Abzalon
- Автор: Бордаж Пьер
- Серия: Abzalon #1
- Год: 1998
- Язык: французский
- Год: Atalante
- ISBN: 2-84172-089-6
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Abzalon». Краткое содержание книги:
Abzalon et Loello, incarcérés dans la sinistre prison de Doeq, se battent pour leur survie sous l’oeil des “mentalistes”, les spécialistes du comportement. Ils ignorent qu’une épreuve plus terrible encore les attend. Celle-là mêmepeut-être que devine dans ses visions Ellula, jeune Kropte rebelle mariée d’autorité : un interminable voyage à travers le néant.
Un jour, Abzalon fait une étrange rencontre dans les souterrains de Doeq. Serait-ce un Qval, un de ces êtres légendaires dont on dit qu’ils furent les premiers Estériens ?
Or un gigantesque chantier s’achève sur un satellite d’Ester : le projet “Estérion”…
Le Taiseur n’avait pas peur du monstre en lui, l’ayant apprivoisé au cours de sa longue retraite dans les monts Qvals, raison pour laquelle il n’a pas hésité à donner son amitié et sa confiance à Abzalon. De même, Lœllo le Xartien n’a pas craint de se placer sous la protection d’un homme qui pouvait fracasser le crâne de ses semblables d’un seul coup de poing. Sens aiguisé de l’opportunisme, me rétorquera le lecteur imaginaire. Bien, lecteur, choisis la créature la plus effrayante de ton village, de ta ville, de ton continent, de ta planète si tu veux, prends ton courage à deux mains, va te présenter devant elle, combats-la ou prie-la de te prendre sous son aile. Je sens que tu hésites, que l’image mentale de la créature, humaine ou non, te retient dans ton abri de certitudes et de peurs. Considère alors ta faiblesse et essaie, comme le Taiseur, de dompter la créature en toi. Lœllo était quelqu’un de suffisamment solide et stable pour assumer ce genre de rendez-vous. Cette forme d’audace n’était pas consciente, bien entendu, elle avait été forgée par la tendresse de sa mère et de ses sœurs. On ne dira jamais assez l’importance de l’amour maternel, c’est un enfant de l’éprouvette qui vous l’affirme.
Nous, les moncles, avons caché notre monstruosité sous d’autres vêtements. Nos robes noires abritaient des âmes façonnées comme des lames, durcies par le feu de la foi, aiguisées par le marteau de la haine. Et si nous plongions nos couteaux dans les cœurs, c’était avant tout pour transpercer un symbole, pour extirper de notre monde cette tentation de l’amour, pour justifier la sécheresse de nos vies.
Abzalon a accueilli en lui une souffrance que nous ne parviendrons jamais à mesurer. Il mérite qu’on le laisse en paix, il a donné suffisamment à l’humanité. Je conçois ce qu’il y a de choquant dans cette affirmation, mais il ne s’agit pas d’une provocation gratuite. Abzalon est descendu tellement bas dans sa déchéance qu’il a touché le fond, qu’il a aboli tout jugement sur lui-même. On l’a certainement aidé dans ce cheminement, mais un verset du Livre des vertus et révélations dit que l’hôte ouvre sa porte au voyageur qui frappe et la laisse fermée devant celui qui ne frappe pas (je me dois ici de préciser que l’hôte symbolise la connaissance dans la religion monclale). Abzalon a frappé à la porte, l’hôte lui a ouvert sa maison. Qu’importent la nature de l’hôte et la teneur de ses enseignements car, contrairement à ce qu’affirme le Livre des vertus et révélations, je le crois changeant, polymorphe, adaptable aux besoins des voyageurs. Au tour des autres passagers de l’Estérion de parcourir le sentier qui mène à leur cœur. Cela fait longtemps que j’ai moi-même entrepris ce voyage, mais je n’ai pas encore aperçu la maison de l’hôte, sans doute parce que, contrairement à Abzalon, je me suis fourvoyé très longtemps dans le labyrinthe des illusions. Je ne désespère pas et, même si je meurs avant d’avoir goûté la joie de cette fusion avec moi-même, avec l’univers par conséquent, je sais que j’aurai accompli une bonne partie du trajet. Il m’est intolérable d’écrire, la douleur m’irradie de l’épaule jusqu’à l’extrémité des doigts, mais ma plume dansera sur le papier jusqu’à mon dernier souffle.
Tout s’arrêtera sans doute quand j’aurai appris à aimer la douleur.