Dune (Tome 1) [fr]
- Автор: Херберт Фрэнк
- Год: 1972
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- ISBN: 2-266-02665-8
- Переводчик: Мишель Демют
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dune (Tome 1) [fr]». Краткое содержание книги:
Le Sardaukar vint se planter à un pas du Baron, les mains sur les hanches. Derrière lui, les gardes hésitaient.
Le Baron remarqua que l’homme ne le saluait pas et que ses façons étaient imprégnées de mépris. Son malaise n’en devint que plus grand. Une seule légion de Sardaukar (dix brigades) était venue renforcer les légions harkonnens. Mais le Baron ne se faisait pas d’illusions. Cette unique légion pouvait être très bien se retourner contre eux et triompher.
« Dites à vos hommes de ne pas essayer de m’empêcher de vous voir, Baron, gronda le Sardaukar. Quant aux miens, ils vous ont livré le Duc Atréides avant que j’aie pu discuter avec vous du sort qui lui serait réservé. Nous allons le faire maintenant. »
Je ne dois pas perdre la face devant mes hommes, se dit le Baron.
« Vraiment ? » Sa voix était froide, parfaitement contrôlée et le Baron en ressentit de la fierté.
« Mon Empereur m’a chargé de m’assurer que son royal cousin périrait proprement, sans souffrance », dit le colonel bashar.
« Tels étaient les ordres impériaux que j’ai reçus, dit le Baron. Pensiez-vous que je n’allais pas leur obéir ? »
« Je dois rapporter à l’Empereur ce que j’aurai vu de mes propres yeux. »
« Le Duc est déjà mort », lança le Baron, et il leva la main pour congédier le Sardaukar.
Celui-ci demeura immobile devant lui. Il ne fit pas le moindre mouvement, n’eut pas le moindre regard qui pût donner à penser qu’il avait enregistré ce geste.
« Comment ? » gronda-t-il.
Vraiment, pensa le Baron, en voilà assez !
« De sa propre main, si vous tenez à le savoir. Il a absorbé du poison. »
« Je veux voir le corps maintenant. »
Feignant l’exaspération, le Baron leva les yeux vers le plafond. Mais ses pensées s’accéléraient. Damnation ! Ce Sardaukar à l’œil acéré va pénétrer dans la pièce sans que rien ait bougé !
« Je veux le voir maintenant ! » répéta le Sardaukar.
Impossible d’y échapper, se dit le Baron. Il va tout voir. Il va découvrir que le Duc a tué des hommes d’Harkonnen… et que le Baron s’en est tiré de justesse. Les reliefs du repas étaient une preuve. Au même titre que le Duc, mort au centre de ce massacre.
Impossible d’y échapper.
« Vous ne m’évincerez pas », dit le colonel bashar d’un ton grinçant.
« Nul ne veut vous évincer, répliqua le Baron en regardant dans les yeux d’obsidienne de son interlocuteur. Je ne cache rien à l’Empereur. (Il inclina la tête à l’intention de Nefud.) Le colonel bashar doit tout vérifier, immédiatement. Introduisez-le par la porte devant laquelle vous étiez posté, Nefud. »
« Par ici, colonel », dit Nefud.
Lentement, insolemment, le Sardaukar contourna le Baron et se fraya un chemin entre les gardes.
Insupportable, songea le Baron. A présent, l’empereur sera au courant de cette faute. Il la jugera comme un signe de faiblesse.
Et il était effrayant de se dire que l’Empereur et ce sardaukar étaient identiques dans leur mépris de toute faiblesse. Le Baron se mordti la lèvre. Au moins, l’Empereur n’avait rien su du raid des Atréides sur Geidi Prime et de la destruction des entrepôts d’épice harkonnens.
Maudit soit ce perfide Duc !
Le Baron regardait s’éloigner l’arrogant Sardaukar et l’efficient Nefud.
Il faut nous adapter. Je devrai remettre Rabban sur cette satanée planète. Sans restriction. Il va me falloir payer de mon sang d’Harkonnen pour qu’Arrakis soit en mesure d’accepter Feyd-Rautha. Maudit Piter ! Il a fallu qu’il se fasse tuer avant que j’en aie fini avec lui !
Il soupira.
Je dois immédiatement demander un nouveau Mentat à Tleielax. Il y en a certainement un de prêt pour moi, dès maintenant.
Près de lui, un garde toussota.
Il se retourna. « J’ai faim. »
« Oui, Mon Seigneur. »
« Je désire aussi que l’on me divertisse pendant que cette pièce est nettoyée et que ses secrets sont examinés. »
Le garde baissa les yeux. « Quel divertissement souhaiterait Mon Seigneur ? »
« Je me rends dans ma chambre. Amenez-moi ce heune homme que nous avons acheté sur Gamont et qui a des yeux adorables. Droguez-le, surtout. Je n’ai pas envie de lutter. »
« Oui, Mon Seigneur. »
Le Baron se détourna et prit le chemin de sa chambre, soutenu par les suspenseurs qui lui conféraient une démarche sautillante. Oui, se disait-il, celui qui a des yeux adorables et qui ressemble tant au jeune Paul Atréides.