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Dune [fr]

Электронная книга - «Dune [fr]». Краткое содержание книги:

Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers achète à n’importe quel prix. Richesse très convoitée : quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi mystique. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et qui, à la tête des commandos de la mort, changera le cours de l’histoire. Cependant les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique ; elles veulent créer un homme qui concrétisera tous les dons latents de l’espèce. Tout est fécond dans ce programme, y compris ses défaillances. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l’Empire ?
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« Eh bien… », dit le Baron. Il hésitait, aspirant profondément. Il savait qu’il avait parlé d’une voix trop forte. Et cet instant, longtemps espéré, avait déjà perdu un peu de sa saveur.

Maudit soit ce docteur pour l’éternité !

« Je pense que le bon Duc est drogué, dit Piter. C’est ainsi que Yueh nous l’a amené. (Il se tourna vers le Duc.) N’êtes-vous pas drogué, mon cher Duc ? »

La voix était lointaine. Leto pouvait sentir les chaînes, la douleur de ses muscles, ses lèvres craquelées, ses joues brûlantes et la soif qui crissait dans se bouche. Mais les sons étaient étouffés, altérés par une épaisse couverture. Et il ne discernait, au travers de cette couverture, que des formes incertaines.

« Et la femme et le garçon, Piter ? demanda le Baron. Toujours rien ? »

La langue du Mentat courut sur ses lèvres.

« J’ai posé une question ! lança le Baron. « Les hommes auwqueles cette tâche avait été confiée, Mon Seigneur… ont… ont été retrouvés. »

« Eh bien, ont-ils fait un rapport satisfaisant ? »

« Ils sont morts, Mon Seigneur. »

« Bien entendu ! Mais ce que je veux savoir, c’est… »

« Ils ont été retrouvés morts, Mon seigneur. »

Le Baron devint livide. « Et la femme et le garçon ? »

« Aucune trace, Mon Seigneur. Mais il y avait un ver. Il est arrvié au moment où l’on explorait les lieux. Peut-être cela s’est-il passé ainsi que nous le souhaitions… comme un accident. Il est possible que… »

« Nous ne pouvons nous fier à des possibilités, Piter ! Et l’ornithoptère porté manquant ? Cela ne te dit rien, Mentat ? »

« Il est évident qu’un des hommes du Duc a réussi à s’enfui avec, Mon Seigneur. Il a tué le pilote. »

« Quel est cet homme ? »

« Un tueur parfait, silencieux… Hawat, peut-être, Mon Seigneur, ou ce Halleck. Il est aussi probable que ce soit Idaho. Ou un lieutenant important. »

« Des possibilités », murmura le Baron. Et ses yeux revinrent à la silhouette vacillant du Duc.

« Nous contrôlons la situation, Mon Seigneur », dit Piter.

« Non ! Où est ce stupide planétologiste ? Cet homme, Kynes ? »

« Nous savons où le trouver, Mon Seigneur, et l’on est parti le chercher. »

« Je n’aime pas la façon dont ce serviteur de l’Empereur nous a servis, nous », grommela le Baron.

Les mots traversaient difficilement l’épaisse couverture, mais certains brûlaient l’esprit de Leto. Aucune trace de la femme et du garçon. Paul et Jessica étaient parvenus à s’enfuir. Et l’on ne savait rien du destin de Hawat, d’Halleck ou d’Idaho. Il subsistait un espoir.

« Où est l’anneau ducal ? demanda le Baron. Il ne l’a pas au doigt. »

« Les Sardaukars ont dit qu’il ne l’avait pas lorsqu’on l’a amené, Mon Seigneur », dit le capitaine des gardes.

« Piter, tu as tué le docteur trop vite, dit le Baron. C’était une faute. Tu aurais dû m’avertir. Tu as agi en hâte, contre le bien de notre entreprise ! (Il fronça les sourcils.) Des possibilités ! »

La pensée s’insinua lentement dans l’esprit de Leto. Paul et Jessica se sont enfuis ! Mais il y avait aussi autre chose dans sa mémoire. Un marché. Il pouvait presque s’en souvenir… La dent !

Cela lui revenait en partie : Un gaz mortel dans une fausse dent.

Quelqu’un lui avait dit de s’en souvenir. La dent était dans sa bouche. Il pouvait la sentir sous sa langue. Il suffisait de mordre, très fort.

Pas encore !

Quelqu’un lui avait dit d’attendre d’être près du Baron. Qui ? Il ne parvenait pas à s’en souvenir.

« Combien de temps restera-t-il ainsi ? » demanda le Baron.

« Peut-être une heure encore, Mon Seigneur. »

« Peut-être… » A nouveau, le Baron se tourna vers la baie, vers la nuit. « J’ai faim », dit-il.

Cette forme grise, là-bas, c’est le Baron, pensa Leto. La forme allait et venait, se balançait avec la pièce. La pièce qui se dilatait puis se contractait. Tantôt claire, tantôt sombre. Puis elle disparut dans les ténèbres.

Le temps, pour le Duc, devint une succession de niveaux. Il flottati vers le haut, les traversant l’un après l’autre. Attendre.

Il y avait une table. Il la voyait très clairement. Un homme adipeux était assis à l’autre extrémité. Devant lui, il y avait les restes d’un repas. Et Leto était assis en face du gros homme. Il sentait les chaînes sur lui, les liens qui le maintenaient sur son siège. Il savait que le temps avait passé. Mais combien de temps ?

« Je crois qu’il revient à lui, Baron. »

Voix soyeuse. Piter.

« Je le vois, Piter »

Basse grondante : Le Baron.

L’environnement se faisait plus net. Le siège devenait ferme. Les liens plus tangibles et durs.

Et il vit nettement le Baron. Ses mains, ses gestes. Le bord d’une assiette, le manche d’une cuiller. Un doigt qui suivait la ligne de la mâchoire. Cette main qui bougeait fascinait Leto.

« Vous pouvez m’entendre, Duc Leto, dit le Baron. Je sais que vous le pouvez. Nous voulons savoir où trouver votre concubine et l’enfant que vous avez conçu. »

Leto ne bougea pas. Les mots le baignaient de calme. C’est donc vrai. Ils ne les ont pas.

« Ceci n’est pas un jeu, gronda le Baron. Vous devez le savoir. » Il se pencha, étudiant le visage de Leto. Il était irrité que ceci dût se dérouler ainsi, sans intimité. Ils auraient dû être seuls, face à face. Que d’autres pussent découvrir la noblesse sous de tels aspects… Voilà qui créait un fâcheux précédent.

Leto sentait revenir ses forces. Et le souvenir de la fausse dent, soudain, fut comme un immense clocher dressé au centre d’une plaine, dans son esprit. Dans cette dent, il y avait une capsule dont la forme était exactement celle d’un nerf. Du gaz, mortel. Et le Duc se rappelait qui avait implanté cette arme dans sa bouche.

Yeuh.

Souvenir brumeux d’un corps traîné dans la pièce où il s’était lui-même trouvé. Souvenir comme une trace vaporeuse. Yueh.

« Entendez-vous ce bruit, Duc Leto ? » demanda le Baron.

Leto prit conscience, alors, d’un cri, comme l’appel nocturne d’une grenouille, le gémissement étouffé de quelqu’un qui agonisait.

« Nous avons capturé l’un de vos hommes. Il était déguisé en Fremen, reprit le Baron. Nous n’avons pas eu de mal à le découvrir. A cause des yeux, bien sûr. Il prétend avoir été envoyé parmi les Fremens pour les espionner. Mais, cher cousin, j’ai vécu pendant un certain temps sur cette planète. On n’espionne pas ces canailles du désert. Dites-moi : auriez-vous acheté leur assistance ? Leur avez-vous envoyé votre femme et votre fils ? »

La peur étreignit la poitrine de Leto. Si Yueh les a confiés au peuple du désert… la chasse n’aura de cesse qu’ils les aient trouvés.

« Allons, allons, dit le Baron. Nous n’avons que peu de temps et la souffrance est vive. Ne nous forcez point à cela, mon cher Duc. (Le Baron se tourna vers Piter, penché sur l’épaule de Leto.) Piter n’a pas tous ces outils ici mais je suis bien certain qu’il peut improviser. »

« Parfois, l’improvisation est même meilleure, Baron. »

Cette voix, cette voix soyeuse, insinuante ! Elle était tout près de son oreille.

« Vous aviez un plan d’alerte. Où avez-vous envoyé votre femme et le garçon ? Vous n’avez plus votre anneau ? Est-le garçon qui l’a maintenant ? »

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