Orchéron
- Автор: Бордаж Пьер
- Год: 2000
- Язык: французский
- Год: Atalante
- ISBN: 2-84172-153-1
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Orchéron». Краткое содержание книги:
Un ensemble de communautés sont nées sur le continent du Triangle, autour de grands domaines agricoles matriarcaux gérés par les mathelles : les chasseurs lakchas qui traquent les troupeaux de yonks ; les djemales, disciples de Qval Djema, à la recherche de l' « éternel présent » ; les ventresecs, nomades des plaines jaunes. Fragile équilibre que celui de cette colonie entre tradition et ignorance.
Les umbres, mystérieux et terribles prédateurs volants, font peser une menace permanente sur sa survie. Des hommes masqués, les protecteurs des sentiers, ont entrepris d'instaurer la terreur au nom d'un dieu oublié de l'arche des origines ; ils ont juré d'éteindre les « lignées maudites ».
Orchéron, fils adoptif d'une mathelle, devenu leur proie désignée, se lance dans une fuite éperdue au bout de laquelle le rejoindront Alma, la jeune djemale boiteuse, et Ankrel l'apprenti chasseur.
Orchéron fait suite au roman Abzalon.
« Il ne bénéficiera pas toujours de l’amour tout-puissant de sa mère. »
Ces pensées-paroles (paroles-pensées) m’ont choquée : Qval Djema venait tout juste de souligner la sincérité et la pureté de mon amour, insinuait-elle maintenant que… j’abandonnerais mon enfant ?
« Le temps, Lahiva, le temps dévore ses enfants et génère les séparations. Baigne-le dans l’eau du Qval, et toutes les créatures de ce monde le reconnaîtront, le serviront. »
De quelles créatures voulait-elle parler ? Et quel moyen auraient ces mêmes créatures de le reconnaître, de le servir ?
« Nous sommes tous reliés par l’éternel présent. »
Ce furent les dernières paroles-pensées de Qval Djema. J’ai sombré dans l’inconscience et, quand je suis revenue à moi, j’étais allongée sur mon lit de feuilles. J’ai cru que j’émergeais d’un rêve jusqu’à ce que je découvre la couleur écarlate de ma peau, une rougeur typique des brûlures. Je n’en souffre pas, mais des cloques se forment et des plaques de mon épiderme se détachent tous les jours, au point que j’ai l’impression de me dévêtir de plusieurs couches de tissu, moi qui vais entièrement nue depuis que j’ai pris possession de cette grotte ! Je devine parfois la forme sombre du Qval sous les frémissements de l’eau bouillante, je me sens enveloppée de sa présence, de sa vigilance, mais il ne communique plus directement avec moi. Je suis assez hésitante sur la conduite à suivre : dois-je, quand il sera né, tremper mon enfant dans l’eau bouillante comme j’ai cru le comprendre, ou bien ne sont-ce que les divagations d’une femme enfermée depuis trop longtemps dans cette grotte ? D’une exilée qui s’invente des histoires pour tromper la solitude et le temps ? J’espère en réalité une confirmation formelle de la part du Qval, mais je sais qu’il n’en fera rien, qu’il me laissera jusqu’au bout la liberté de choix, qu’il réclame une part de foi, de confiance, dans toute démarche.
Dans l’attente de la délivrance, je tourne en rond en ressassant cette question obsédante : qu’a voulu dire Qval Djema en affirmant que mon enfant ne bénéficierait pas toujours de l’amour tout-puissant de sa mère ? Moi je sais du fond du cœur, du fond du ventre, que je ne cesserai jamais de l’aimer. Est-ce que la vie nous séparera ? Est-ce la… mort qui s’en chargera ?