Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Киберпанк » Neuromancien [Neuromancer - fr]
Neuromancien [Neuromancer - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Neuromancien [Neuromancer - fr]

Электронная книга - «Neuromancien [Neuromancer - fr]». Краткое содержание книги:

« Science-fiction à court terme qui explore les retombées des technologies de pointe, notamment l’informatique, dans tous les aspects de la vie quotidienne. Ambiance marquée par la culture rock et flirt fréquent avec le polar. »
Cette citation tirée du catalogue Présence du futur illustre parfaitement l’univers cyberpunk dont Neuromancien, premier livre de Gibson, est l’oeuvre fondatrice.
Récompensé dès sa sortie par les prix Hugo, Nébula et P K Dick, ce roman se passe entre Hong Kong, Atlanta et Londres.
Chase est un ancien pirate de la matrice, cet univers qu’il définit comme « une hallucination consensuelle ». Après la destruction de son système nerveux par un de ses employeurs, il survit désormais grâce à l’alcool et aux drogues et trempe dans plusieurs trafics d’organes et de matériel informatique. Alors qu’il s’apprête à franchir le point de non retour dans cette spirale d’autodestruction, il se voit offrir une nouvelle naissance : la possibilité de retourner dans la matrice « pour l’exultation désincarnée » qu’elle procure, « le corps, c’est de la viande »..
1 ... 63 64 65 66 67 68 69 70 71 ... 74
Перейти на страницу:

— Y a pas de cigarettes ?

— Bordel de merde, Case, ça fait au moins dix fois que tu me demandes ça ! Qu’est-ce qui va pas ?

Elle tordit une mèche de ses cheveux qu’elle se mit à mâchonner.

— Mais les vivres étaient ici, déjà ?

— Enfin, merde, je te l’ai expliqué, mec, l’océan les a rejetés sur la plage.

— Ben voyons. Tout baigne.

Elle se remit à pleurer, sanglots sans larmes.

— Oh, et puis va te faire foutre, Case, parvint-elle enfin à dire. Après tout, je me débrouillais très bien ici toute seule.

Il se leva, prit son blouson et se rua dehors, s’éraflant au passage le poignet contre le béton rugueux de l’embrasure. Il n’y avait ni lune ni vent, et le bruit de la mer le submergea dans l’obscurité. Son jean le collait, gluant.

— D’accord, lança-t-il, face à la nuit. D’accord, je marche. Je suppose que je marche. Mais demain, vaudrait mieux me débarquer quelques clopes. (Son propre rire le surprit.) Et une caisse de bière ferait pas de mal, tant que tu y es.

Il fit demi-tour et réintégra la casemate. Elle remuait les braises avec un bâton en bois argenté.

— Qui était-ce, Case, là-haut dans ton cercueil à l’hôtel Eco ? C’t’espèce de samouraï frimeuse en cuir noir avec les verres argent ? La trouille qu’elle m’a foutue, tu sais… et puis après coup, je me suis dit qu’c’était peut-être ta nouvelle poule sauf qu’elle avait l’air nettement au-dessus de tes moyens… (Elle le regarda de nouveau.) Je suis franchement désolée de t’avoir piqué ta mémoire vive.

— Laisse tomber, répondit-il. Vraiment aucune importance. Alors tu l’as amenée à ce mec et tu l’as laissé y accéder pour toi ?

— Tony… On s’connaissait, plus ou moins. Il avait une manie et on… enfin, bref, ouais, je me rappelle qu’il l’a fait tourner, et sur son moniteur, on voyait des trucs graphiques vraiment dingues et je me souviens qu’alors je me suis demandé comment tu…

Il l’interrompit :

— Il n’y avait aucun programme graphique là-dedans…

— Un peu, si. Même que j’arrivais pas à piger comment tu pouvais avoir obtenu toutes ces images du temps où j’étais petite, Case. L’allure de mon père, avant qu’il s’en aille. M’avait donné ce canard, une fois, un canard en bois peint, eh bien, même ça, t’en avais une image…

— Tony l’a vu ?

— Je me souviens pas. Juste après, je me suis retrouvée sur la plage, au petit jour, le lever du soleil, avec tous ces oiseaux qui criaient, et si abandonnée. Affolée, parce que je n’avais pas eu mon shoot, rien de rien, et que je savais que j’allais être malade… Et j’ai marché et marché, jusqu’à la nuit, et j’ai trouvé cet endroit, et le lendemain, la mer a rejeté les vivres, tout emmêlés dans des espèces d’algues vertes qu’on aurait cru des feuilles de gélatine figée. (Elle fit glisser sa branche dans la braise et l’y abandonna.) Jamais été malade, dit-elle tandis que les braises gagnaient en rampant. C’est les clopes qui m’ont manqué le plus. Et toi, Case ? Toujours câblé ?

Lueurs du feu dansant sous ses pommettes, rappel éclair du Château du magicien et de la Guerre des blindés en Europe.

— Non, fit-il, et puis soudain toutes ses certitudes n’avaient plus aucune importance devant le goût de sel de sa bouche là où les larmes avaient séché.

Il sentait une force qui courait en elle, une force qu’il avait déjà connue dans la Cité de la nuit quand il la tenait, et qu’elle le tenait, pour retenir l’espace d’un instant le temps et la mort, retenir la Rue infatigable qui les traquait tous. C’était un lieu déjà connu de lui ; tout le monde ne pouvait pas l’y conduire, et quelque part, il parvenait toujours à l’oublier à nouveau. Une chose qu’il avait trouvée puis perdue tant et tant de fois. Qui appartenait, il le savait – ça lui revenait, tandis qu’elle l’attirait vers lui –, à l’univers de la viande, à cette chair que les cow-boys raillaient tant. C’était une vaste entité, dépassant l’appréhension, une mer d’information codée dans la spirale et les phéromones, dédale infini que seul le corps, avec sa force aveugle et pataude, était en mesure de lire.

La fermeture à glissière se bloqua, coincée, lorsqu’il ouvrit son treillis, pans de nylon dentelés collés de sel. Il la brisa, quelques minuscules fragments de métal allèrent claquer contre le mur au moment où cédait le tissu pourri par le sel, et voilà qu’il était en elle, pour opérer la transmission de l’antique message. Ici, même ici, en ce lieu qu’il connaissait pour ce qu’il était, le modèle codé du souvenir de quelque étranger, la pulsion tenait toujours.

Elle frissonna contre lui lorsque la branche prit feu, flamme jaillissante qui projeta leurs ombres entrelacées contre le mur du bunker.

Plus tard, alors qu’ils étaient allongés ensemble, lui, ses mains glissées entre ses cuisses, il se souvint d’elle sur la plage, l’écume blanche lui léchant les chevilles, et ses paroles lui revinrent.

— Il t’a dit que j’allais venir, fit-il.

Mais elle se contenta de rouler contre lui, les fesses collées contre ses cuisses, et ramena sa main sur elle, en marmonnant quelque chose dans son rêve.

21

La musique l’éveilla et, au début, ç’aurait pu être le battement de son propre cœur. Il se rassit à côté d’elle, ramena son blouson sur ses épaules dans la fraîcheur du petit jour, lumière grise tombant de l’embrasure et feu depuis longtemps éteint.

Sa vision était envahie d’hiéroglyphes fantômes, de lignes translucides de symboles qui se disposaient sur l’arrière-plan neutre du mur de la casemate. Il contempla le dos de ses mains, y vit de pâles molécules luminescentes ramper sous la peau, coordonnées par le même code inconnaissable. Il éleva la main droite et se hasarda à la bouger. Elle laissa derrière elle une vague traînée rémanente d’images stroboscopiques.

Il avait les poils hérissés sur les bras et la nuque. Il était tapi, montrant les dents, goûtant la musique. Le rythme s’atténua, revint, s’atténua…

— Qu’est-ce qui ne va pas ? (Elle s’était assise sur le lit à son tour, écartant d’une main les cheveux de ses yeux.) Chéri…

— Je me sens… comme sous une drogue… T’en as ici ?

Elle hocha la tête, lui posa les mains sur les bras.

— Linda… qui t’a dit ? Qui t’a dit que j’allais venir ? Qui ?

— Sur la plage, dit-elle, et quelque chose la contraignit à détourner les yeux. Un garçon. Je l’vois sur la plage. Treize ans peut-être. Il vit ici.

— Et qu’a-t-il dit ?

— Il a dit qu’tu viendrais. Il a dit qu’tu n’me haïrais pas. Il a dit qu’on s’entendrait bien, et il m’a indiqué aussi où se trouvait la mare d’eau de pluie. Il a l’air mexicain.

— Brésilien, rectifia Case tandis qu’une nouvelle vague de symboles déferlait sur le mur. Je pense qu’il est de Rio.

Il se leva et entreprit de passer son jean.

— Case, fit-elle, la voix tremblante. Case, où vas-tu ?

— Je crois que je vais aller trouver ce garçon, répondit-il tandis que revenait la musique, toujours la même rythmique simple, régulière, familière bien qu’il fût incapable de la situer dans sa mémoire.

— N’y va pas, Case.

— J’ai cru apercevoir quelque chose, en arrivant ici. Une ville, au bout de la plage. Mais hier, elle n’y était plus. Tu l’as déjà vue ?

1 ... 63 64 65 66 67 68 69 70 71 ... 74
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)