Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » L'hiverrier [Wintersmith - fr]
L'hiverrier [Wintersmith - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'hiverrier [Wintersmith - fr]

Электронная книга - «L'hiverrier [Wintersmith - fr]». Краткое содержание книги:

L’esprit de l’hiver s'est épris de Tiphaine Patraque. Il lui offre des icebergs, se déclare par des avalanches et la couvre de flocons — témoignages d’amour un peu rudes pour une apprentie sorcière de treize ans, mais qui ne manquent pas de… fraîcheur.
« Miyards ! »
Ah ! oui, et revoici les Nac mac Feegle, les ch'tits hommes libres, venus donner un coup de main, que ça lui plaise ou non. Car, si Tiphaine ne fait pas entendre raison à son soupirant, il n’y aura plus jamais de printemps.
1 ... 56 57 58 59 60 61 62 63 64 ... 78
Перейти на страницу:

— Bien. » Mémé se leva. « Viens. J’veux te montrer quèque chose. »

Tiphaine la suivit dans un tunnel qui débouchait près de la lisière de la forêt. La neige y était tassée suite au passage des villageois qui avaient traîné du bois pour se chauffer chez eux, et les congères ne gênaient pas trop dès lors qu’on s’enfonçait un peu sous les arbres ; beaucoup de neige s’accrochait aux branches et peuplait le décor d’ombres bleues glaciales.

« On cherche quoi ? » demanda Tiphaine.

Mémé Ciredutemps pointa le doigt.

Une flaque de vert colorait le blanc et le gris ambiants : des feuilles toutes fraîches sur un jeune chêne d’une soixantaine de centimètres de haut. Quand Tiphaine se fraya un chemin dans la croûte de neige craquante et tendit le bras pour le toucher, elle eut une impression d’air chaud.

« Tu sais comment t’es arrivée à ça ? demanda Mémé.

— Non !

— Moi non plus. Moi, j’aurais pas pu l’faire. Toi si, ma fille. Tiphaine Patraque.

— Ce n’est qu’un seul arbre.

— Ah, bah. Faut commencer petit, avec les chênes. »

Elles contemplèrent l’arbre quelques instants en silence.

Le vert paraissait réfléchir la neige environnante. L’hiver volait la couleur, mais l’arbre rutilait.

« Bon, on a toutes à faire, dit Mémé en rompant le charme. Toi, je crois, tu devrais normalement être déjà en route pour l’ancienne chaumière de mademoiselle Trahison. J’en attends pas moins de toi…»

Il y avait une auberge qui faisait relais de poste. Elle était en pleine activité, même à cette heure de la matinée. La malle-poste rapide marquait une brève halte pour prendre des chevaux frais après le long trajet en montagne, et une autre, prête à descendre vers les plaines, attendait ses passagers. Le souffle des attelages saturait l’atmosphère de vapeur. Des cochers tapaient des pieds. On chargeait des sacs et des paquets. Des hommes s’affairaient avec des musettes pour les chevaux. Quelques gars aux jambes arquées poireautaient en fumant et en bavardant. Dans un quart d’heure, la cour de l’auberge serait à nouveau déserte, mais à cet instant tout le monde était trop occupé pour prêter grande attention à un étranger de plus.

Après coup, tous raconteraient des histoires différentes et se contrediraient à tue-tête. Le compte rendu sans doute le plus exact viendrait de mademoiselle Dymphnia Stoot, la fille de l’aubergiste, qui aidait son père à servir le petit-déjeuner :

« Ben, il est, comme qui dirait, entré, et j’ai vu tout d’suite qu’il était bizarre. Il marchait drôlement, vous savez, il levait les jambes pareil qu’un cheval au trot. Et puis il était plus ou moins, comme qui dirait, brillant. Mais on en voit de toutes sortes ici ; ça vaut rien de faire des remarques personnelles ; on a eu une bande de loups-garous la semaine dernière et ils étaient comme vous et moi, sauf qu’il fallait mettre leurs assiettes par terre… D’accord, oui, le gars… Ben, il s’est assis à une table et il a dit : « Je suis un humain tout comme vous ! » Il a sorti ça, comme ça !

» Évidemment, personne d’autre faisait attention, mais, que je lui dis, je suis contente de l’apprendre, et je lui demande ce qu’il veut manger, vu que les saucisses sont bien bonnes ce matin, alors il me dit qu’il peut manger que des plats froids, ce qui est marrant parce que tout le monde grognait qu’on se les gelait dans la salle, et pourtant il y avait un gros feu qui brûlait. Bref… on avait justement des saucisses froides de reste à l’office et qui commençaient un peu à tourner, si vous me suivez, alors je les lui sers, il en mastique une un moment, et puis il me dit, la bouche pleine s’il vous plaît : « Ce n’est pas à ça que je m’attendais. Qu’est-ce que je fais maintenant ? » Alors je lui dis : « Vous avalez. – J’avale ? », il me dit, alors je lui réponds : « Oui, vous l’avalez jusque dans votre estomac, voilà », et il me dit, en postillonnant des bouts de saucisse partout : « Oh, une poche creuse ! » Alors il se tortille plus ou moins puis il dit : « Ah, je suis un humain, j’ai mangé avec succès des saucisses humaines ! » Moi, je lui dis qu’il a pas besoin de se mettre dans un état pareil, qu’elles sont surtout à base de cochon, comme toujours.

» Ensuite il demande ce qu’il doit maintenant en faire, alors je lui réponds que c’est pas à moi de lui dire et que ça fera deux sous s’il vous plaît, du coup il sort une pièce en or, alors moi je fais la révérence parce que… ben, on sait jamais. Puis il me dit : « Je suis un humain tout comme vous. Où sont les humains pointus qui volent dans le ciel ? » Ce qui est à mon avis une drôle de façon de s’exprimer, mais je lui dis que si c’est des sorcières qu’il cherche, y en a plein de l’autre côté du pont de Lancre, alors il me fait : « Du nom de Trahison ? » Moi, je lui réponds qu’elle est morte, à ce qu’on raconte, mais qu’avec les sorcières on sait jamais. Et le voilà qui s’en va. Tout le temps il a gardé une espèce de sourire éclatant et un peu inquiétant. Quelque chose clochait aussi dans ses vêtements, comme s’ils lui étaient collés dessus, un truc comme ça. Mais faut pas faire trop les difficiles dans ce métier. On a eu des trolls hier. Ils mangent pas comme nous, vous savez, vu qu’ils sont des espèces de rochers ambulants, mais on leur a servi un repas aux petits oignons de tasses cassées et de graisse. Lui, par contre, c’était un drôle de zigoto. Et l’auberge s’est nettement réchauffée après son départ. »

J’en attends pas moins de toi…

Ces paroles tinrent chaud à Tiphaine tandis qu’elle volait au-dessus des arbres. Le feu dans sa tête brûlait fièrement mais recelait deux ou trois grosses bûches crépitantes de colère.

Mémé était au courant ! Avait-elle tout prévu ? Parce que ça faisait bonne impression, non ? Toutes les sorcières allaient le savoir. L’élève de madame Persoreille n’y arrivait pas, mais Tiphaine Patraque avait fait le nécessaire pour que les autres filles donnent un coup de main et n’avait rien dit à personne. Évidemment, dans le milieu des sorcières, ne rien dire à personne était le plus sûr moyen pour que tout le monde l’apprenne. Les sorcières s’y entendaient pour écouter ce qu’on ne disait pas. Annagramma resterait donc dans sa chaumière, madame Persoreille ne saurait plus où se mettre et Mémé Ciredutemps prendrait des airs supérieurs. Tant de travail, tant d’allées et venues en catastrophe pour que Mémé prenne des airs supérieurs. Enfin, aussi pour le cochon de madame Lacolle et tous les autres, évidemment. Ça compliquait les choses. Quand on pouvait, on faisait le nécessaire. Fourrer son nez dans les affaires des autres, c’était de la sorcellerie élémentaire. Elle le savait. Mémé savait qu’elle le savait. Alors Tiphaine avait galopé partout comme une petite souris mécanique…

Il y aurait une addition à payer !

La clairière était envahie de grandes congères glacées, mais elle vit avec plaisir qu’un sentier, conséquence de passages nombreux, menait à la chaumière.

Il y avait du nouveau. Du monde se tenait devant la tombe de mademoiselle Trahison, et on avait déblayé une partie de la neige.

Oh non, se dit Tiphaine alors qu’elle descendait en cercles successifs, ne me dites pas qu’elle a voulu récupérer les têtes de mort !

En réalité, par certains côtés, c’était encore pire.

Elle reconnut ceux qui entouraient la tombe. C’étaient des villageois, et ils lancèrent à Tiphaine le regard à la fois inquiet et provocateur de gens à moitié morts de trouille à la vue du petit mais peut-être furieux chapeau pointu devant eux. Et il y avait quelque chose dans leur obstination évidente à ne pas regarder le monticule qui attira aussitôt l’attention de la jeune sorcière dessus. Il était recouvert de petits bouts de papier déchirés que des bâtons maintenaient en place. Ils s’agitaient au vent.

1 ... 56 57 58 59 60 61 62 63 64 ... 78
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)