçant au vent.

L’enseigne représentait deux morts [19] attablés, buvant et causant.

– C’est une auberge! gronda-t-elle.

Et elle s’élança vers la porte.

À cet instant, elle se sentit saisie par deux bras vigoureux et renversée sur la chaussée, tandis qu’une main rude s’appuyait sur sa bouche pour l’empêcher de crier.

Laura était vigoureuse. Elle se raidit dans un désespoir furieux.

– Diable! diable! grommela une voix avinée, on fait la méchante! À bas les pattes! En voilà une enragée!…

La vieille mordit la main qui s’appuyait sur sa bouche. Cette main se retira; Laura se mit à hurler:

– À moi! Au guet! Au meurtre!

Le dernier cri s’étrangla dans sa gorge; la main qui s’était retirée de sa bouche venait de s’incruster sur son cou, les doigts s’y enfonçaient… et cette tenaille serrait d’un mouvement lent, d’une pression savante…

La vieille Laura se débattit quelques instants encore.

Ses yeux convulsés, tout grands ouverts, cherchaient à voir.

Un nouvel éclair enveloppa cette scène de lueur blafarde, et la vieille aperçut une hideuse figure de truand penchée sur elle. Le truand continua à serrer.

Et tout à coup, la vieille espionne se tint immobile, sa tête roula sur son épaule, ses ongles s’implantèrent dans la boue de la chaussée.

Elle était morte.

Le truand la palpa, la retourna en grommelant.

Lorsque le truand eut trouvé la sacoche, il la soupesa, et un sourire de satisfaction balafra son visage, comme les éclairs balafraient le ciel noir.

Alors il saisit la vieille, la rangea proprement le long d’un mur, et esquissant un signe de croix, bredouilla rapidement un Pater.

– Là! grogna-t-il, me voilà en paix. Entrons maintenant aux Deux morts qui parlent… Ah! ah! En voilà une qui ne parlera plus jamais!

Pourtant, si cuirassé qu’il fût, et si bien qu’il eût fait la paix avec sa conscience, grâce au Pater qu’il venait de réciter, le truand ne put échapper à cette rêverie spéciale qui s’appesantit sur le meurtrier.

Il demeura là une minute, arrangeant le cadavre contre le mur de façon qu’il ne pût être mouillé par le ruisseau du milieu de la ruelle.

«C’est drôle, songeait-il. Ce matin encore pauvre comme Job, me voici riche ce soir. Riche! Que de fois j’ai souhaité la richesse! Par les tripes du diable, il y a quarante mille livres là-dedans, et je n’en suis pas plus joyeux… Au fait, y sont-elles, les quarante mille livres!… Si je sais bien compter, c’est mon seizième cadavre, depuis que j’exerce la digne profession de tueur aux gages… Seize cadavres!… Bah! je tue, on me paye, et tout est dit…»

Le bandit frissonna. Peut-être tout n’était-il pas dit dans cette conscience obscure.

Il continua son monologue, attendant un nouvel éclair pour voir une dernière fois la vieille, peut-être par cette terrible curiosité du criminel, ou peut-être simplement pour s’assurer qu’elle était bien morte.

Il était accroupi, regardant de ses yeux hagards, et il songeait:

«Ce matin, donc, je vois entrer l’homme dans ma cassine. Il cachait bien son visage… mais je connais tous les visages de Paris, moi! Suffit, le seigneur astrologue ne voulait pas être reconnu; soit: ni vu, ni connu! Monseigneur Ruggieri, on est discret dans mon métier. L’homme me dit: combien pour une vieille femme? – Cinq écus de six livres, ce n’est pas trop. – Voici les cinq écus. Tu iras rue de la Hache, au coin de la rue Traversine, tu attendras devant la maison; il y a une porte verte. Vers huit heures, la femme s’en ira. Tu la suivras. Mais pour la frapper, tu attendras qu’elle soit loin, très loin de la maison. Compris, n’est-ce pas? – Compris, par les boyaux du diable! – Bon, qu’il me dit encore. Maintenant, écoute bien. Si tu n’exécutes pas bien la chose, si tu frappes mal, si la femme en revient, tu seras pendu. On te connaît, mon brave, on a l’œil sur toi. – Paix, monseigneur! La besogne sera faite et bien faite! – Alors, écoute: ce n’est pas cinq malheureux écus que tu auras gagnés: la femme aura sur elle au moins quarante mille livres: c’est pour toi!…»

вернуться

[19] Voir Livre 1. Les Pardaillan.

1 ... 69 70 71 72 73 74 75 76 77 ... 150
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)