La fille de Brooklyn
- Автор: Musso Guillaume
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions XO
- ISBN: 978-2845638082
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille de Brooklyn». Краткое содержание книги:
L'horizon scintillait. C'est là qu'Anna m'a demandé :
« Si j'avais commis le pire,
m'aimerais-tu malgré tout ? »
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l'aimerais quoi qu'elle ait pu faire.
Du moins, c'est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d'une main fébrile, et m'a tendu une photo.
— C'est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j'ai contemplé son secret et j'ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.
Intense et captivant, un cold case aussi addictif
qu'une grande série télé.
Intrigue diabolique, personnages uniques et attachants, suspense de tous les instants : avec La fille de Brooklyn , Guillaume Musso signe l'un de ses romans les plus ambitieux et les plus réussis.
— Raph, rappelle-moi dès que tu peux. J’ai trouvé l’enregistrement effectué par Florence Gallo. Écoute un peu ça…
— Si vous n’avez rien d’autre à me dire, cette conversation est terminée, monsieur Barthélémy.
Alors que Zorah s’était déjà levée, Blunt revenait vers nous, le visage fermé. Il tenait mon portable à la main.
— Son téléphone vient de sonner, expliqua-t-il à sa nièce. Comme personne n’a répondu, un dénommé Caradec a laissé un message.
— Tu l’as écouté ?
Le garde du corps hocha la tête.
— Oui, et je pense que tu devrais faire de même.
Tandis qu’elle prenait connaissance du message, je restai suspendu à l’expression de Zorah, guettant chaque battement de ses cils, traquant le moindre frémissement sur son visage impassible. Lorsqu’elle raccrocha, j’étais bien incapable de savoir ce qu’elle avait appris. C’est seulement lorsqu’elle décida de se rasseoir que je me dis que le rapport de force ne m’était peut-être plus aussi défavorable.
— Est-ce que Claire est en vie ? demandai-je.
— Oui, répondit Zorkin sans détour.
Je ne pris même pas la peine de contenir mon profond soulagement.
— Où est-elle ?
— Détenue quelque part à Paris sous la surveillance de Richard Angeli.
— Je veux lui parler immédiatement !
Zorah secoua la tête.
— On va faire comme dans les films. Claire sera libre dès que j’aurai une copie de cet enregistrement et que vous aurez détruit l’original.
— Vous avez ma parole.
— Je me fous de votre parole.
Tout ça me paraissait trop simple.
— Qu’est-ce qui vous garantit que je ne finirai pas par le rendre public ? demandai-je.
— Qu’est-ce qui vous garantit que, si Copeland et moi accédons à la Maison-Blanche, un officier des forces spéciales ne viendra pas un beau matin vous mettre une balle dans la tête ? répondit-elle.
Elle laissa le temps à sa repartie de produire tout son effet avant d’ajouter :
— Il n’y a pas de situation plus stable que l’équilibre de la terreur. Chacun de nous dispose de l’arme nucléaire et le premier qui tente de détruire son adversaire s’expose au risque d’être détruit à son tour.
Je la regardai avec perplexité. Je trouvais sa capitulation un peu rapide et je ne saisissais pas la lueur de satisfaction qui brillait dans son regard. Je crois qu’elle perçut mon trouble.
— Vous n’avez pas perdu, et c’est moi qui ai gagné, Raphaël. Vous savez pourquoi ? Parce que nous ne faisons pas la même guerre et que nous n’avons pas les mêmes ennemis.
Je me souvins de ce que m’avait dit Alan : Zorah avait toujours plusieurs coups d’avance.
— Qui est votre ennemi ?
— Vous savez comment se comportent les hommes politiques lorsqu’ils arrivent au pouvoir, Raphaël ? Ils ont souvent la tentation d’écarter tous ceux à qui ils doivent leur victoire. C’est tellement plus rassurant de croire qu’on y est arrivé seul.
— Cet enregistrement, c’est votre assurance vie, c’est ça ?
— C’est la certitude que Copeland ne pourra jamais me mettre sur la touche, car j’ai désormais de quoi l’entraîner dans ma chute.
— L’équilibre de la terreur, murmurai-je.
— C’est le secret des couples qui durent.
— Pour vous, la conquête du pouvoir excuse tout, n’est-ce pas ?
— Dans la mesure où l’exercice de ce pouvoir sera bénéfique au plus grand nombre.
Je me levai pour quitter la table de jeu d’échecs.
— Je n’ai jamais supporté les gens comme vous.
— Ceux qui agissent pour le bien de leur pays ? me nargua-t-elle.
— Ceux qui s’imaginent au-dessus d’un peuple infantilisé qui serait incapable de choisir lui-même son destin. Dans un État de droit, même la politique obéit à des règles.
Elle me regarda avec condescendance.
— L’État de droit est une chimère. Depuis la nuit des temps, le seul droit qui existe, c’est le droit du plus fort.
24
Un après-midi à Harlem
Vouloir nous brûle et pouvoir nous détruit.