La saison des mutants [The Mutant Season - fr]
- Автор: Хабер Карен, Силверберг Роберт
- Серия: Les Mutants #1
- Год: 1991
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-23021-9
- Переводчик: Pierre K. Rey
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «La saison des mutants [The Mutant Season - fr]». Краткое содержание книги:
Aujourd’hui, en ce début de troisième millénaire, la cohabitation, jusqu’à présent pacifique, demeure précaire. L’existence des mutants, très minoritaires et tout juste tolérés par l’humanité ordinaire, est à la merci de la moindre provocation, du plus petit dérapage. Or voilà qu’un politicien sans scrupules entreprend de transformer l’intolérance en guerre ouverte. La « saison des mutants » va-t-elle s’achever dans un bain de sang ?
— Tu tiens à y aller ?
Elle poussa un soupir.
— Je veux arriver à quelque chose.
— C’est une raison suffisante pour vouloir être pilote ?
— Mike, je n’ai pas envie d’être une femme d’intérieur. Ou une énième opératrice de saisie. Ça me donnera au moins des choix.
D’un doigt, il caressa le menton de son amie et en dessina la courbe.
— Ça ne me plaît pas de te savoir si loin, dit-il.
— Denver est à quinze minutes de navette. On pourra se voir chaque fois que j’aurai une permission. D’ailleurs, étant donné le temps que tu passes au travail ces jours-ci, je ne te manquerai guère pendant la semaine. Et je te fais remarquer que je suis encore là jusqu’en juin.
Il y avait dans sa voix quelque chose d’important et Michael se sentit mal à l’aise.
— Tu ne peux pas prendre le programme accéléré ? suggéra-t-il.
— Je ne sais pas. Pourquoi dis-tu ça ?
— Je pense simplement que tu devrais l’envisager. C’est à nous que ça donnerait davantage de choix.
Elle esquissa un sourire mitigé.
— Très bien. J’aime quand tu parles de « nous ».
— Moi aussi, dit Michael en serrant doucement Kelly dans ses bras. Je vais tâcher de me libérer avant de partir pour la réunion du conseil.
— Est-ce que vous allez reparler de la mort de Jacobsen ?
— Probablement.
Kelly pressa la main du jeune homme.
— Ça me paraît bien loin à présent.
— Pas à moi. Ni aux autres mutants. Heureusement que maintenant on a Jeffers.
— Oui. J’ai vu un reportage sur lui à la télé. Il est mignon, gloussa-t-elle.
— Tu n’aurais pas un faible pour les mutants ?
Il l’embrassa tendrement, sentant battre son cœur contre lui. D’une main experte, il dégrafa la robe et ses doigts jouèrent sur les seins. Kelly poussa un soupir de bonheur. Il lui caressa le cou du bout des lèvres, puis sa bouche descendit et vint couvrir tour à tour les deux mamelons dressés. Alors que les gémissements de Kelly commençaient à emplir le salon, Michael releva la tête.
— À quelle heure as-tu dit que tes parents devaient revenir ?
— Pas avant deux heures, répondit-elle les yeux brillants.
— Allons en haut.
Ils firent l’amour avec passion, alternant rires et caresses. Kelly atteignit l’orgasme dans des halètements violents, roulant frénétiquement sous le corps du garçon. Sentant monter l’explosion de sa propre jouissance, celui-ci ferma les yeux. Et là, brusquement, surgit dans son esprit la vision de Jena dans sa nudité provocante. Il la refoula avec fureur.
Ma vie est ici à présent, pensa-t-il. C’est cela que je veux.
L’orgasme, quand il vint, ne lui laissa qu’une vague et lointaine sensation de frustration. Kelly ne semblait pas avoir remarqué son moment d’hésitation. Elle se lova amoureusement contre lui et il la tint de longues minutes dans ses bras, la cajolant comme un bébé, jusqu’à ce que sa respiration reprenne un rythme régulier et qu’il la sache endormie. Alors, il se glissa hors du lit, se rhabilla sans faire de bruit et laissa la jeune fille à ses rêves.
Il rentra chez lui lentement. Il était troublé par la vision inattendue qui s’était introduite dans son esprit en plein acte d’amour. Jena avait-elle provoqué ce déclic à seule fin de le harceler ? Ou bien avait-il encore envie d’elle, tout simplement ?
Une fois arrivé chez lui, il sentit la fatigue l’envahir. Une dernière semaine avec des horaires interminables. Puis ce serait la saison des mutants.
En passant dans la cuisine, il se commanda un Red Jack à la console du bar. Le couvercle du compartiment s’ouvrit dans un chuintement et Michael avala le liquide piquant en quelques gorgées rapides et bienvenues. Après la réunion du Conseil des Mutants, il pourrait enfin vivre sa propre vie. Cette perspective lui redonna du courage et il leva la boîte pour porter un toast : « À Kelly et à moi. À l’avenir. » Ayant avalé les dernières gorgées, il la fit léviter jusqu’au récupérateur d’ordures.
Pour monter à l’étage, il devait passer devant le bureau de son père. Une lumière bleutée filtrait dans le couloir sombre par la porte entrouverte. Le garçon risqua un œil. James Ryton était en train de parler avec quelqu’un à l’écran : Andréa Greenberg. Michael regarda sa montre. Il était tard. Pour quelle raison appelait-elle à cette heure ? Et pourquoi son père ?
James Ryton prononça une phrase inaudible. Michael vit le visage acquiescer puis l’écran s’éteignit. Il frappa doucement à la porte et son père se retourna.
— Entre. Tu arrives juste ?
Michael fit un signe de tête.
— Il est tard, dit Ryton. Ne fais pas trop d’heures supplémentaires, fiston. C’est mauvais pour le cerveau. (Il se frotta le menton.) Je viens d’avoir une conversation des plus étranges avec Andréa Greenberg.
— Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas.
— Ça ne l’aurait nullement dérangée que tu sois là. D’autant que c’est peut-être à toi qu’elle aurait voulu parler. Mais elle est tombée sur moi.
— Que voulait-elle ?
— C’est fichtrement bizarre. Elle voulait un conseil à propos des mariages entre mutant et non-mutant.
— Pourquoi est-ce à toi qu’elle l’a demandé ?
— Elle a dû se dire qu’il n’y avait personne d’autre pour la renseigner. (Il secoua la tête.) Elle se croit amoureuse. De l’un d’entre nous.
— Ah oui ? Qui ça ?
— Jeffers.
— Quoi ?
Michael regarda son père, un instant déconcerté.
— J’ai été aussi surpris que toi.
Le jeune homme s’assit dans le fauteuil en fourrure synthétique non loin de la porte.
— Ça pourrait être une très bonne chose.
— Pour qui ? demanda Ryton. Je m’attendais à ce que tu dises ça, vu tes penchants romantiques. Honnêtement, je pense que ce serait un désastre. Et pour lui et pour elle. Et j’ai tout fait pour l’en dissuader.
— Pourquoi ? Ça peut marcher, les mariages mixtes.
Ryton poussa un soupir.
— Je sais que c’est ton avis. Mais pour ma part, je n’ai jamais vu de mariage vraiment réussi entre mutant et non-mutant. Ça a toujours créé des problèmes. D’ailleurs, Jeffers ne lui a rien proposé.
— Alors là, je ne comprends plus.
— Et tu n’es pas le seul, figure-toi. J’espère que cette fille ne va pas au-devant d’une déception sentimentale.
— Je croyais que tu n’aimais pas les normaux ?
— La plupart, en effet. Mais elle, c’est quelqu’un de bien. Ça me ferait de la peine qu’elle souffre. D’autant que Jeffers ne peut pas risquer de s’aliéner son électorat mutant en épousant une fille qui ne fait pas partie du clan.
— Ce serait peut-être une très bonne chose, s’obstina Michael. Ça pourrait rapprocher tout le monde. Et c’est de cela que nous avons besoin.
Son père sourit tristement.
— Les jeunes devraient toujours être optimistes, dit-il d’une voix douce. Bien sûr, ce serait une bonne chose, à condition que ça marche. Mais il ne faut pas y compter.
Drapée dans son kimono rouge, Sue Li arriva en bâillant et s’appuya contre le montant de la porte.
— James, à qui parlais-tu ? demanda-t-elle.
— À Andie Greenberg.
Michael vit les yeux de sa mère s’étrécir en signe de méfiance.
— Cette femme qui travaille pour le sénateur Jeffers ? Pourquoi t’a-t-elle encore appelé ? Et à une heure si tardive ?
— Elle désirait un conseil.
— Sur des questions juridiques ? Pourquoi te consulter toi ?