Black-out
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Brangelonne
- ISBN: 978-2-35294-594-9
- Переводчик: Joelle Wintrebert
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Black-out». Краткое содержание книги:
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein cœur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?
Les jeunes femmes étudiaient chaque personne à la ronde.
— Ah, zut ! ce n’est pas ici non plus, dit l’une, déçue.
— On se rendait à notre poste et, avec le black-out j’ai bien peur que nous nous soyons perdues, précisa l’autre. Y a-t-il un téléphone que nous pourrions utiliser ?
— Non, désolé, répondit le pasteur d’un air contrit.
— Alors, pouvez-vous nous expliquer comment atteindre Gloucester Terrace ?
— Gloucester Terrace ? répéta M. Dorming. Vous êtes bel et bien perdues.
Aucun doute à ce sujet. Gloucester Terrace se trouvait réellement à distance, à Marylebone.
— C’est notre première nuit de garde, expliqua la jeune femme.
Le pasteur commença de leur dessiner un plan.
— C’est des Allemandes ? murmura Trot à sa mère.
Mme Brightford rit.
— Non, elles sont dans notre camp.
Le pasteur leur tendait la carte.
— Ne vaudrait-il pas mieux rester et attendre un répit ?
Elles secouèrent la tête.
— Le garde aura notre peau, on est déjà très en retard, répondit la première, qui forçait sa voix pour se faire entendre malgré le vacarme.
— Mais merci infiniment, cria la seconde.
Elles ouvrirent la porte et se glissèrent dehors.
C’est ici que Michael Davies aurait dû se rendre s’il voulait observer des héros, pas à Dunkerque, pensait Polly en les regardant partir. Elle venait d’en voir en pleine action. Et il ne s’agissait pas seulement des jeunes femmes et de leur volonté de courir les rues en plein milieu d’un raid. Combien de courage avait-il fallu au pasteur pour qu’il traverse la cave et ouvre cette porte, en imaginant qu’il pouvait s’agir des Allemands ? Ou pour tous ceux qui s’asseyaient ici nuit après nuit, dans l’attente d’une invasion imminente ou d’une frappe directe, sans savoir s’ils survivraient à la fin de l’alerte ?
Ne pas savoir. C’est la seule chose que les historiens ne comprendraient jamais. Ils pouvaient observer les gens de la période, vivre avec eux, tenter de se mettre à leur place, mais ils ne ressentiraient jamais ce qu’ils éprouvaient.
Parce que je sais ce qui va se produire. Hitler n’a pas envahi l’Angleterre, il n’a pas utilisé les gaz toxiques ni détruit Saint-Paul. Ni Londres. Ni le monde. Je sais qu’il a perdu la guerre.
Mais eux ne le savaient pas. Ils avaient traversé le Blitz, le jour J, les V1 et V2 sans la moindre garantie d’un happy end.
— Qu’est-il arrivé à Raiponce, après ? demanda Trot, comme si rien n’était advenu.
— Raconte-nous la fin de l’histoire, renchérirent Bess et Irene.
Elles dormaient toutes les deux avant que leur mère ait terminé la page, et Trot bataillait pour garder les yeux ouverts. Elles étaient trop petites pour comprendre ce qui se passait, bien sûr, ou ce qui aurait pu se passer. Polly en était soulagée.
Ils devaient tous ressentir pour elles le même désir de protection. Mme Wyvern et Mlle Laburnum baissèrent la voix jusqu’au murmure, et M. Simms se pencha pour ajuster la couverture sur les épaules de Bess. Mme Brightford lui sourit avant de continuer sa lecture :
— … « et après toutes ces années où il l’avait cherchée, le prince entendit la voix de Raiponce… »
— Maman, l’interrompit Trot qui s’était assise et tirait la manche de sa mère. Et si les Allemands en vahissent ? interrogea-t-elle, séparant le verbe en deux mots.
— Cela n’arrivera pas, affirma Mme Brightford. M. Churchill ne le permettra pas.
Elle se remit à lire :
— « Et les larmes de Raiponce, en tombant sur les yeux du prince, restaurèrent sa vue, et ils vécurent heureux à jamais. »
— Mais s’ils le font ? En vahir ?
— Ils ne le feront pas, répondit sa mère avec fermeté. Je te protégerai toujours. Tu le sais, n’est-ce pas, ma chérie ?
Trot hocha la tête.
— Sauf s’ils te tuent.
Dulwich, Surrey, le 14 juin 1944
En attendant, il est important de ne pas donner à l’ennemi la moindre information susceptible de l’aider à diriger ses tirs grâce à la localisation des points d’impact de ses missiles.