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Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]

Электронная книга - «Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]». Краткое содержание книги:

Mission surhumaine pour Golan Trevize : choisir le meilleur avenir pour l’humanité. Un avenir qui ne recréera pas les erreursde l’Empire galactique, entre le matérialisme de la Première Fondation et le mentalisme de la Seconde. Un avenir qui a pour modèle Gaïa, la planète pensante, et pour nom : Galaxia. Trevize a choisi mais il voudrait savoir pourquoi. Et la réponse à ses interrogations se trouve sur la Terre. Mais où la trouver, cette planète des origines, mystérieusement disparuede toutes les archives galactiques ? Trevize et ses deux compagnons, l’historien Pelorat et Joie, la belle Gaïenne, deviennent, bien malgré eux, trois personnagesen quête de Terre... Une quête qui va les mener de planète en planètejusqu’à ce but mythique, jusqu’à la révélation finale, qui leur fera découvrir que l’aventurene fait que commencer.
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« Je suppose, dit Trevize, que peu leur importe de se tremper puisque le reste de Gaïa est trempé aussi. Les arbres, l’herbe, le sol, tout est mouillé, et tout cela fait au même titre partie de Gaïa, avec les Gaïens.

— Je crois que ça se tient, renchérit Pelorat. Le soleil va bientôt sortir et tout séchera très vite. Les vêtements ne vont pas se froisser ou rétrécir, pas de risque de coup de froid et, puisque n’existe aucun micro-organisme pathogène inutile, personne n’attrapera de rhume, de grippe ou de pneumonie. Alors, pourquoi s’inquiéter pour un peu d’humidité ? »

Trevize n’avait aucun mal à voir la logique de tout cela mais il aurait eu du mal à renoncer à ses doléances. Il reprit : « Pourtant, il était inutile de faire pleuvoir au moment où nous partions. Après tout, la pluie est délibérée. Gaïa ne pleuvrait pas si elle n’en avait pas envie. C’est presque comme si elle nous signifiait son mépris.

— Peut-être », et les lèvres de Pelorat se plissèrent un peu, « Gaïa pleure-t-elle sa peine de nous voir partir.

— Ça se pourrait, mais moi je ne pleurerai pas, dit Trevize.

— En fait, poursuivait Pelorat, je présume que le sol en cette région exige d’être humidifié et que ce besoin est plus important que votre désir de voir briller le soleil. »

Trevize sourit. « Je vous soupçonne de bien aimer ce monde, pas vrai ? Même Joie mise à part, je veux dire.

— Oui, c’est vrai, dit Pelorat, un rien sur la défensive. J’ai toujours mené une vie tranquille, rangée, et je crois que je pourrais m’adapter ici, avec un monde entier ouvrant à maintenir son calme et sa belle ordonnance… Après tout, Golan, quand nous bâtissons une maison – ou bien ce vaisseau – nous essayons de recréer un abri parfait. Nous l’équipons de tout ce qui nous est nécessaire ; nous l’arrangeons pour que la température, la qualité de l’air, l’éclairage et tous les autres points importants soient sous notre contrôle et manipulés de manière à nous les rendre parfaitement agréables. Gaïa n’est qu’une extension de ce désir de confort et de sécurité à l’échelle d’une planète entière. Qu’y a-t-il de mal à cela ?

— Le mal, répondit Trevize, est que mon logis ou mon vaisseau est conçu pour me convenir à moi. Je ne suis pas conçu pour lui convenir à lui. Si je faisais partie de Gaïa, alors, peu m’importerait que la planète soit idéalement organisée pour me convenir ; ce qui me préoccuperait au plus haut point serait en revanche le fait que je sois également conçu pour lui convenir à elle. »

Pelorat pinça les lèvres. « On pourrait arguer que toute société moule sa population pour qu’elle s’y intègre. Des coutumes se développent qui ont leur logique propre au sein de la société et qui lient fermement chaque individu aux besoins de celle-ci.

— Dans les sociétés que je connais, on peut se révolter. Il y a des excentriques, des criminels, même.

— Vous tenez vraiment à avoir des excentriques et des criminels ?

— Pourquoi pas ? Vous et moi sommes des excentriques. Nous ne sommes certainement pas typiques de la population vivant sur Terminus. Quant aux criminels, c’est une affaire de définition. Et si les criminels sont le prix à payer pour avoir des rebelles, des hérétiques et des génies, je suis prêt à le payer. J’exige même qu’il soit payé.

— Les criminels constituent-ils le seul paiement possible ? Ne pouvez-vous pas avoir de génies sans criminels ?

— Vous ne pouvez pas avoir de génies et de saints sans avoir en même temps des gens totalement en dehors de la norme, et je ne vois pas comment vous pouvez envisager une chose comme une norme unilatérale. Il faut bien qu’il y ait une certaine symétrie… En tout cas, pour décider de faire de Gaïa le modèle de l’avenir de l’humanité, je voudrais une meilleure raison qu’obtenir la version planétaire d’une maison confortable.

— Oh ! mon bon compagnon, je n’essayais pas de vous amener à être satisfait de votre décision. Je me contentais simplement de faire une observa… »

Il s’interrompit. Joie avançait à grands pas dans leur direction, ses cheveux bruns trempés et sa tunique plaquée au corps, soulignant les formes généreuses de ses hanches pleines. Elle leur adressa un signe de tête.

« Je suis désolée de vous avoir retardés, dit-elle, légèrement hors d’haleine. Il m’a fallu plus longtemps que prévu pour procéder aux dernières vérifications avec Dom.

— Et pourtant, railla Trevize, vous savez sans aucun doute tout ce qu’il sait.

— Parfois, c’est une question de différence d’interprétation. Nous ne sommes pas identiques, après tout, aussi discutons-nous. Tenez, dit-elle avec une touche de rudesse, vous avez deux mains. Chacune fait partie de vous et elles semblent identiques sauf que l’une est l’image en miroir de l’autre. Pourtant, vous ne les utilisez pas de manière parfaitement identique, n’est-ce pas ? Il y a certaines choses que vous faites la plupart du temps de la main droite et d’autres de la gauche. Différences d’interprétation, pour ainsi dire.

— Là, elle vous a eu », dit Pelorat avec une évidente satisfaction.

Trevize hocha la tête. « Analogie frappante, si elle était pertinente, et je ne suis pas du tout sûr qu’elle le soit. En tout cas, cela signifie-t-il que nous pouvons embarquer maintenant ? C’est qu’il pleut.

— Oui, oui. Nos techniciens sont descendus et le vaisseau est dans un état impeccable. » Puis, avec un soudain regard curieux à Trevize. « Vous êtes sec. Les gouttes ne vous touchent pas.

— Oui, effectivement. J’évite de me tremper.

— Mais n’est-ce pas agréable d’être mouillé de temps en temps ?

— Absolument. Mais à mon choix. Pas à celui de la pluie. »

Joie haussa les épaules. « Eh bien, comme vous voudrez. Tous nos bagages sont chargés, alors embarquons. »

Tous trois se dirigèrent vers le Far Star. La pluie diminuait encore mais l’herbe était complètement trempée. Trevize se surprit à marcher avec précaution mais Joie avait ôté ses sandales qu’elle tenait à présent dans une main, pour fouler l’herbe de ses pieds nus.

« C’est une sensation délicieuse », dit-elle en réponse au regard de Trevize.

« A la bonne heure », fit-il, l’air absent. Puis, avec un rien d’irritation : « Au fait, que font tous ces Gaïens plantés là ?

— Ils enregistrent cet événement que Gaïa estime capital. Vous êtes important pour nous, Trevize. Imaginez que si vous deviez changer d’avis à l’issue de ce voyage pour opter contre nous, nous ne deviendrions jamais Galaxia, nous ne resterions même plus Gaïa…

— Alors je représente la vie et la mort pour Gaïa ; pour la planète entière ?

— Nous le croyons. »

Trevize s’immobilisa soudain et retira son couvre-chef. Des taches bleues apparaissaient dans le ciel. Il reprit : « Mais vous avez ma voix en votre faveur, désormais. Vous pourriez me tuer que je ne changerais pas d’avis.

— Golan, murmura Pelorat, outré. Vous dites là quelque chose de terrible.

— Typique d’un Isolat, observa Joie calmement. Vous devez bien comprendre, Trevize, que ce n’est pas votre choix ou vous-même en tant qu’individu qui nous intéresse mais la vérité, pour parler franchement. Vous êtes seulement important en tant que voie vers la vérité et votre choix, comme indication de la vérité. C’est ce que nous désirons de vous, et si nous vous supprimions pour éviter que vous ne changiez de décision, nous ne ferions que nous dissimuler la vérité.

— Si je vous dis que la vérité est anti-Gaïa, serez-vous alors allègrement d’accord pour mourir tous ?

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